Pourquoi pas Landry?
Si on en croit la rumeur, Bernard Landry serait tenté par un retour en politique, une décision que certains l'incitent à prendre alors que d'autres le lui déconseillent fortement. Avouons qu'un tel revirement ajouterait du piquant à une campagne qui s'annonce terne depuis que François Legault et Gilles Duceppe ont choisi de passer leur tour.
Elle aura été de courte durée, la retraite de l'ex-chef du Parti québécois, si l'homme, Bernard Landry, succombe à sa propre envie de descendre dans l'arène pour reconquérir le poste qu'il vient tout juste d'abandonner. Il est normal qu'un politicien aussi actif que M. Landry trouve les journées longues à ne rien faire dans sa résidence de Verchères. Voilà qui lui laisse beaucoup de temps, semble-t-il, pour fomenter une petite révolution de campagne avec sa propre personne comme bombe à amorcer.
Cela étant dit, même si le premier réflexe est fait d'ironie devant l'hypothèse d'un retour en scène du vétéran cavalier, la seule question qui importe est de savoir s'il a des chances de gagner la course et de conduire le parti à la victoire dans deux ans.
Avant son départ, début juin, M. Landry était parvenu à apaiser la grogne qui régnait depuis des mois au sein du Parti québécois et de convaincre une forte majorité de membres qu'il était redevenu l'homme de la situation, le seul en mesure de diriger les troupes lors d'un éventuel référendum. Il faut dire qu'à cause de l'enquête Gomery, des difficultés du gouvernement Charest et de la perspective d'un balayage du Bloc québécois lors d'élections fédérales hâtives, il y avait longtemps qu'un chef du Parti québécois n'avait pas profité d'un alignement des planètes aussi favorable.
Or, depuis, la situation a évolué rapidement et aucun des candidats à la chefferie, y compris Bernard Landry, ne pourra miser sur ces facteurs pour diriger le parti au cours des prochains mois. Cette course marque donc le point de départ d'une nouvelle étape dont on ne connaît pas encore les variables, et il est probable que le prochain chef ait à reconstruire son jeu avant de se présenter devant l'électorat, dans deux ans. Ce ne sera pas facile puisque le déclenchement des hostilités internes entraîne à coup sûr une division des troupes qui peut durer longtemps après la nomination du nouveau chef. Surtout si le favori de l'heure, André Boisclair, maintient sa décision de rester en lice quel que soit le choix de M. Landry.
***
Pour autant, si, afin de sauter dans la mêlée, M. Landry choisit de faire fi des critiques qui l'accusent déjà de vouloir diviser le parti (quoi de plus normal lors d'une course au leadership?) et des sarcasmes qui ne manqueront pas de pleuvoir, il doit savoir que bien des Québécois et des membres de son parti l'appuieront. La course commence à peine au sein du PQ mais, pour le moment, aucun des candidats n'est encore parvenu à se démarquer de façon nette comme étant la personne capable de battre les libéraux de Jean Charest et encore moins de diriger le camp du OUI lors d'un prochain référendum. Que M. Landry saute dans la mêlée et mène une bataille féroce à l'issue de laquelle il sortirait vainqueur: les Québécois sauront reconnaître en lui la détermination qu'ils attendent d'un vrai chef. Cela est d'ailleurs vrai de tout autre candidat dont une victoire éventuelle sur l'ancien chef ne pourrait que renforcer sa propre image et son leadership au sein du parti. D'autant que M. Landry quitterait certainement la politique active aussitôt la défaite annoncée, facilitant ainsi la tâche de son successeur.
Le retour de Bernard Landry n'est pour l'instant qu'une vue de l'esprit qui suscite le sarcasme et nous rappelle combien l'homme est orgueilleux et impulsif, mais elle n'est pas ridicule pour autant. L'ancien premier ministre ne représente pas l'avenir du parti mais est toujours une des très rares personnes dont l'expérience politique, la détermination et les convictions sont susceptibles de bien servir les intérêts du Québec et la cause souverainiste le temps nécessaire pour préparer cet avenir. Le temps aussi que des candidats comme Gilles Duceppe et François Legault aient franchi cette étape de leur vie qui les empêche de se porter candidat à l'heure actuelle.
Si Bernard Landry avait quitté le parti il y a longtemps, l'hypothèse d'un retour ne pourrait pas être envisagée sérieusement. Ce n'est pas le cas. En annonçant rapidement qu'il revient sur scène, M. Landry prendrait le risque personnel de subir une troisième défaite après les élections d'avril 2003 et le vote de confiance insuffisant de juin dernier, mais il marquerait le véritable coup de départ de cette course à la chefferie qui tarde à démarrer en raison des vacances estivales. Les paris sont ouverts: entre le militant retraité satisfait de son oeuvre et le chef qui regrette d'avoir jeté l'éponge dans un moment de frustration, lequel des deux Bernard Landry l'emportera?
Elle aura été de courte durée, la retraite de l'ex-chef du Parti québécois, si l'homme, Bernard Landry, succombe à sa propre envie de descendre dans l'arène pour reconquérir le poste qu'il vient tout juste d'abandonner. Il est normal qu'un politicien aussi actif que M. Landry trouve les journées longues à ne rien faire dans sa résidence de Verchères. Voilà qui lui laisse beaucoup de temps, semble-t-il, pour fomenter une petite révolution de campagne avec sa propre personne comme bombe à amorcer.
Cela étant dit, même si le premier réflexe est fait d'ironie devant l'hypothèse d'un retour en scène du vétéran cavalier, la seule question qui importe est de savoir s'il a des chances de gagner la course et de conduire le parti à la victoire dans deux ans.
Avant son départ, début juin, M. Landry était parvenu à apaiser la grogne qui régnait depuis des mois au sein du Parti québécois et de convaincre une forte majorité de membres qu'il était redevenu l'homme de la situation, le seul en mesure de diriger les troupes lors d'un éventuel référendum. Il faut dire qu'à cause de l'enquête Gomery, des difficultés du gouvernement Charest et de la perspective d'un balayage du Bloc québécois lors d'élections fédérales hâtives, il y avait longtemps qu'un chef du Parti québécois n'avait pas profité d'un alignement des planètes aussi favorable.
Or, depuis, la situation a évolué rapidement et aucun des candidats à la chefferie, y compris Bernard Landry, ne pourra miser sur ces facteurs pour diriger le parti au cours des prochains mois. Cette course marque donc le point de départ d'une nouvelle étape dont on ne connaît pas encore les variables, et il est probable que le prochain chef ait à reconstruire son jeu avant de se présenter devant l'électorat, dans deux ans. Ce ne sera pas facile puisque le déclenchement des hostilités internes entraîne à coup sûr une division des troupes qui peut durer longtemps après la nomination du nouveau chef. Surtout si le favori de l'heure, André Boisclair, maintient sa décision de rester en lice quel que soit le choix de M. Landry.
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Pour autant, si, afin de sauter dans la mêlée, M. Landry choisit de faire fi des critiques qui l'accusent déjà de vouloir diviser le parti (quoi de plus normal lors d'une course au leadership?) et des sarcasmes qui ne manqueront pas de pleuvoir, il doit savoir que bien des Québécois et des membres de son parti l'appuieront. La course commence à peine au sein du PQ mais, pour le moment, aucun des candidats n'est encore parvenu à se démarquer de façon nette comme étant la personne capable de battre les libéraux de Jean Charest et encore moins de diriger le camp du OUI lors d'un prochain référendum. Que M. Landry saute dans la mêlée et mène une bataille féroce à l'issue de laquelle il sortirait vainqueur: les Québécois sauront reconnaître en lui la détermination qu'ils attendent d'un vrai chef. Cela est d'ailleurs vrai de tout autre candidat dont une victoire éventuelle sur l'ancien chef ne pourrait que renforcer sa propre image et son leadership au sein du parti. D'autant que M. Landry quitterait certainement la politique active aussitôt la défaite annoncée, facilitant ainsi la tâche de son successeur.
Le retour de Bernard Landry n'est pour l'instant qu'une vue de l'esprit qui suscite le sarcasme et nous rappelle combien l'homme est orgueilleux et impulsif, mais elle n'est pas ridicule pour autant. L'ancien premier ministre ne représente pas l'avenir du parti mais est toujours une des très rares personnes dont l'expérience politique, la détermination et les convictions sont susceptibles de bien servir les intérêts du Québec et la cause souverainiste le temps nécessaire pour préparer cet avenir. Le temps aussi que des candidats comme Gilles Duceppe et François Legault aient franchi cette étape de leur vie qui les empêche de se porter candidat à l'heure actuelle.
Si Bernard Landry avait quitté le parti il y a longtemps, l'hypothèse d'un retour ne pourrait pas être envisagée sérieusement. Ce n'est pas le cas. En annonçant rapidement qu'il revient sur scène, M. Landry prendrait le risque personnel de subir une troisième défaite après les élections d'avril 2003 et le vote de confiance insuffisant de juin dernier, mais il marquerait le véritable coup de départ de cette course à la chefferie qui tarde à démarrer en raison des vacances estivales. Les paris sont ouverts: entre le militant retraité satisfait de son oeuvre et le chef qui regrette d'avoir jeté l'éponge dans un moment de frustration, lequel des deux Bernard Landry l'emportera?
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