Lettres: Le serment du test
Claude G. Charron - Lachine, le 3 mai 2005
5 mai 2005
La déclaration du juge en chef et ancien président du PLC selon laquelle les souverainistes québécois ne devraient pas pouvoir accéder à la magistrature nous ramène près de deux siècles et demi en arrière alors que, après la «Conquête», les nouveaux sujets de sa très chrétienne majesté britannique ne pouvaient accéder à une fonction publique sans d'abord prêter le serment du test. Cette obligation a eu cours de la Proclamation royale du 10 octobre 1763 à l'acte de Québec du 22 juin 1774.
Donc, pas d'occupation d'un simple poste de crieur public sans d'abord répéter à haute voix devant un haut gradé militaire: «Je, A. B., déclare que je crois qu'il n'y a dans le sacrement de la Sainte Cène de notre Seigneur Jésus-Christ aucune transsubstantiation des éléments de pain et de vin, ni dans le moment de leur consécration, ni après leur consécration, par quelque personne que ce soit [...]. Ainsi, que Dieu me soit en aide.»
En 1774, la frousse qu'a eue George III de voir les Canadiens pencher du côté de ses sujets insurgés dans les 13 colonies a fait en sorte que notre bon roi a changé son fusil d'épaule: plus de serment du test mais un serment d'allégeance.
Un serment d'allégeance au roi George VI que j'ai dû prononcer en 1956 devant un vieux colonel à la retraite pour pouvoir occuper un simple poste de technicien à la Société Radio-Canada.
Pour se protéger des méfaits du nationalisme québécois, sauf pour les juges, les politiciens et quelques hauts fonctionnaires, le Canada d'aujourd'hui n'a plus besoin ni de serment du test ni de serment d'allégeance. Il suffit de garder bien à l'oeil les séparatistes. Et de les garder au plus bas de l'échelle sociale. Parlez-en à Michel Robert. [...]
***
Rectificatif du 9 mai 2005
Dans la lettre précédente, Claude G. Charron indiquait avoir dû prononcer un serment d’allégeance au roi George VI en 1956. Il y a là une double erreur, que M. Charron lui-même nous a signalée: l’anecdote dont il est question remonte à 1953, et Élisabeth II était alors reine d’Angleterre à la suite du décès de George VI, son père, en 1952.
Donc, pas d'occupation d'un simple poste de crieur public sans d'abord répéter à haute voix devant un haut gradé militaire: «Je, A. B., déclare que je crois qu'il n'y a dans le sacrement de la Sainte Cène de notre Seigneur Jésus-Christ aucune transsubstantiation des éléments de pain et de vin, ni dans le moment de leur consécration, ni après leur consécration, par quelque personne que ce soit [...]. Ainsi, que Dieu me soit en aide.»
En 1774, la frousse qu'a eue George III de voir les Canadiens pencher du côté de ses sujets insurgés dans les 13 colonies a fait en sorte que notre bon roi a changé son fusil d'épaule: plus de serment du test mais un serment d'allégeance.
Un serment d'allégeance au roi George VI que j'ai dû prononcer en 1956 devant un vieux colonel à la retraite pour pouvoir occuper un simple poste de technicien à la Société Radio-Canada.
Pour se protéger des méfaits du nationalisme québécois, sauf pour les juges, les politiciens et quelques hauts fonctionnaires, le Canada d'aujourd'hui n'a plus besoin ni de serment du test ni de serment d'allégeance. Il suffit de garder bien à l'oeil les séparatistes. Et de les garder au plus bas de l'échelle sociale. Parlez-en à Michel Robert. [...]
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Rectificatif du 9 mai 2005
Dans la lettre précédente, Claude G. Charron indiquait avoir dû prononcer un serment d’allégeance au roi George VI en 1956. Il y a là une double erreur, que M. Charron lui-même nous a signalée: l’anecdote dont il est question remonte à 1953, et Élisabeth II était alors reine d’Angleterre à la suite du décès de George VI, son père, en 1952.
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