mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 21h52


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Télé-Québec: frein à la privatisation

Paul Cauchon , Kathleen Lévesque   27 juin 2005 
L'avenir de Télé-Québec crée des tensions au sein du Conseil des ministres. La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, freine les élans de privatisation de sa collègue de la Culture, Line Beauchamp, parce que le coût de l'opération s'élèverait à plus de 70 millions de dollars.

Comme l'a appris Le Devoir de sources diverses et très proches du dossier, Mme Jérôme-Forget, pourtant perçue au sein du gouvernement comme la porte-étendard d'un rapprochement entre l'État et le secteur privé, refuse que le rapport Bédard sur l'avenir de la chaîne de télévision publique soit appliqué. Les calculs de son équipe de fonctionnaires sont sans équivoque: Québec n'a pas les moyens de privatiser la production des émissions et ce qui en découle.

«La situation est paradoxale, a expliqué une personne qui connaît bien le dossier. Habituellement, ce n'est pas au Trésor que Télé-Québec trouve ses principaux appuis. Ce n'est pas par amour de la télévision ni de la culture, et encore moins par amour pour Télé-Québec. C'est pour des raisons de gros sous.»

Ce blocage au Conseil du trésor survient alors que le Conseil des ministres nommait jeudi dernier Michèle Fortin p.-d.g. de Télé-Québec. L'actuelle présidente de la chaîne, Paule Beaugrand-Champagne, apprenait vendredi le 17 juin qu'elle était remerciée de ses services, à un an et demi de la fin de son contrat de cinq ans.

Le rapport du Groupe de travail chargé de l'examen de Télé-Québec, présidé par Claude Bédard, estime que l'immeuble où loge Télé-Québec est trop grand pour les besoins de la chaîne, soulignant même que les studios de Montréal sont «disproportionnés». Or, la seule résiliation de l'actuel bail de Télé-Québec coûterait 48 millions de dollars au gouvernement. S'ajoute à ce montant l'abolition du tiers des emplois liés à la production interne, ce qui représenterait quelque 23 millions de dollars en primes de séparation. Au total, plus de 70 millions.

Cette facture apparaît d'autant plus importante que le Conseil du trésor se trouve dans un carcan financier pour négocier le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public et faire face aux demandes syndicales en matière d'équité salariale, notamment dans les centres de la petite enfance. La décision définitive du Conseil du trésor ne serait toutefois pas prise. Des discussions se poursuivent entre la Culture et le Trésor pour tenter de régler les aspects techniques du dossier.

Le groupe de travail sur l'avenir de Télé-Québec avait été mis en place en juin 2004, et son rapport final a été rendu public le 9 mars dernier. Tout en déclarant vouloir maintenir la mission de Télé-Québec et lui garantir un budget stable sur trois ans, le rapport préconisait de confier toute la production au secteur privé et il évoquait la possibilité de déménager l'entreprise.

Télé-Québec est locataire d'un immeuble appartenant à Gestion Acmon et Les ensembles urbains, et son bail se termine en mars 2019. Le rapport Bédard insistait sur le fait que «l'édifice est d'une taille excessive par rapport aux besoins de Télé-Québec», et il recommandait qu'on examine toutes les options possibles, soit la renégociation du bail, la résiliation, ou la sous-location en bloc.

La ministre Line Beauchamp avait déclaré à l'époque qu'elle accueillait «favorablement» le rapport, mais elle n'a jamais voulu le commenter publiquement depuis cette date. Son attachée de presse a indiqué vendredi dernier au Devoir que la ministre donnerait «cet automne ses orientations inspirées du rapport». Voudra-t-elle mettre en application toutes les recommandations? «C'est prématuré d'en parler» indique-t-on.

Il semble que d'autres obstacles soient apparus sur le chemin de la ministre, puisque la machine administrative serait plutôt favorable à l'analyse faite par le Conseil du trésor.

Par ailleurs, le conseil d'administration de Télé-Québec fait également montre d'une certaine résistance, lui qui a été tenu dans l'ignorance des travaux menés par le groupe présidé par Claude Bédard. Ce dernier n'a rencontré les administrateurs qu'une seule fois pour leur exposer ses recommandations. Le conseil d'administration propose entre autres de réduire le personnel de façon progressive, un scénario qui plairait au Conseil du trésor.

Paule Beaugrand-Champagne, qui doit quitter la présidence de Télé-Québec le 4 juillet, était proche des employés, qui ont fortement critiqué le rapport Bédard. Selon nos informations, on ne lui a pas officiellement demandé de mettre le rapport en application. Elle a déclaré jeudi dernier dans une entrevue que son congédiement était un choc, qu'elle n'avait pas eu droit à une rencontre avec la ministre, et qu'on ne lui avait pas donné les raisons exactes de son congédiement.

Elle est remplacée par Michèle Fortin, qui fait un retour imprévu dans le monde de la télévision: actuellement sous-ministre au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, elle a été de l'équipe dirigeante de la télévision française de Radio-Canada de 1992 à 2002, d'abord comme directrice des programmes puis comme vice-présidente à la télévision française de Radio-Canada. Elle avait été remplacée à ce dernier poste en 2002 par Daniel Gourd, qui vient d'annoncer sa retraite pour l'automne prochain.

Elle avait auparavant occupé les fonctions de sous-ministre adjointe à l'enseignement supérieur au ministère de l'Éducation.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009