Leçons d'un fiasco
Jean-Robert Sansfaçon
10 mai 2005
Il n'a pas fallu longtemps aux acteurs du drame de Papiers Gaspésia avant de réagir à la publication du rapport du commissaire Robert Lesage. On les comprend, car le rapport est accablant pour l'ex-gouvernement de Bernard Landry autant que pour Tembec, la SGF et les syndicats de la construction FTQ. Absence de planification, confusion dans la définition des rôles entre actionnaires, absence d'instruments de contrôle adéquats, encadrement déficient, relations de travail pourries, comportements syndicaux malveillants... Le parfait cocktail de l'échec annoncé.
Dimanche, M. Landry a rejeté avec force les conclusions du rapport. Certes, la commission pousse loin ses recommandations en voulant fixer des limites aux interventions de l'État dans les grands projets. Par exemple, elle recommande que les représentants des organismes investisseurs publics se contentent de jouer un rôle d'observateurs. Or, voilà un parti pris idéologique qui heurte les convictions d'un social-démocrate comme Bernard Landry.
Cela dit, il ne s'agit là que d'une des 27 recommandations de ce rapport de plus de 300 pages qui, dans l'ensemble, confirme les rumeurs qui avaient circulé depuis l'annonce du projet, en décembre 2001. Contrairement à ce que prétend M. Landry, les dépassements de coûts ont commencé dès les premières semaines et les rapports de suivi rédigés par la firme d'ingénieurs-conseils Amec au profit des créanciers laissaient entrevoir d'autres dépassements et retards dès 2002, soit bien avant la fin du mandat péquiste.
Quant aux causes de ce fiasco, là encore, la commission a raison de conclure qu'elles remontent à l'origine du projet alors qu'on a presque forcé la main de Tembec, une société privée, pour qu'elle investisse dans un projet auquel elle ne croyait pas. En échange de cette implication d'un opérateur d'expérience, le gouvernement a même accepté d'annuler une pénalité imposée à Tembec par Investissement Québec pour ne pas avoir effectué un investissement de 150 millions promis pour son usine de Matane.
À la tête du projet Gaspésia dont elle devait assumer la gestion, Tembec avait nommé des gens incompétents, incapables de se faire respecter par les syndiqués qui se comportaient comme si ce chantier financé par le Fonds de solidarité FTQ leur appartenait. Les conflits se sont succédé tout au long des travaux, même après que les syndiqués eurent obtenu la tête du directeur général.
À entendre les réactions outrées de tous les groupes mis en cause par le rapport, personne ne serait responsable de la fermeture du chantier de la Gaspésia qui a englouti des centaines de millions de fonds publics. Or, la commission confirme que le projet était mal ficelé. En recommandant des changements aux lois de la construction et aux processus de réalisation des grands projets publics, elle a rempli son mandat comme on le lui avait demandé.
Malheureusement, il ne semble pas que le message ait été compris, notamment par le chef du Parti québécois. M. Landry ne voit-il pas qu'en niant l'évidence dans ce dossier, comme dans celui du métro de Laval, il s'enfonce dans le rôle du politicien qui ne parvient pas à faire oublier son passé aux dépens de l'avenir de son parti?
Dimanche, M. Landry a rejeté avec force les conclusions du rapport. Certes, la commission pousse loin ses recommandations en voulant fixer des limites aux interventions de l'État dans les grands projets. Par exemple, elle recommande que les représentants des organismes investisseurs publics se contentent de jouer un rôle d'observateurs. Or, voilà un parti pris idéologique qui heurte les convictions d'un social-démocrate comme Bernard Landry.
Cela dit, il ne s'agit là que d'une des 27 recommandations de ce rapport de plus de 300 pages qui, dans l'ensemble, confirme les rumeurs qui avaient circulé depuis l'annonce du projet, en décembre 2001. Contrairement à ce que prétend M. Landry, les dépassements de coûts ont commencé dès les premières semaines et les rapports de suivi rédigés par la firme d'ingénieurs-conseils Amec au profit des créanciers laissaient entrevoir d'autres dépassements et retards dès 2002, soit bien avant la fin du mandat péquiste.
Quant aux causes de ce fiasco, là encore, la commission a raison de conclure qu'elles remontent à l'origine du projet alors qu'on a presque forcé la main de Tembec, une société privée, pour qu'elle investisse dans un projet auquel elle ne croyait pas. En échange de cette implication d'un opérateur d'expérience, le gouvernement a même accepté d'annuler une pénalité imposée à Tembec par Investissement Québec pour ne pas avoir effectué un investissement de 150 millions promis pour son usine de Matane.
À la tête du projet Gaspésia dont elle devait assumer la gestion, Tembec avait nommé des gens incompétents, incapables de se faire respecter par les syndiqués qui se comportaient comme si ce chantier financé par le Fonds de solidarité FTQ leur appartenait. Les conflits se sont succédé tout au long des travaux, même après que les syndiqués eurent obtenu la tête du directeur général.
À entendre les réactions outrées de tous les groupes mis en cause par le rapport, personne ne serait responsable de la fermeture du chantier de la Gaspésia qui a englouti des centaines de millions de fonds publics. Or, la commission confirme que le projet était mal ficelé. En recommandant des changements aux lois de la construction et aux processus de réalisation des grands projets publics, elle a rempli son mandat comme on le lui avait demandé.
Malheureusement, il ne semble pas que le message ait été compris, notamment par le chef du Parti québécois. M. Landry ne voit-il pas qu'en niant l'évidence dans ce dossier, comme dans celui du métro de Laval, il s'enfonce dans le rôle du politicien qui ne parvient pas à faire oublier son passé aux dépens de l'avenir de son parti?
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