Lettres: Le déshonneur du Québec
Pascal Lang - Québec, le 1er mai 2005
4 mai 2005
Les propos de Francine Allard dans Le Devoir du 28 avril dernier appellent une réponse. Invoquer les traits raciaux de minorités dites visibles pour rejeter sur elles le fardeau de son amertume est une pratique qui ne date pas d'hier. L'insinuation et l'amalgame sont peut-être des procédés admissibles dans une certaine littérature, mais elles ne le sont pas dans les véritables débats de société.
Depuis longtemps, le Québec est confronté à un choix fondamental, existentiel mais de plus en plus urgent: ouverture ou repli. Un déficit démographique insoutenable et l'intérêt, vital pour le Québec, de relations internationales vigoureuses et diversifiées militent pour la première option. Tout projet de développement du Québec comme société, quelles qu'en soient les modalités formelles, commence par l'autonomie, la capacité à se prendre en charge.
Une politique réfléchie mais volontaire d'immigration, d'accueil, d'intégration (dans les deux sens) en serait partie intégrante. La comparaison des préférences pour le maroquin ou la poutine n'y aurait pas place. La seconde option revient à «prendre les désordres de son coeur pour l'ordre du monde». Si c'est celle de Mme Allard, je lui souhaite beaucoup de plaisir dans la future réserve autochtone qu'elle aura, plus que n'importe quelle province anglophone, contribué à édifier.
De nombreux immigrants, dont je suis, restent dans une expectative plus ou moins distante mais certainement pas indifférente vis-à-vis de l'orientation que prendra le Québec. Si j'étais plus «bronzé», je n'aurais probablement pas pris le risque d'écrire cette réponse. Les propos de Mme Allard, autant que ceux de son saint patron, ont desservi la cause du Québec et le déshonorent.
Depuis longtemps, le Québec est confronté à un choix fondamental, existentiel mais de plus en plus urgent: ouverture ou repli. Un déficit démographique insoutenable et l'intérêt, vital pour le Québec, de relations internationales vigoureuses et diversifiées militent pour la première option. Tout projet de développement du Québec comme société, quelles qu'en soient les modalités formelles, commence par l'autonomie, la capacité à se prendre en charge.
Une politique réfléchie mais volontaire d'immigration, d'accueil, d'intégration (dans les deux sens) en serait partie intégrante. La comparaison des préférences pour le maroquin ou la poutine n'y aurait pas place. La seconde option revient à «prendre les désordres de son coeur pour l'ordre du monde». Si c'est celle de Mme Allard, je lui souhaite beaucoup de plaisir dans la future réserve autochtone qu'elle aura, plus que n'importe quelle province anglophone, contribué à édifier.
De nombreux immigrants, dont je suis, restent dans une expectative plus ou moins distante mais certainement pas indifférente vis-à-vis de l'orientation que prendra le Québec. Si j'étais plus «bronzé», je n'aurais probablement pas pris le risque d'écrire cette réponse. Les propos de Mme Allard, autant que ceux de son saint patron, ont desservi la cause du Québec et le déshonorent.
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