Pluies diluviennes - «Il y a des choses qu'on ne contrôle pas», plaide le maire Tremblay
Les inondations sur le réseau routier montréalais deviendront-elles la norme à chaque averse importante? Au lendemain du déluge qui a paralysé la circulation automobile sur de nombreux axes routiers dans la métropole, le maire Gérald Tremblay a évoqué hier le caractère exceptionnel des précipitations pour expliquer la surcharge du réseau d'égouts montréalais. Mais il a reconnu que les infrastructures souterraines sont désuètes et devront être retapées à coups de milliards de dollars au cours des prochaines années.
«On a eu des pluies diluviennes qu'on pourrait comparer à un cas de force majeure. C'est regrettable, mais il y a certaines choses qu'on ne contrôle pas», a indiqué le maire hier matin à l'occasion d'une conférence de presse visant à faire le point sur la situation. Selon les données pluviométriques recueillies par la Ville, il serait tombé entre 57 et 63 millimètres de pluie en moins de deux heures dans le secteur de l'autoroute Décarie en début de soirée mardi, ce qui constitue des «précipitations considérables», a expliqué le maire. De plus, des précipitations survenues en matinée avaient déjà saturé le sol, a-t-il ajouté.
«Pour deux pluviomètres, on a même eu une pointe de 31 et 29 mm de pluie en 15 minutes», a précisé André Aubin, du Service des infrastructures, des transports et de l'environnement à la Ville. «Ça signifie qu'à ce rythme-là, il serait tombé 110 mm de pluie en une heure. C'est très intense. [...] Je ne serais pas surpris que, par périodes, ç'ait été même plus intense que le 14 juillet 1987.» Rappelons qu'il y a près de 20 ans, lors de ce déluge qui avait entraîné la mort d'un automobiliste, 100 mm de pluie s'étaient abattus sur Montréal en deux heures.
N'empêche qu'à deux reprises en trois semaines, le réseau d'égouts montréalais a été incapable d'évacuer les averses abondantes. Mardi, deux semaines après l'inondation d'un tronçon de l'autoroute Métropolitaine, la crue soudaine des eaux sous les viaducs et dans les tunnels a forcé les autorités à fermer pendant plusieurs heures d'importants axes routiers, parmi lesquels le boulevard Décarie, l'autoroute 13 ainsi que la Métropolitaine à la hauteur du rond-point l'Acadie, qui avait été inondé le 14 juin dernier. De nombreux automobilistes se sont alors retrouvés prisonniers des eaux et ont dû être secourus, mais on n'a déploré aucun blessé.
Bassins de rétention
De l'avis de Musandji Fuamba, spécialiste des infrastructures urbaines de l'eau à l'École polytechnique, il n'est pas normal que le réseau routier montréalais ait subi de telles inondations, mais il n'est pas prêt à montrer du doigt la conception des infrastructures routières qui respectent les normes gouvernementales en fonction du débit maximal de pluie anticipé.
Selon lui, la Ville n'aura d'autre choix que de construire des bassins de rétention, notamment aux abords du rond-point l'Acadie et du boulevard Décarie, afin de recevoir l'eau que les égouts ne peuvent pas absorber lors d'averses abondantes. «On est vraiment en retard par rapport à d'autres villes et par rapport à l'Europe, a-t-il dit. Je crois qu'il faudrait obliger les promoteurs et les développeurs à prévoir de tels ouvrages pour éviter les événements survenus au cours des dernières semaines.»
M. Fuamba estime aussi qu'il faudrait faire en sorte que l'eau qui s'écoule des toitures des résidences ne se retrouve pas systématiquement dans le réseau d'égouts. Pour y parvenir, il faudrait néanmoins adopter des mesures incitatives pour les citoyens.
Le spécialiste croit que la Ville devra également tenir compte des effets des changements climatiques qui, ont constaté les chercheurs de l'École polytechnique, entraîne une augmentation de l'intensité des averses et la fréquence des catastrophes.
La Ville n'écarte pas la possibilité de construire des bassins de rétention souterrains dans les secteurs affectés par les inondations de mardi, notamment dans ceux du rond-point l'Acadie et du boulevard Décarie. À l'heure actuelle, Montréal compte 38 bassins qui permettent de soulager le réseau d'égouts en cas de pluies abondantes, et l'administration Tremblay entend en construire d'autres au cours des prochaines années avec le budget de 300 millions dont elle dispose pour ces infrastructures. La construction d'un tel bassin dans le quartier Saint-Henri avait d'ailleurs résolu le problème des inondations fréquentes qui survenaient autrefois dans le secteur de la ruelle Saint-Ambroise.
Mais c'est tout le réseau d'adduction et d'égouts qui a besoin d'une sérieuse cure de rajeunissement, a reconnu Gérald Tremblay, qui a jeté le blâme sur les administrations précédentes. «Il n'y a aucun doute qu'on a négligé depuis des décennies de faire des investissements majeurs dans le souterrain montréalais. C'est la raison pour laquelle on doit accélérer les investissements», a expliqué le maire, rappelant que Montréal consacrera dix milliards de dollars au cours des 20 prochaines années pour rénover son réseau d'aqueducs et d'égouts. «Nos infrastructures souterraines ne sont pas conçues en fonction du XXIe siècle, c'est-à-dire pour des événements susceptibles d'arriver plus fréquemment avec les changements climatiques», a-t-il avoué.
D'ici là, rien ne laisse croire que le réseau routier ne subira pas de nouvelles inondations si d'autres averses importantes surviennent. La Ville est toujours incapable d'expliquer pourquoi l'égout collecteur Meilleur-Atlantique, qui dessert le secteur du rond-point l'Acadie, a flanché il y a trois semaines. L'inspection de cette infrastructure est plus complexe que prévu et nécessitera l'adoption de mesures de sécurité exceptionnelles car il s'agit d'une opération dangereuse pour les travailleurs qui descendront sous terre, a rappelé André Aubin hier. «Mais c'est une question de jours», a-t-il toutefois indiqué. Les résultats de cette inspection permettront de compléter l'enquête et d'éclairer les autorités sur les mesures à adopter pour prévenir de nouvelles inondations.
Le maire Tremblay s'est toutefois dit satisfait de l'efficacité démontrée mardi par les services d'urgence de la Ville. Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a même redéployé la moitié des effectifs affectés au grand spectacle du Festival international de jazz pour pallier les urgences aux quatre coins de la ville et prêter main-forte à la SQ.
De son côté, le Service de sécurité incendie a reçu un millier d'appels mardi, entre 16h et minuit, pour des sous-sols inondés dans les secteurs Côte-Saint-Luc, Hampstead, Saint-Laurent, Hochelaga-Maisonneuve, Côte-des-Neiges, Cartierville, Rosemont-Petite-Patrie et Plateau Mont-Royal.
«On a eu des pluies diluviennes qu'on pourrait comparer à un cas de force majeure. C'est regrettable, mais il y a certaines choses qu'on ne contrôle pas», a indiqué le maire hier matin à l'occasion d'une conférence de presse visant à faire le point sur la situation. Selon les données pluviométriques recueillies par la Ville, il serait tombé entre 57 et 63 millimètres de pluie en moins de deux heures dans le secteur de l'autoroute Décarie en début de soirée mardi, ce qui constitue des «précipitations considérables», a expliqué le maire. De plus, des précipitations survenues en matinée avaient déjà saturé le sol, a-t-il ajouté.
«Pour deux pluviomètres, on a même eu une pointe de 31 et 29 mm de pluie en 15 minutes», a précisé André Aubin, du Service des infrastructures, des transports et de l'environnement à la Ville. «Ça signifie qu'à ce rythme-là, il serait tombé 110 mm de pluie en une heure. C'est très intense. [...] Je ne serais pas surpris que, par périodes, ç'ait été même plus intense que le 14 juillet 1987.» Rappelons qu'il y a près de 20 ans, lors de ce déluge qui avait entraîné la mort d'un automobiliste, 100 mm de pluie s'étaient abattus sur Montréal en deux heures.
N'empêche qu'à deux reprises en trois semaines, le réseau d'égouts montréalais a été incapable d'évacuer les averses abondantes. Mardi, deux semaines après l'inondation d'un tronçon de l'autoroute Métropolitaine, la crue soudaine des eaux sous les viaducs et dans les tunnels a forcé les autorités à fermer pendant plusieurs heures d'importants axes routiers, parmi lesquels le boulevard Décarie, l'autoroute 13 ainsi que la Métropolitaine à la hauteur du rond-point l'Acadie, qui avait été inondé le 14 juin dernier. De nombreux automobilistes se sont alors retrouvés prisonniers des eaux et ont dû être secourus, mais on n'a déploré aucun blessé.
Bassins de rétention
De l'avis de Musandji Fuamba, spécialiste des infrastructures urbaines de l'eau à l'École polytechnique, il n'est pas normal que le réseau routier montréalais ait subi de telles inondations, mais il n'est pas prêt à montrer du doigt la conception des infrastructures routières qui respectent les normes gouvernementales en fonction du débit maximal de pluie anticipé.
Selon lui, la Ville n'aura d'autre choix que de construire des bassins de rétention, notamment aux abords du rond-point l'Acadie et du boulevard Décarie, afin de recevoir l'eau que les égouts ne peuvent pas absorber lors d'averses abondantes. «On est vraiment en retard par rapport à d'autres villes et par rapport à l'Europe, a-t-il dit. Je crois qu'il faudrait obliger les promoteurs et les développeurs à prévoir de tels ouvrages pour éviter les événements survenus au cours des dernières semaines.»
M. Fuamba estime aussi qu'il faudrait faire en sorte que l'eau qui s'écoule des toitures des résidences ne se retrouve pas systématiquement dans le réseau d'égouts. Pour y parvenir, il faudrait néanmoins adopter des mesures incitatives pour les citoyens.
Le spécialiste croit que la Ville devra également tenir compte des effets des changements climatiques qui, ont constaté les chercheurs de l'École polytechnique, entraîne une augmentation de l'intensité des averses et la fréquence des catastrophes.
La Ville n'écarte pas la possibilité de construire des bassins de rétention souterrains dans les secteurs affectés par les inondations de mardi, notamment dans ceux du rond-point l'Acadie et du boulevard Décarie. À l'heure actuelle, Montréal compte 38 bassins qui permettent de soulager le réseau d'égouts en cas de pluies abondantes, et l'administration Tremblay entend en construire d'autres au cours des prochaines années avec le budget de 300 millions dont elle dispose pour ces infrastructures. La construction d'un tel bassin dans le quartier Saint-Henri avait d'ailleurs résolu le problème des inondations fréquentes qui survenaient autrefois dans le secteur de la ruelle Saint-Ambroise.
Mais c'est tout le réseau d'adduction et d'égouts qui a besoin d'une sérieuse cure de rajeunissement, a reconnu Gérald Tremblay, qui a jeté le blâme sur les administrations précédentes. «Il n'y a aucun doute qu'on a négligé depuis des décennies de faire des investissements majeurs dans le souterrain montréalais. C'est la raison pour laquelle on doit accélérer les investissements», a expliqué le maire, rappelant que Montréal consacrera dix milliards de dollars au cours des 20 prochaines années pour rénover son réseau d'aqueducs et d'égouts. «Nos infrastructures souterraines ne sont pas conçues en fonction du XXIe siècle, c'est-à-dire pour des événements susceptibles d'arriver plus fréquemment avec les changements climatiques», a-t-il avoué.
D'ici là, rien ne laisse croire que le réseau routier ne subira pas de nouvelles inondations si d'autres averses importantes surviennent. La Ville est toujours incapable d'expliquer pourquoi l'égout collecteur Meilleur-Atlantique, qui dessert le secteur du rond-point l'Acadie, a flanché il y a trois semaines. L'inspection de cette infrastructure est plus complexe que prévu et nécessitera l'adoption de mesures de sécurité exceptionnelles car il s'agit d'une opération dangereuse pour les travailleurs qui descendront sous terre, a rappelé André Aubin hier. «Mais c'est une question de jours», a-t-il toutefois indiqué. Les résultats de cette inspection permettront de compléter l'enquête et d'éclairer les autorités sur les mesures à adopter pour prévenir de nouvelles inondations.
Le maire Tremblay s'est toutefois dit satisfait de l'efficacité démontrée mardi par les services d'urgence de la Ville. Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a même redéployé la moitié des effectifs affectés au grand spectacle du Festival international de jazz pour pallier les urgences aux quatre coins de la ville et prêter main-forte à la SQ.
De son côté, le Service de sécurité incendie a reçu un millier d'appels mardi, entre 16h et minuit, pour des sous-sols inondés dans les secteurs Côte-Saint-Luc, Hampstead, Saint-Laurent, Hochelaga-Maisonneuve, Côte-des-Neiges, Cartierville, Rosemont-Petite-Patrie et Plateau Mont-Royal.
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