Privatiser la démocratie, démocratiser
Camille de Guire - Montréal, 3 septembre 2002
6 septembre 2002
Le gouvernement canadien a dû payer 13 millions à la compagnie virginienne Ethyl Corporation après qu'elle l'eut poursuivi (1998) pour avoir interdit ses additifs à essence, les mmt (une étude récente de l'Association canadienne des constructeurs automobiles révèle pourtant que ces additifs sont très polluants1).
Si le gouvernement a les mêmes obligations et risques que les entreprises privées, il devrait aussi avoir les mêmes droits: pouvoir faire librement concurrence au marché privé, par exemple, en possédant des entreprises sans subir des pressions du privé pour les privatiser. J'ai déjà suggéré au PQ d'ouvrir, aux côtés des banques privées, une banque québécoise qui collectivement (après les jeux et alcools) nous ferait bénéficier de profits non négligeables, mais l'attaché politique à qui je m'adressais m'a répondu très simplement: «Les Américains ne nous laisseront jamais faire!»
Si l'on souhaite être équitable, les entreprises privées, de leur côté, devraient se soumettre aux mêmes obligations que les gouvernements; notamment se soumettre au suffrage populaire. Certaines entreprises sont plus populeuses que certaines villes (et leurs activités ont un impact bien plus grand sur l'ensemble de la société), mais elles n'en font pas pour autant élire leurs dirigeants. Pourquoi est-ce que les employés d'une grande entreprise comme Bell, par exemple, ne pourraient pas élire leur p.-d.g.?
C'est loin d'être le cas. Comme quoi les «laisser-faire» et «liberté» du néolibéralisme sont de bien mauvaise foi.
1 Informations de la SRC
Si le gouvernement a les mêmes obligations et risques que les entreprises privées, il devrait aussi avoir les mêmes droits: pouvoir faire librement concurrence au marché privé, par exemple, en possédant des entreprises sans subir des pressions du privé pour les privatiser. J'ai déjà suggéré au PQ d'ouvrir, aux côtés des banques privées, une banque québécoise qui collectivement (après les jeux et alcools) nous ferait bénéficier de profits non négligeables, mais l'attaché politique à qui je m'adressais m'a répondu très simplement: «Les Américains ne nous laisseront jamais faire!»
Si l'on souhaite être équitable, les entreprises privées, de leur côté, devraient se soumettre aux mêmes obligations que les gouvernements; notamment se soumettre au suffrage populaire. Certaines entreprises sont plus populeuses que certaines villes (et leurs activités ont un impact bien plus grand sur l'ensemble de la société), mais elles n'en font pas pour autant élire leurs dirigeants. Pourquoi est-ce que les employés d'une grande entreprise comme Bell, par exemple, ne pourraient pas élire leur p.-d.g.?
C'est loin d'être le cas. Comme quoi les «laisser-faire» et «liberté» du néolibéralisme sont de bien mauvaise foi.
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