Murdochville: Québec craint un précédent
Le gouvernement reporte d'une quinzaine sa décision sur le sort de la ville
Jeanne Corriveau
, Robert Dutrisac
29 août 2002
Craignant de créer un précédent fâcheux s'il consentait aux citoyens de Murdochville des indemnités tirées des coffres de l'État, le gouvernement a repoussé à plus tard toute décision sur le sort qui sera réservé à cette ville menacée de fermeture.
Au terme d'une longue discussion à ce sujet lors de la réunion du conseil des ministres hier, le ministre d'État à la Population, aux Régions et aux Affaires autochtones, Rémy Trudel, a indiqué qu'aucune décision n'avait été prise concernant la fermeture ou non de Murdochville, alors que lundi, le premier ministre Bernard Landry affirmait que le gouvernement trancherait cette question mercredi de cette semaine. La décision est reporté d'une quinzaine de jours, a dit le ministre.
M. Trudel a admis que le gouvernement craignait de créer un précédent qui pourrait être utilisé ailleurs au Québec: que des citoyens se prononcent par référendum en faveur de l'abolition de leur municipalité pour ensuite obtenir un dédommagement versé par l'État. «C'est à ma connaissance la première fois au Québec qu'une municipalité fait un référendum consultatif pour demander la fermeture de la ville», a dit le ministre.
Lundi, le premier ministre Bernard Landry laissait savoir que le gouvernement apportera une aide à la population touchée. Qualifiant de «fatalité classique» la fermeture d'une mine comme celle de Murdochville parce qu'elle exploitait une ressource non renouvelable, M. Landry a dit que «la population, apparemment, assume cette fatalité et on va l'aider à assumer son sort en faisant en sorte que le moins de gens possible soient pénalisés».
Le gouvernement a confié à un comité formé de six ministres le mandat d'élaborer une solution: le ministre des Affaires municipales, André Boisclair, la vice-première ministre, Pauline Marois, le président du Conseil du trésor, Joseph Facal, le ministrecedil;u «des signaux contradictoires» de la part des citoyens de Murdochville et qu'il devait trouver une solution autant pour les gens qui ont décidé de quitter la ville que pour ceux qui choisissent de rester.
Une communauté divisée
Le maire de Murdochville, qui avait enjoint les résidants à voter pour la fermeture de la ville, est déçu du délai imposé par le ministre: «Le gouvernement aurait pu prendre une décision aujourd'hui [hier] s'il avait vraiment été à l'écoute des citoyens», indique Marc Minville. Près de 65 % de la population a voté en faveur de la fermeture de la ville, rappelle-t-il. L'opinion de la majorité doit l'emporter sur celle de la minorité et le gouvernement doit absolument prendre la position de cette majorité en considération, fait-il valoir.
«J'espère que ce n'est pas simplement du temps qu' on achète pour essayer de faire oublier Murdochville et ensuite s'en laver les mains», ajoute-t-il. C'est une attente supplémentaire pour des gens d'affaires qui ne sont pas loin de la faillite et attendent des résultats et des indemnités.» Le maire est d'ailleurs disposé à rencontrer les ministres pour présenter ses arguments.
De son côté, Francine Roy, directrice de la Chambre de commerce de Murdochville, est soulagée. «Ce n'est pas une décision qui se prend à la légère», dit-elle, convaincue qu'une majorité de citoyens veut rester à Murdochville malgré le résultat du référendum de dimanche. «Il y en a qui ont des dettes et sont pris à la gorge. D'autres avaient de gros salaires et tombent à rien. Je les comprends, ils se sentent mal pris et pensent pouvoir obtenir des indemnités», explique-t-elle.
La relance de Murdochville est possible, mais il faudrait une diversification de l'économie dans des domaines qui ne sont pas liés à la fonderie, selon elle: «Ce que j'aimerais pour Murdochville, c'est que s'implantent cinq ou six entreprises dans différents domaines qui créent chacune entre 20 et 50 emplois et qui ne seraient pas reliées entre elles.» Elle précise que six entreprises auraient d'ailleurs manifesté de l'intérêt pour s'installer à Murdochville. Il faut se montrer patient, ajoute-t-elle. «Il faudrait que tout le monde relève ses manches. Ce n'est pas au gouvernement de nous sauver ni à Noranda. C'est à nous de le faire avec leur aide.»
Tout le débat autour de la fermeture de Murdochville déchire la communauté et laissera des cicatrices importantes au sein de la population. Il sera difficile de réconcilier les opposants, croit-elle.
Au terme d'une longue discussion à ce sujet lors de la réunion du conseil des ministres hier, le ministre d'État à la Population, aux Régions et aux Affaires autochtones, Rémy Trudel, a indiqué qu'aucune décision n'avait été prise concernant la fermeture ou non de Murdochville, alors que lundi, le premier ministre Bernard Landry affirmait que le gouvernement trancherait cette question mercredi de cette semaine. La décision est reporté d'une quinzaine de jours, a dit le ministre.
M. Trudel a admis que le gouvernement craignait de créer un précédent qui pourrait être utilisé ailleurs au Québec: que des citoyens se prononcent par référendum en faveur de l'abolition de leur municipalité pour ensuite obtenir un dédommagement versé par l'État. «C'est à ma connaissance la première fois au Québec qu'une municipalité fait un référendum consultatif pour demander la fermeture de la ville», a dit le ministre.
Lundi, le premier ministre Bernard Landry laissait savoir que le gouvernement apportera une aide à la population touchée. Qualifiant de «fatalité classique» la fermeture d'une mine comme celle de Murdochville parce qu'elle exploitait une ressource non renouvelable, M. Landry a dit que «la population, apparemment, assume cette fatalité et on va l'aider à assumer son sort en faisant en sorte que le moins de gens possible soient pénalisés».
Le gouvernement a confié à un comité formé de six ministres le mandat d'élaborer une solution: le ministre des Affaires municipales, André Boisclair, la vice-première ministre, Pauline Marois, le président du Conseil du trésor, Joseph Facal, le ministrecedil;u «des signaux contradictoires» de la part des citoyens de Murdochville et qu'il devait trouver une solution autant pour les gens qui ont décidé de quitter la ville que pour ceux qui choisissent de rester.
Une communauté divisée
Le maire de Murdochville, qui avait enjoint les résidants à voter pour la fermeture de la ville, est déçu du délai imposé par le ministre: «Le gouvernement aurait pu prendre une décision aujourd'hui [hier] s'il avait vraiment été à l'écoute des citoyens», indique Marc Minville. Près de 65 % de la population a voté en faveur de la fermeture de la ville, rappelle-t-il. L'opinion de la majorité doit l'emporter sur celle de la minorité et le gouvernement doit absolument prendre la position de cette majorité en considération, fait-il valoir.
«J'espère que ce n'est pas simplement du temps qu' on achète pour essayer de faire oublier Murdochville et ensuite s'en laver les mains», ajoute-t-il. C'est une attente supplémentaire pour des gens d'affaires qui ne sont pas loin de la faillite et attendent des résultats et des indemnités.» Le maire est d'ailleurs disposé à rencontrer les ministres pour présenter ses arguments.
De son côté, Francine Roy, directrice de la Chambre de commerce de Murdochville, est soulagée. «Ce n'est pas une décision qui se prend à la légère», dit-elle, convaincue qu'une majorité de citoyens veut rester à Murdochville malgré le résultat du référendum de dimanche. «Il y en a qui ont des dettes et sont pris à la gorge. D'autres avaient de gros salaires et tombent à rien. Je les comprends, ils se sentent mal pris et pensent pouvoir obtenir des indemnités», explique-t-elle.
La relance de Murdochville est possible, mais il faudrait une diversification de l'économie dans des domaines qui ne sont pas liés à la fonderie, selon elle: «Ce que j'aimerais pour Murdochville, c'est que s'implantent cinq ou six entreprises dans différents domaines qui créent chacune entre 20 et 50 emplois et qui ne seraient pas reliées entre elles.» Elle précise que six entreprises auraient d'ailleurs manifesté de l'intérêt pour s'installer à Murdochville. Il faut se montrer patient, ajoute-t-elle. «Il faudrait que tout le monde relève ses manches. Ce n'est pas au gouvernement de nous sauver ni à Noranda. C'est à nous de le faire avec leur aide.»
Tout le débat autour de la fermeture de Murdochville déchire la communauté et laissera des cicatrices importantes au sein de la population. Il sera difficile de réconcilier les opposants, croit-elle.
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