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Libre opinion: L'autoroute 30, ou l'antithèse du développement durable

Sylvie Bourassa - Saint-Constant  16 juin 2005 
Le gouvernement se préoccupe de développement durable, c'est du moins ce que répète le ministre Thomas Mulcair. L'ex-ministère de l'Environnement est devenu le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Le ministre a déposé un avant-projet de loi sur le développement durable destiné à instaurer, au sein de l'administration publique québécoise, un cadre officiel de gouverne pour contribuer au développement durable et a lancé en novembre dernier les Actions pour l'avenir, une série de gestes actuels ou futurs en faveur du développement durable.

Du même souffle, le gouvernement de M. Mulcair persiste pourtant à vouloir prolonger l'autoroute 30 en territoire agricole! Ce tracé implique la destruction de plus de 500 hectares de terres agricoles de grande qualité et le saccage de milieux humides et d'habitats fauniques irremplaçables. Il favorise l'étalement urbain et l'augmentation du volume de circulation automobile, entraînant ainsi l'aggravation de la pollution atmosphérique et la hausse des émissions de gaz à effet de serre. La qualité de vie de milliers de citoyens, grands et petits, en sera irrémédiablement affectée. C'est ça, le développement durable?

Avis clair

Le ministre prône «l'application rigoureuse des lois et règlements environnementaux». Pourtant, le 11 février 2004, la Commission de protection du territoire agricole du Québec a rendu un avis stipulant que la réalisation d'un tronçon de la route 30 en zone agricole, à partir de l'autoroute 30 près du territoire de Kahnawake jusqu'au viaduc de l'autoroute 15, est incompatible avec les objectifs de protection du territoire et des activités agricoles, selon les critères de la Loi de protection du territoire agricole du Québec. C'est ça, l'application rigoureuse des lois et règlements?

Le ministre entend «lutter efficacement contre les changements climatiques, réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter les pressions exercées sur les écosystèmes», et ce, afin d'améliorer la qualité de vie des citoyens et de rendre l'économie québécoise plus efficace et plus responsable. Pourtant, son gouvernement maintient son projet de prolongement de l'autoroute 30 sur le tracé sud alors que celui-ci contribuera à accroître le volume de circulation automobile et les émissions de gaz à effet de serre. C'est ça, le respect du protocole de Kyoto?

On ne le dira jamais assez: le projet d'autoroute 30 sur le tracé sud est l'antithèse du développement durable. Il détruira directement près de 100 hectares des plus belles terres agricoles du Québec et en soumettra près de 400 autres à la pression de l'étalement urbain puisqu'ils seront désormais enclavés entre la zone urbaine et la future autoroute. Il favorisera l'augmentation du volume de circulation automobile et, par conséquent, la hausse des émissions de gaz à effet de serre, et ce, en contradiction flagrante avec le protocole de Kyoto.

Avec son projet de construction de l'autoroute 30 en territoire agricole, le gouvernement Charest démontre une fois de plus qu'il joue double jeu et qu'on peut douter du sérieux de ses intentions en matière de développement durable.

Ce projet est tout aussi inacceptable que la défunte centrale du Suroît. Toutes les personnes qui se préoccupent de laisser à leurs enfants autre chose qu'une terre bétonnée, stérile et sans âme ont le devoir moral de le dénoncer et de le combattre.
 
 
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