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Avec Pauline Marois - Pour un leadership de concertation, de franchise et d'action

Jean-Pierre Charbonneau - Député de Borduas, ex-président de l'Assemblée nationale, ex-ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et responsable de la réforme des institutions démocratiques  29 juin 2005 
Pauline Marois m'a invité à être à ses côtés alors qu'elle propose un nouveau type de leadership dont le Québec a besoin pour franchir l'étape ultime de sa longue marche vers sa pleine maturité politique. Je lui dis oui.

Vétéran de l'équipe parlementaire du Parti québécois depuis 1976, je connais assez bien les principaux aspirants aux fonctions de chef de notre parti, de premier ministre du Québec et de grand timonier de l'indispensable coalition populaire pour faire accoucher le projet du pays. Je les ai vus dans l'action, je les ai entendus. Mon jugement m'indique qu'il n'y a personne d'aussi capable que Pauline Marois d'être le chef d'État qu'il nous faut pour les années cruciales qui nous attendent.

D'entrée de jeu, elle est certes la plus qualifiée sur le plan technique à cause des nombreuses responsabilités de premier plan qu'elle a assumées avec brio et aplomb dans plusieurs gouvernements. Quand on examine l'ampleur des défis de gouverne que le prochain chef du PQ aura à assumer pour faire accéder le Québec au concert des nations, on peut se demander comment il pourrait être possible d'écarter cette première considération.

En deuxième lieu, Pauline Marois dispose d'un atout fondamental pour mériter la confiance et l'appui qu'il lui faut: l'authenticité. Cette femme donne l'heure juste. Elle est franche, directe, et elle parle vrai. Plus que jamais, le Québec a besoin d'un leadership qui inspire le respect, un leadership fondé sur les principes d'éthique et de vérité.

Une troisième raison majeure qui devrait nous faire choisir Pauline Marois, c'est son courage de faire face. De tous les aspirants déclarés, elle est la personne qui a le plus osé aller au front pour défendre ses points de vue. Au dernier congrès, tant sur l'approche à privilégier pour réaliser la souveraineté que sur le dossier linguistique, elle était là, au micro, où il fallait être quand on veut être un chef et donner la direction idéologique nécessaire.

À cet égard, le courage d'être sur la ligne de front quand ça chauffe est d'autant plus rassurant qu'il est doublé d'une profondeur sur le plan de la pensée qui est aussi indispensable. Jusqu'à ce jour, le calibre intellectuel des chefs du Parti québécois a toujours été supérieur. Pour la suite des choses, il ne peut pas en être autrement. Pauline Marois n'est pas qu'une femme d'action, elle est aussi une femme de réflexion, qui valorise beaucoup l'écoute empathique. Pour elle, les points de vue des autres comptent et le dialogue est l'ancrage de son type de leadership.

Le Parti québécois ainsi que toute la société québécoise ont maintenant besoin d'un dirigeant pour qui la démocratie est le pilier central de l'action politique. Parce qu'il concentre les principaux pouvoirs entre les mains du seul premier ministre, notre système politique favorise structurellement l'autoritarisme et l'autocratisme. Or, pour réussir à faire naître le nouveau pays désiré, il faudra à tout prix un leadership qui renoncera à régner en maître absolu et qui trouvera sa force dans l'ouverture aux autres, la concertation et la recherche de consensus. Le prochain chef du Parti québécois ne devra pas uniquement faire coexister efficacement différentes tendances souverainistes, il devra surtout, en sa qualité de premier ministre du Québec, coaliser toutes les personnes pour qui le Québec passe et devra toujours passer avant le Canada.

J'ai réussi ces derniers mois à faire prévaloir auprès des militants du PQ que le passage obligé vers la souveraineté est dorénavant la démocratie participative et non le traditionnel marketing politique. Cela est maintenant inscrit noir sur blanc dans notre nouveau programme politique. Parmi les gens qui ont cru en cette nouvelle approche et qui se sont mouillés pour la défendre avec moi, il y avait Pauline Marois. Pour mettre en oeuvre ce vaste exercice de participation citoyenne, il va falloir un chef qui croit vraiment que les grands changements doivent être émergents et non décrétés par en haut. Pauline Marois a cette conviction. Cela me rassure et m'enthousiasme.

Je termine en disant franchement à toutes les personnes habitées par le désir intense d'un vent de renouveau que l'heure est venue au Québec de permettre à une femme expérimentée et très qualifiée d'assumer le leadership de la nation. Là serait tout un renouveau.
 
 
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