Lettres: Armés jusqu'aux dents
Fanie Genest - Montréal, le 2 mai 2005
4 mai 2005
Le ciel s'était adouci et égayé dimanche au-dessus d'une foule de près de 10 000 manifestants qui déambulaient joyeusement dans les rues du centre-ville de Montréal pour souligner la journée-fête des travailleurs.
Poussettes et banderoles colorées, chants, dandinements et sourires composaient cette masse populaire vivante. Nos pas étaient légers. Devant moi marchait un groupe d'origine latino-américaine. Il chantait de bon coeur des revendications politiques: une Amérique latine libre du pouvoir oppressant des mesures néolibérales. Les enfants gambadaient, les adultes aussi. À mes yeux, rien n'était menaçant.[...]
Rien! Enfin, presque. Aux abords de la marche s'est soudainement manifestée une armée policière à l'équipement guerrier: boucliers, matraques, fusils à gaz lacrymogène, un attirail très intimidant même pour le plus flegmatique d'entre nous. Un policier antiémeute a alors sorti l'énorme engin accroché à sa ceinture pour nous avertir qu'il s'agissait bel et bien d'une arme servant à propulser du poivre de Cayenne. Pincez-moi! Était-ce un film? Voulait-il nous avertir qu'il s'agissait effectivement des mesures prises par la Ville pour nous intimider, nous dissuader de nous exprimer publiquement?
En tout cas, la violence de leur expression était ostensiblement frappante. Un attirail à faire pleurer des enfants. Était-ce nécessaire? Eux, armés jusqu'aux dents, campés devant nous: foulards, poussettes et manteaux légers? Dites-moi, cher gouvernement, au lieu de jouer aux hommes forts, pourquoi ne nous informeriez-vous pas de ce que vous portez comme intentions derrière de tels gestes?
Poussettes et banderoles colorées, chants, dandinements et sourires composaient cette masse populaire vivante. Nos pas étaient légers. Devant moi marchait un groupe d'origine latino-américaine. Il chantait de bon coeur des revendications politiques: une Amérique latine libre du pouvoir oppressant des mesures néolibérales. Les enfants gambadaient, les adultes aussi. À mes yeux, rien n'était menaçant.[...]
Rien! Enfin, presque. Aux abords de la marche s'est soudainement manifestée une armée policière à l'équipement guerrier: boucliers, matraques, fusils à gaz lacrymogène, un attirail très intimidant même pour le plus flegmatique d'entre nous. Un policier antiémeute a alors sorti l'énorme engin accroché à sa ceinture pour nous avertir qu'il s'agissait bel et bien d'une arme servant à propulser du poivre de Cayenne. Pincez-moi! Était-ce un film? Voulait-il nous avertir qu'il s'agissait effectivement des mesures prises par la Ville pour nous intimider, nous dissuader de nous exprimer publiquement?
En tout cas, la violence de leur expression était ostensiblement frappante. Un attirail à faire pleurer des enfants. Était-ce nécessaire? Eux, armés jusqu'aux dents, campés devant nous: foulards, poussettes et manteaux légers? Dites-moi, cher gouvernement, au lieu de jouer aux hommes forts, pourquoi ne nous informeriez-vous pas de ce que vous portez comme intentions derrière de tels gestes?
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

