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Josée Boileau   26 mai 2005 
Maintenant qu'il est confirmé que Nathalie Simard est bel et bien la petite fille dont Guy Cloutier avait abusé, maintenant qu'on comprend qu'il a eu sur elle tous les pouvoirs, maintenant que la poussière est retombée sur la poursuite criminelle et que l'homme est emprisonné, il reste à écouter ce que la jeune femme a à dire.

Il n'est pas mauvais qu'il se soit écoulé des mois entre les procédures criminelles et la poursuite civile déposée hier, qui exigeait de révéler l'identité de Mme Simard. Pas mauvais que les confessions publiques, qui débuteront ce soir et se poursuivront dans un livre, aient mis un certain temps à être faites. Cette histoire est si grave qu'elle avait besoin de plus de sérénité que de déballage afin de mieux en appréhender l'ampleur.

Le Québec a vu grandir Nathalie et avait fait de Guy Cloutier, déjà un pivot de notre vedettariat local, le bienfaiteur de la famille Simard. Tout ce qui aurait pu ternir cette image d'Épinal ne pouvait qu'être vivement rejeté, ce que Nathalie Simard a toujours pleinement mesuré.

Il fallait donc des circonstances particulières pour parler publiquement. La poursuite au criminel a été une première étape, qui a eu d'autant plus de force qu'il n'y a pas eu de procès mais un plaidoyer de culpabilité de la part de Guy Cloutier.

On a beaucoup dit qu'il a ainsi évité l'opprobre. Nous estimons toujours que c'est Nathalie Simard qui a été la grande gagnante de cette stratégie. Le seul exemple de Sophie Chiasson, dont la vie intime a été étalée en cour simplement parce qu'elle se défendait des niaiseries de Jeff Fillion, suffit pour faire réfléchir. Cela a été épargné à Mme Simard. Mieux encore, tout le Québec a été obligé de la croire.

On vient de franchir la deuxième étape: une poursuite civile visant à réparer les torts causés. Ceux-ci sont nombreux, et la requête est à la hauteur. Mais elle a été déposée sans cirque médiatique par une femme maintenant assez forte pour aller jusqu'au bout de sa démarche juridique.

Reste l'autre étape: l'ex-enfant-vedette qui parle à son public. La jeune femme a été blessée pendant des années par quelqu'un qu'elle admirait. Le public, lui, a été floué. Il a besoin de comprendre son aveuglement. Elle lui expliquera tout ce soir à TVA, à ses conditions — et l'argent est ici plus secondaire qu'on ne l'a d'abord cru.

Peut-être que cette histoire, jusqu'ici caractérisée par la dignité de Mme Simard mais aussi par celle de la famille Cloutier, finira par être ternie par la surenchère. Il suffira alors de revenir à la décision sur la peine rendue en décembre par le juge Robert Sansfaçon, ainsi qu'à la requête déposée hier, pour retrouver l'essence du drame. Les liens de Nathalie Simard avec Guy Cloutier? «Un père de remplacement et un mentor, à qui elle voue une confiance absolue et sans bornes.» Le premier viol? «C'était avant mes 13 ans car je n'avais pas encore été menstruée.»

Jeter en pâture au public ce mélange d'attachement et d'agressions, jusque-là vécues dans le secret absolu, demande un grand courage. C'est toujours cela dont il faudra d'abord se rappeler.

jboileau@ledevoir.ca
 
 
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  • Angéline Joseph - Abonné
    28 mai 2005 01 h 43
    La dignité retrouvée
    Lorsqu'un jour, on perd sa dignité par un action mauvaise ou qu'on se la fait voler inopportunément, le chemin à suivre pour la retrouver peut être long et pénible.

    Ce fut le cas de Nathalie Simard qui, après un long cheminement, a su se présenter à nous en femme digne et courageuse.

    Pour en arriver à cet aboutissement, elle a suivi une voie logique mais tortueuse : psychothérapie, confidence à un proche, dénonciation aux autorités policières, dévoilement de son identité et désir d'aider les autres. Je retiens donc de l'entrevue de Madame Simard, qu'il est possible, avec un bon accompagnement et beaucoup de bonne volonté, de refaire surface après avoir failli se noyer.

    Il serait dommage que le diffuseur TVA, par un traitement abusif de la nouvelle et le désir de faire un coup de marketing, vienne ternir le sujet même de cette nouvelle. Il ne faudrait pas non plus que le conflit entre Québecor et le clan Cloutier se règle au détriment de Nathalie Simard. Nous aurions alors l'impression qu'elle est abusée pour une deuxième fois.

    Laissons-lui sa dignité retrouvée.
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