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Pourquoi pas Landry?

Jean-Robert Sansfaçon   16 juillet 2005 
Si on en croit la rumeur, Bernard Landry serait tenté par un retour en politique, une décision que certains l'incitent à prendre alors que d'autres le lui déconseillent fortement. Avouons qu'un tel revirement ajouterait du piquant à une campagne qui s'annonce terne depuis que François Legault et Gilles Duceppe ont choisi de passer leur tour.

Elle aura été de courte durée, la retraite de l'ex-chef du Parti québécois, si l'homme, Bernard Landry, succombe à sa propre envie de descendre dans l'arène pour reconquérir le poste qu'il vient tout juste d'abandonner. Il est normal qu'un politicien aussi actif que M. Landry trouve les journées longues à ne rien faire dans sa résidence de Verchères. Voilà qui lui laisse beaucoup de temps, semble-t-il, pour fomenter une petite révolution de campagne avec sa propre personne comme bombe à amorcer.

Cela étant dit, même si le premier réflexe est fait d'ironie devant l'hypothèse d'un retour en scène du vétéran cavalier, la seule question qui importe est de savoir s'il a des chances de gagner la course et de conduire le parti à la victoire dans deux ans.

Avant son départ, début juin, M. Landry était parvenu à apaiser la grogne qui régnait depuis des mois au sein du Parti québécois et de convaincre une forte majorité de membres qu'il était redevenu l'homme de la situation, le seul en mesure de diriger les troupes lors d'un éventuel référendum. Il faut dire qu'à cause de l'enquête Gomery, des difficultés du gouvernement Charest et de la perspective d'un balayage du Bloc québécois lors d'élections fédérales hâtives, il y avait longtemps qu'un chef du Parti québécois n'avait pas profité d'un alignement des planètes aussi favorable.

Or, depuis, la situation a évolué rapidement et aucun des candidats à la chefferie, y compris Bernard Landry, ne pourra miser sur ces facteurs pour diriger le parti au cours des prochains mois. Cette course marque donc le point de départ d'une nouvelle étape dont on ne connaît pas encore les variables, et il est probable que le prochain chef ait à reconstruire son jeu avant de se présenter devant l'électorat, dans deux ans. Ce ne sera pas facile puisque le déclenchement des hostilités internes entraîne à coup sûr une division des troupes qui peut durer longtemps après la nomination du nouveau chef. Surtout si le favori de l'heure, André Boisclair, maintient sa décision de rester en lice quel que soit le choix de M. Landry.

***

Pour autant, si, afin de sauter dans la mêlée, M. Landry choisit de faire fi des critiques qui l'accusent déjà de vouloir diviser le parti (quoi de plus normal lors d'une course au leadership?) et des sarcasmes qui ne manqueront pas de pleuvoir, il doit savoir que bien des Québécois et des membres de son parti l'appuieront. La course commence à peine au sein du PQ mais, pour le moment, aucun des candidats n'est encore parvenu à se démarquer de façon nette comme étant la personne capable de battre les libéraux de Jean Charest et encore moins de diriger le camp du OUI lors d'un prochain référendum. Que M. Landry saute dans la mêlée et mène une bataille féroce à l'issue de laquelle il sortirait vainqueur: les Québécois sauront reconnaître en lui la détermination qu'ils attendent d'un vrai chef. Cela est d'ailleurs vrai de tout autre candidat dont une victoire éventuelle sur l'ancien chef ne pourrait que renforcer sa propre image et son leadership au sein du parti. D'autant que M. Landry quitterait certainement la politique active aussitôt la défaite annoncée, facilitant ainsi la tâche de son successeur.

Le retour de Bernard Landry n'est pour l'instant qu'une vue de l'esprit qui suscite le sarcasme et nous rappelle combien l'homme est orgueilleux et impulsif, mais elle n'est pas ridicule pour autant. L'ancien premier ministre ne représente pas l'avenir du parti mais est toujours une des très rares personnes dont l'expérience politique, la détermination et les convictions sont susceptibles de bien servir les intérêts du Québec et la cause souverainiste le temps nécessaire pour préparer cet avenir. Le temps aussi que des candidats comme Gilles Duceppe et François Legault aient franchi cette étape de leur vie qui les empêche de se porter candidat à l'heure actuelle.

Si Bernard Landry avait quitté le parti il y a longtemps, l'hypothèse d'un retour ne pourrait pas être envisagée sérieusement. Ce n'est pas le cas. En annonçant rapidement qu'il revient sur scène, M. Landry prendrait le risque personnel de subir une troisième défaite après les élections d'avril 2003 et le vote de confiance insuffisant de juin dernier, mais il marquerait le véritable coup de départ de cette course à la chefferie qui tarde à démarrer en raison des vacances estivales. Les paris sont ouverts: entre le militant retraité satisfait de son oeuvre et le chef qui regrette d'avoir jeté l'éponge dans un moment de frustration, lequel des deux Bernard Landry l'emportera?






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  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    samedi 16 juillet 2005 10h49
    Ralliez-vous...
    « Ce que la plupart des Québécois souhaitaient avant la démission de Bernard Landry c'était une véritable course à la chefferie. Nous en avons soupé des couronnements tant au fédéral qu'au provincial. Une course à la chefferie est une «occasion en or» pour permettre d'expérimenter de nouveaux concepts et pour faire s'entrechoquer diverses opinions.

    Les Québécois en ont assez des tiraillements intestinaux au sein du Parti Québécois. Suffit les mésententes, ralliez-vous sans arrière pensée pour le bien commun, mettez vos divergences et vos fonctions de coté et pensez à autre chose que votre carrière politique. Assez de factions et de complots. la cause est plus importante que vous tous réunis.

    D'un autre coté, il faut admettre que Monsieur Landry fut un fort mauvais chef d'opposition. À part quelques «sorties» spectaculaires, ses interventions manquaient de vigueur et de conviction. On le sentait sans flamme ni vent. Il attendait. la pendule tournait et les mouches volaient. Il attendait quoi au juste? que le temps passe. et le temps passa.

    Personnellement je suis de ceux qui souhaiteraient son retour. Son expérience, sa jeunesse de coeur et d'esprit, sa générosité et son envergure nationale et internationale font de lui le chef qui pourra mieux que tout autre converger les forces vives du Québec. L'image que l'on projette compte beaucoup en politique, et Bernard Landry dégage cette conviction intérieure qui peut faire toute la différence.

    Aux membres du Parti: en bref, la population en a assez de vos chicaneries! Élisez un chef et ralliez-vous une fois pour toutes, sans arrières pensées, sans démagogie ni rancoeur, avec toute la fougue et l'enthousiasme que requièrent une nouvelle destinée! Le Québec est plus important que vos «états d'âme». »

  • Daniel Lemieux
    Inscrit
    samedi 16 juillet 2005 18h35
    Vivement un retour à la hauteur de nos attentes
    « Résumé le départ de M. Landry de la chefferie du Parti Québécois à une saute d'humeur d'un impulsif est très réducteur. On doit se rappeler le contexte de ce vote, les manipulations de portes semi closes et les déclarations de certaines "GRD" gueules qui ont tenté de dénigrer et réduire "l'espace" politique du chef du parti.

    Sa candidature est souhaitée par une majorité des membres. Beaucoup d'éléments le favorisant ont été écrits, cette semaine dans le Devoir, pour que je les reprenne. Merci à ceux qui osent se présenter à la chefferie, mais mon vote ira (s'il se présente) à M. Landry. »

  • Sébastien St-Onge
    Inscrit
    lundi 18 juillet 2005 14h19
    Restez chez vous, M. Landry
    « Il y a des moments, où il faut savoir partir et d'autres rester. Dans ce cas-ci, M. Landry devrait rester chez lui. En s'accrochant, il ne ferait qu'entretenir le cynisme que la population a envers ses politiciens. Voici le message que ça donnerait: "Je m'en vais... ah et puis non finalement, j'ai changé d'idée!" S'il voulait diriger le PQ, il était déjà chef, il n'avait qu'à rester en poste, il a même reçu 76% d'appui de la part des militants de son parti! Avec 76% dans un référendum, ça ferait longtemps que le Québec serait souverain! En laissant planer le doute sur son avenir, il ne cherche qu'à attiser la sympathie des gens et s'en servir comme prétexte pour continuer à s'accrocher à son poste.

    De plus, que peut-il apporter de plus au projet souverainiste en 2005 après s'être déjà donné corps et âme à cette cause pendant 25-30 ans? Landry ferait-il si peu confiance à ses anciens collègues Boisclair, Legendre et Marois qui furent pourtant tous ministres? Le Parti québécois devrait arrêter de s'accrocher à ses "pères fondateurs" et cesser d'utiliser "l'héritage de René Lévesque" pour enfin avoir le courage d'exister par lui même comme parti, arriver à maturité et permettre à une nouvelle génération d'enrichir le débat politique. Le projet de souveraineté du Québec devrait être débattu par toute une société et non pas être le monopole exclusif d'un parti politique.

    À mes yeux, pour se redonner une crédibilité, le PQ doit se renouveller. C'est beau les discours nationalistes des années 60-70 mais nous sommes en 2005, il faut tenir compte des réalités de notre monde moderne. Le PQ a aussi fait son lot d'erreurs dans le passé, est-il prêt à le reconnaître? Quoiqu'il en soit, si le PQ veut se moderniser, ce ne sera certainement pas avec Bernard Landry! »

  • Luc Sénéchal
    Inscrit
    lundi 18 juillet 2005 15h49
    M. Landry
    « Cher M. Landry,

    Il semble bien qu'ils ne vous laisseront pas tranquille. Un peu comme De Gaulle, à un moment précis, vous avez tiré la ligne avec dignité. Vous avez parié et, au bout de la réflexion, vous avez fait votre choix. Un choix responsable. Vous auriez pu choisir une autre voie. Mais, les « purs et durs » de ce parti qui doute toujours de ses chefs vous ont lancé un message. Vous avez choisi de tirer votre révérence. Je vous comprend. J'aurai fait la même chose. Quand on est un vrai chef, il y a des choses qu'on ne peut tolérer.

    Aujourd'hui, M. Sansfaçon du Devoir, vous propose de vous lancer à nouveau dans la course pour y mettre du piquant. Si vous aviez voulu le faire, cela aurait été facile quand madame Marois vous l'a proposé l'an dernier. Le faire aujourd'hui ce serait reconnaître qu'elle avait bien raison.

    On vous dit que si vous perdez, ce ne sera pas grave, qu'un bon discours fera l'affaire et que vous ne diviserez pas les troupes si vous quittez pour toujours. Pourquoi quitter pour toujours dans la défaite alors que vous êtes déjà parti dans la gloire. Ce n'est pas l'éditorialiste qui aura l'air minable quand un homme politique suit un mauvais conseil.

    On vous dit que vous seul pouvez amener le Québec à la souveraineté. C'est flatteur. Prenez le compliment en passant, ne posez pas de gestes impulsifs, réfléchissez. Vous avez gagné une course à la chefferie sans opposition, vous avez perdu des élections. Ce n'est pas déshonorant. Cependant, si vous acceptez le pari du Devoir, il vous faudra gagner cette course, gagner les prochaines élections, contre M. Couillard, et gagner le prochain référendum qu'on vous réclamera la semaine suivante de l'élection. Si vous tombez au premier obstacle, nous garderons un souvenir particulier de votre rôle dans l'histoire.

    J'espère que je vous ai assez piqué, titillé l'orgueil pour que vous fassiez le saut. Ce serait un beau bordel dans le camp souverainiste.

    Bonne chance et dites merci à M. Sansfaçon pour la profondeur de sa réflexion. »

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