Grève à l'OSM
Ça y est, c'est parti. Les musiciens de l'Orchestre symphonique de Montréal seront en grève illimitée à compter de lundi prochain.
La décision a été prise hier en fin d'après-midi par le comité de négociation de l'Association des musiciens. Il avait en main, depuis septembre 2004, un mandat autorisant le déclenchement de la mesure radicale.
Par contre, les concerts de cette semaine sont maintenus. L'OSM jouait Carmina Burana hier soir et l'offre de nouveau aujourd'hui.
La décision de débrayer se produit après un an et demi de négociations tendues avec la direction de l'orchestre et l'intervention visiblement infructueuse d'un médiateur depuis quelques semaines. Les dernières séances ont eu lieu avant-hier et hier. Devant l'impasse, les cinq mandataires des 92 musiciens ont décidé à l'unanimité de déclencher la grève.
Les pourparlers achoppent sur des questions de fond, aussi bien normatives que financières. Les musiciens de l'OSM se plaignent de figurer parmi les moins bien payés des grands orchestres du continent. La direction réplique qu'elle a besoin de souplesse pour reprendre les enregistrements, faciliter les tournées et offrir de meilleurs services à sa clientèle locale.
«Nous prenons une décision difficile après 18 mois de négociation très compliquée», dit Marc Béliveau, président de l'Association des musiciens de l'OSM, qui devait rencontrer ses collègues après le concert d'hier pour leur exposer la situation. «Nous avons tout tenté pour obtenir un règlement. Nous avons déjà en main une des conventions les plus flexibles en Amérique du Nord, mais la direction veut nous imposer des concessions inacceptables qui mettraient en danger notre santé et notre sécurité.»
La partie patronale demanderait par exemple la possibilité d'organiser des répétitions pendant sept jours consécutifs. Elle souhaiterait aussi que les artistes renoncent à une journée de repos hebdomadaire lors des tournées à l'étranger.
Sur le plan financier, M. Béliveau qualifie les offres d'«insultantes». La direction offre une prolongation du gel salarial établi en 2002-03 pour encore deux ans, «créant une huitième et une neuvième année sans augmentation salariale», observe le président. L'entente rejetée propose ensuite une hausse des cachets annuels de 0,9 %, jusqu'en 2009. Le salaire moyen d'un membre de l'OSM — un peu plus de 60 000 $ par année — serait alors inférieur de 20 % à ce que gagne déjà depuis septembre 2002 un collègue de l'Orchestre du Centre national des arts, à Ottawa.
La direction regrette aussi le déclenchement des hostilités. «Mais la grève ne changera pas les enjeux de la négociation, avertit Marie-Josée Desrochers, directrice des communications de l'orchestre. Il faut actualiser notre mode d'exploitation. Il faut plus de souplesse dans nos services. Il faut que les enregistrements et les tournées reprennent dans des conditions optimales.»
Mme Desrochers ajoute que l'OSM doit composer avec un déficit accumulé de 3,4 millions. La proportion de la masse salariale des musiciens dans son budget annuel atteint déjà plus de 45 %, soit environ 8 % de plus que ce qui est observé en moyenne en Amérique du Nord.
Le syndicat affirme que la direction a déposé une centaine de demandes au début des négociations. Une quarantaine d'entre elles auraient été retirées en cours de travail et autant acceptées par les musiciens, mais «sur des points de détail, essentiellement», poursuit la direction.
Rappelons que l'OSM vient d'embaucher l'Américain Kent Nagano comme nouveau directeur artistique. Il remplace Charles Dutoit, qui a démissionné il y a plus de deux ans à cause de tensions importantes avec les musiciens. M. Béliveau espère que le conflit de travail n'affectera pas «les relations professionnelles et musicales» avec le nouveau chef.
La dernière grève des musiciens de l'OSM remonte à l'automne 1998. Elle avait duré trois semaines.
La décision a été prise hier en fin d'après-midi par le comité de négociation de l'Association des musiciens. Il avait en main, depuis septembre 2004, un mandat autorisant le déclenchement de la mesure radicale.
Par contre, les concerts de cette semaine sont maintenus. L'OSM jouait Carmina Burana hier soir et l'offre de nouveau aujourd'hui.
La décision de débrayer se produit après un an et demi de négociations tendues avec la direction de l'orchestre et l'intervention visiblement infructueuse d'un médiateur depuis quelques semaines. Les dernières séances ont eu lieu avant-hier et hier. Devant l'impasse, les cinq mandataires des 92 musiciens ont décidé à l'unanimité de déclencher la grève.
Les pourparlers achoppent sur des questions de fond, aussi bien normatives que financières. Les musiciens de l'OSM se plaignent de figurer parmi les moins bien payés des grands orchestres du continent. La direction réplique qu'elle a besoin de souplesse pour reprendre les enregistrements, faciliter les tournées et offrir de meilleurs services à sa clientèle locale.
«Nous prenons une décision difficile après 18 mois de négociation très compliquée», dit Marc Béliveau, président de l'Association des musiciens de l'OSM, qui devait rencontrer ses collègues après le concert d'hier pour leur exposer la situation. «Nous avons tout tenté pour obtenir un règlement. Nous avons déjà en main une des conventions les plus flexibles en Amérique du Nord, mais la direction veut nous imposer des concessions inacceptables qui mettraient en danger notre santé et notre sécurité.»
La partie patronale demanderait par exemple la possibilité d'organiser des répétitions pendant sept jours consécutifs. Elle souhaiterait aussi que les artistes renoncent à une journée de repos hebdomadaire lors des tournées à l'étranger.
Sur le plan financier, M. Béliveau qualifie les offres d'«insultantes». La direction offre une prolongation du gel salarial établi en 2002-03 pour encore deux ans, «créant une huitième et une neuvième année sans augmentation salariale», observe le président. L'entente rejetée propose ensuite une hausse des cachets annuels de 0,9 %, jusqu'en 2009. Le salaire moyen d'un membre de l'OSM — un peu plus de 60 000 $ par année — serait alors inférieur de 20 % à ce que gagne déjà depuis septembre 2002 un collègue de l'Orchestre du Centre national des arts, à Ottawa.
La direction regrette aussi le déclenchement des hostilités. «Mais la grève ne changera pas les enjeux de la négociation, avertit Marie-Josée Desrochers, directrice des communications de l'orchestre. Il faut actualiser notre mode d'exploitation. Il faut plus de souplesse dans nos services. Il faut que les enregistrements et les tournées reprennent dans des conditions optimales.»
Mme Desrochers ajoute que l'OSM doit composer avec un déficit accumulé de 3,4 millions. La proportion de la masse salariale des musiciens dans son budget annuel atteint déjà plus de 45 %, soit environ 8 % de plus que ce qui est observé en moyenne en Amérique du Nord.
Le syndicat affirme que la direction a déposé une centaine de demandes au début des négociations. Une quarantaine d'entre elles auraient été retirées en cours de travail et autant acceptées par les musiciens, mais «sur des points de détail, essentiellement», poursuit la direction.
Rappelons que l'OSM vient d'embaucher l'Américain Kent Nagano comme nouveau directeur artistique. Il remplace Charles Dutoit, qui a démissionné il y a plus de deux ans à cause de tensions importantes avec les musiciens. M. Béliveau espère que le conflit de travail n'affectera pas «les relations professionnelles et musicales» avec le nouveau chef.
La dernière grève des musiciens de l'OSM remonte à l'automne 1998. Elle avait duré trois semaines.
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