Le cancer de la peau n'épargne plus les jeunes
Les Canadiens paient de plus en plus jeunes les excès de leur exposition au soleil. L'Association canadienne de dermatologie (ACD) note en effet que le type de cancer de la peau le plus commun — le carcinome basocellulaire — a commencé à faire son apparition chez les adolescents et les jeunes adultes, une nouveauté qui inquiète grandement l'association.
Habituellement, le carcinome basocellulaire frappe les plus de 50 ans. Il est le résultat de coups de soleil graves à répétition et d'une intense exposition au soleil durant l'enfance, conséquence qui n'apparaît toutefois que 10, 20 à 30 ans plus tard. Mais cette règle est en train de changer, prévient l'ACD.
Dans son cabinet de la Clinique du laser au Centre universitaire McGill, le Dr Ari Demirjian voit les contours de cette tendance se dessiner en direct. «Aujourd'hui, il est fréquent de diagnostiquer un carcinome basocellulaire chez des jeunes adultes et des adolescents», confirme le dermatologue. Au point que l'ACD a calculé qu'une personne née après 1994 avait maintenant 30 % de risques de développer un carcinome basocellulaire de la peau.
Pour la Dre Cheryl Rosen, directrice nationale du Programme de prudence au soleil de l'ACD, il est important que cette nouvelle information soit diffusée aux médecins de famille, car ce sont eux qui voient les jeunes patients les premiers. Le facteur temps n'est pas à négliger. Bien qu'il soit assez facile à guérir, ce type de cancer doit en effet être traité rapidement pour qu'il n'envahisse pas et ne détruise pas les tissus cutanés environnants.
Cette vigilance est loin d'être un caprice, fait encore valoir l'état-major de l'ACD, qui brandit quelques chiffres forts éloquents. L'incidence de carcinome basocellulaire est à la hausse en Amérique du Nord à raison de 5 % par année. Des 78 000 nouveaux cas de cancer de la peau sans mélanome que l'on prévoit au Canada en 2005, plus de 60 000 seront des carcinomes basocellulaires. Dans 90 % des cas, ces cancers seront directement reliés aux effets nocifs des rayons ultraviolets naturels et artificiels.
On retrouve habituellement le carcinome basocellulaire sur la peau exposée au soleil, le plus souvent le visage et le cou, mais aussi le torse et les jambes. L'apparence de ce type de cancer de la peau peut varier prenant l'aspect d'une petite lésion, d'une petite bosse ferme ou d'une petite plaque squameuse et rouge.
Pour l'Association canadienne de dermatologie, qui lançait hier sa 17e Semaine nationale de prudence au soleil, l'apparition du carcinome basocellulaire chez les jeunes est aussi un constat d'échec. «Il faudrait peut-être éclaircir le concept même de l'exposition au soleil que les gens confondent à tort avec le bain de soleil. Quelqu'un qui travaille au centre-ville et fait une petite promenade tous les midis, sans chapeau et sans écran solaire, s'expose au soleil», précise le Dr Demirjian.
À cet égard, la dernière étude américaine faisant la promotion du soleil — reprise la semaine dernière par quelques médias québécois — a alimenté la confusion. «Cette étude a omis de dire qu'une exposition d'une dizaine de minutes des mains et des avant-bras est suffisante pour obtenir une dose adéquate de vitamine D, même avec un écran solaire. En omettant ce détail, les gens ont eu l'impression qu'il fallait se soumettre à un bain de soleil», regrette le dermatologue.
En laissant entendre que plusieurs expositions de 15 minutes au soleil pourraient réduire les risques de cancer, ces chercheurs américains ont même fait beaucoup de tort, juge l'ACD, qui doit reprendre une fois de plus son laïus. «L'exposition au soleil est associée à toutes les formes de cancer de la peau», répète la directrice principale de la Politique de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer, division de l'Ontario, Sylvia Léonard.
Idéalement, il faudrait réduire l'exposition au soleil entre 11 h et 16 h, car les rayons du soleil sont les plus forts à ces heures. «Si vous devez être dehors au cours de cette période les jours ensoleillés, portez un chapeau à large rebord et des vêtements qui couvrent vos bras et vos jambes, appliquez un écran solaire à FPS de 15 ou plus et cherchez à demeurer à l'ombre», rappelle Mme Léonard.
Ces conseils ne sont toutefois qu'un début, et l'ACD ne cache pas qu'elle aimerait pouvoir disposer de moyens plus musclés pour faire de la prévention. «Au Québec, on admet que le bronzage est nocif, mais on a peu d'initiatives pour mettre les gens en garde. Nous aimerions que les stratégies mises en place pour le tabac soient reprises pour le bronzage», explique le Dr Demirjian.
Les dermatologues admettent toutefois qu'il y a des limites à ce que peut faire la protection dans ce dossier. «Les gens sont déjà très sensibilisés, ce qui nous fait dire que ce n'est pas seulement un problème comportemental, mais plutôt environnemental. On subirait en fait les conséquences de l'érosion de la couche d'ozone», avance le dermatologue, qui rappelle qu'en 20 ans le taux de cancer de la peau a quintuplé pour atteindre les 22 000 cas par année au Québec.
Les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vont tout à fait dans ce sens. Mis au fait d'une une véritable explosion du nombre de cancers de la peau chez les jeunes femmes d'Europe et d'Amérique du Nord, l'organisme avait même invité les gouvernements à interdire l'accès aux salons de bronzage aux moins de 18 ans en mars dernier.
Habituellement, le carcinome basocellulaire frappe les plus de 50 ans. Il est le résultat de coups de soleil graves à répétition et d'une intense exposition au soleil durant l'enfance, conséquence qui n'apparaît toutefois que 10, 20 à 30 ans plus tard. Mais cette règle est en train de changer, prévient l'ACD.
Dans son cabinet de la Clinique du laser au Centre universitaire McGill, le Dr Ari Demirjian voit les contours de cette tendance se dessiner en direct. «Aujourd'hui, il est fréquent de diagnostiquer un carcinome basocellulaire chez des jeunes adultes et des adolescents», confirme le dermatologue. Au point que l'ACD a calculé qu'une personne née après 1994 avait maintenant 30 % de risques de développer un carcinome basocellulaire de la peau.
Pour la Dre Cheryl Rosen, directrice nationale du Programme de prudence au soleil de l'ACD, il est important que cette nouvelle information soit diffusée aux médecins de famille, car ce sont eux qui voient les jeunes patients les premiers. Le facteur temps n'est pas à négliger. Bien qu'il soit assez facile à guérir, ce type de cancer doit en effet être traité rapidement pour qu'il n'envahisse pas et ne détruise pas les tissus cutanés environnants.
Cette vigilance est loin d'être un caprice, fait encore valoir l'état-major de l'ACD, qui brandit quelques chiffres forts éloquents. L'incidence de carcinome basocellulaire est à la hausse en Amérique du Nord à raison de 5 % par année. Des 78 000 nouveaux cas de cancer de la peau sans mélanome que l'on prévoit au Canada en 2005, plus de 60 000 seront des carcinomes basocellulaires. Dans 90 % des cas, ces cancers seront directement reliés aux effets nocifs des rayons ultraviolets naturels et artificiels.
On retrouve habituellement le carcinome basocellulaire sur la peau exposée au soleil, le plus souvent le visage et le cou, mais aussi le torse et les jambes. L'apparence de ce type de cancer de la peau peut varier prenant l'aspect d'une petite lésion, d'une petite bosse ferme ou d'une petite plaque squameuse et rouge.
Pour l'Association canadienne de dermatologie, qui lançait hier sa 17e Semaine nationale de prudence au soleil, l'apparition du carcinome basocellulaire chez les jeunes est aussi un constat d'échec. «Il faudrait peut-être éclaircir le concept même de l'exposition au soleil que les gens confondent à tort avec le bain de soleil. Quelqu'un qui travaille au centre-ville et fait une petite promenade tous les midis, sans chapeau et sans écran solaire, s'expose au soleil», précise le Dr Demirjian.
À cet égard, la dernière étude américaine faisant la promotion du soleil — reprise la semaine dernière par quelques médias québécois — a alimenté la confusion. «Cette étude a omis de dire qu'une exposition d'une dizaine de minutes des mains et des avant-bras est suffisante pour obtenir une dose adéquate de vitamine D, même avec un écran solaire. En omettant ce détail, les gens ont eu l'impression qu'il fallait se soumettre à un bain de soleil», regrette le dermatologue.
En laissant entendre que plusieurs expositions de 15 minutes au soleil pourraient réduire les risques de cancer, ces chercheurs américains ont même fait beaucoup de tort, juge l'ACD, qui doit reprendre une fois de plus son laïus. «L'exposition au soleil est associée à toutes les formes de cancer de la peau», répète la directrice principale de la Politique de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer, division de l'Ontario, Sylvia Léonard.
Idéalement, il faudrait réduire l'exposition au soleil entre 11 h et 16 h, car les rayons du soleil sont les plus forts à ces heures. «Si vous devez être dehors au cours de cette période les jours ensoleillés, portez un chapeau à large rebord et des vêtements qui couvrent vos bras et vos jambes, appliquez un écran solaire à FPS de 15 ou plus et cherchez à demeurer à l'ombre», rappelle Mme Léonard.
Ces conseils ne sont toutefois qu'un début, et l'ACD ne cache pas qu'elle aimerait pouvoir disposer de moyens plus musclés pour faire de la prévention. «Au Québec, on admet que le bronzage est nocif, mais on a peu d'initiatives pour mettre les gens en garde. Nous aimerions que les stratégies mises en place pour le tabac soient reprises pour le bronzage», explique le Dr Demirjian.
Les dermatologues admettent toutefois qu'il y a des limites à ce que peut faire la protection dans ce dossier. «Les gens sont déjà très sensibilisés, ce qui nous fait dire que ce n'est pas seulement un problème comportemental, mais plutôt environnemental. On subirait en fait les conséquences de l'érosion de la couche d'ozone», avance le dermatologue, qui rappelle qu'en 20 ans le taux de cancer de la peau a quintuplé pour atteindre les 22 000 cas par année au Québec.
Les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vont tout à fait dans ce sens. Mis au fait d'une une véritable explosion du nombre de cancers de la peau chez les jeunes femmes d'Europe et d'Amérique du Nord, l'organisme avait même invité les gouvernements à interdire l'accès aux salons de bronzage aux moins de 18 ans en mars dernier.
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