Schröder fragilisé
Serge Truffaut
24 mai 2005 19h34
La cuisante défaite infligée aux sociaux-démocrates du SPD dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le plus peuplé d’Allemagne, a convaincu le chancelier Gerhard Schröder qu’il était temps de déclencher des élections anticipées pour le début de l’automne et non en 2006 comme prévu. Deux faits particuliers à cette régionale ont suscité cette décision. D’abord, le land de Rhénanie était un bastion historique; le SPD l’a administré pendant quarante ans sans discontinuer. Ensuite, les Rhénans ayant voté pour le Parti chrétien-démocrate (CDU), celui-ci dispose de la majorité absolue à la Chambre des länder. Dans les faits, cette formation détient donc un droit de veto sur l’action gouvernementale.
Ce revers découle avant tout du fort taux de chômage qui sévit dans cette région où sont concentrés le cinquième des sans-emploi de tout le pays. À cela s’est ajouté le mécontentement provoqué par les réformes imposées par le gouvernement central. Dans l’espoir de juguler la montée du chômage, Schröder a sabré les programmes sociaux afin de forcer le retour au travail tout en accordant des baisses d’impôt aux entreprises.
Entérinée par les députés de la CDU au Bundestag, la politique économique de Schröder a accouché d’une vive polémique au sein du SPD. À un point tel qu’on craint une dérive de ce parti. Il y a peu, Franz Müntefering, le président des sociaux-démocrates, s’est lancé dans une longue diatribe contre les réformes décidées par Schröder en concluant que les militants du SPD devaient travailler à l’élaboration d’une politique «anticapitaliste». En clair, la haute direction du SPD n’hésite plus à critiquer publiquement son chancelier. Bonjour l’ambiance!
Ce dernier, c’est à souligner, a clairement laissé entendre qu’il n’était pas question de remiser sur les tablettes l’ensemble des décisions prises pour faire reculer le chômage. Il caresse l’espoir que le regain d’énergie de l’activité économique constaté récemment va se poursuivre en s’amplifiant d’ici septembre. Si l’embellie se confirme, le chancelier sera alors en mesure d’étouffer les critiques qui émanent de la gauche du parti et de stigmatiser la droite allemande en mettant l’accent sur son inclination néolibérale.
Cela étant, la défaite de Schröder en Rhénanie va avoir des conséquences notables bien au-delà des frontières allemandes. En ce qui touche plus particulièrement l’Europe, on craint que la victoire éventuelle du CDU combinée au rejet français de la Constitution n’handicape durablement le rêve d’une Europe-puissance politique. S’il n’a jamais été un Européen aussi convaincu que convaincant comme le furent avant lui les chanceliers Helmut Schmidt et Helmut Khöl, il n’en reste pas moins qu’il ne partage pas la vision que l’actuelle présidente de la CDU Angela Merkel met en avant. En un mot, le premier est plus politique là où la seconde est plus économique.
Si dimanche prochain les Français mettent Chirac hors-jeu à la faveur du référendum sur la Constitution européenne, après que les Rhénans en ont fait autant hier avec Schröder, alors le noyau dur de l’Europe sera sérieusement handicapé.
Ce revers découle avant tout du fort taux de chômage qui sévit dans cette région où sont concentrés le cinquième des sans-emploi de tout le pays. À cela s’est ajouté le mécontentement provoqué par les réformes imposées par le gouvernement central. Dans l’espoir de juguler la montée du chômage, Schröder a sabré les programmes sociaux afin de forcer le retour au travail tout en accordant des baisses d’impôt aux entreprises.
Entérinée par les députés de la CDU au Bundestag, la politique économique de Schröder a accouché d’une vive polémique au sein du SPD. À un point tel qu’on craint une dérive de ce parti. Il y a peu, Franz Müntefering, le président des sociaux-démocrates, s’est lancé dans une longue diatribe contre les réformes décidées par Schröder en concluant que les militants du SPD devaient travailler à l’élaboration d’une politique «anticapitaliste». En clair, la haute direction du SPD n’hésite plus à critiquer publiquement son chancelier. Bonjour l’ambiance!
Ce dernier, c’est à souligner, a clairement laissé entendre qu’il n’était pas question de remiser sur les tablettes l’ensemble des décisions prises pour faire reculer le chômage. Il caresse l’espoir que le regain d’énergie de l’activité économique constaté récemment va se poursuivre en s’amplifiant d’ici septembre. Si l’embellie se confirme, le chancelier sera alors en mesure d’étouffer les critiques qui émanent de la gauche du parti et de stigmatiser la droite allemande en mettant l’accent sur son inclination néolibérale.
Cela étant, la défaite de Schröder en Rhénanie va avoir des conséquences notables bien au-delà des frontières allemandes. En ce qui touche plus particulièrement l’Europe, on craint que la victoire éventuelle du CDU combinée au rejet français de la Constitution n’handicape durablement le rêve d’une Europe-puissance politique. S’il n’a jamais été un Européen aussi convaincu que convaincant comme le furent avant lui les chanceliers Helmut Schmidt et Helmut Khöl, il n’en reste pas moins qu’il ne partage pas la vision que l’actuelle présidente de la CDU Angela Merkel met en avant. En un mot, le premier est plus politique là où la seconde est plus économique.
Si dimanche prochain les Français mettent Chirac hors-jeu à la faveur du référendum sur la Constitution européenne, après que les Rhénans en ont fait autant hier avec Schröder, alors le noyau dur de l’Europe sera sérieusement handicapé.
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