Harper est prêt à des élections en juillet
Ottawa — Les conservateurs sont prêts, s’il le faut, à se lancer en élections en juillet. Si les libéraux continuent de tout faire pour empêcher la tenue d’un vote de confiance aux Communes avant le 20 mai, pensant que cela freinera l’ardeur conservatrice, ils se trompent, a averti hier soir le chef conservateur Stephen Harper.
Si aucun vote de confiance n’a lieu assez tôt pour permettre un scrutin en juin, ce sera parce que le gouvernement en aura décidé ainsi et se sera livré à des manoeuvres procédurales pour éviter le jugement du Parlement, a expliqué M. Harper à l’issue d’une réunion spéciale de son caucus qui a duré environ deux heures. Les députés conservateurs, eux, sont prêts à tenir un vote de confiance tout de suite, a répété leur chef.
«Il est apparent que le gouvernement n’a pas l’appui de la majorité des Communes. Il devrait faire face à cette réalité dès que possible pour que la Chambre puisse s’exprimer. [...] Agir autrement mènerait, selon toute probabilité, au report inutile des élections dans le courant de l’été», a déclaré M. Harper.
Les dernières élections fédérales à avoir eu lieu en juillet remontent à 1974 et Pierre Elliott Trudeau venait de passer deux ans à la tête d’un gouvernement minoritaire soutenu par le NPD. Comme une campagne doit maintenant durer au moins 35 jours, sans compter le jour du scrutin, le gouvernement Martin doit être défait au plus tard le 19 mai pour que les élections aient lieu le 27 juin. M. Harper a reconnu sans hésiter que la période estivale était la pire période pour tenir une campagne électorale. «Mais nous avons la responsabilité de décider si nous pouvons ou non appuyer le gouvernement, a-t-il poursuivi. Franchement, le gouvernement ne nous a offert aucune raison de l’appuyer. Il a signé une entente [avec le NPD] avec laquelle ils savaient nous ne pouvions vivre. Ils doivent en assumer les conséquences. S’ils retardent le vote, ils choisissent le moment des élections, pas nous.»
Le but de la rencontre d’hier soir était de tâter le pouls des députés après une semaine de relâche parlementaire. Selon M. Harper, tous sont revenus convaincus qu’ils ne pouvaient accorder leur confiance au gouvernement Martin. Mais si tous les députés conservateurs qui acceptaient de parler à la presse en après-midi paraissaient impatients d’en découdre avec les libéraux, certains, dont l’Ontarien Larry Miller, avaient déjà manifesté leur hésitation face à un scrutin rapide. Hier soir, M. Miller s’est contenté de dire, sans grande conviction, qu’il se rangeait derrière son chef.
M. Harper a admis que son parti n’était plus assuré de pouvoir forcer la tenue d’un vote de confiance d’ici le 19 mai. Les conservateurs ont en effet perdu du terrain hier dans la guerre de procédures qui les oppose aux libéraux. Avec l’aide du NPD, les libéraux ont réussi à tuer hier une motion de défiance qui était à l’étude au comité des comptes publics. Aux Communes, ils ont joué de finesse — avec succès — pour empêcher hier un débat sur un rapport de comité qui aurait forcé la tenue d’une journée d’opposition d’ici le 19 mai et, par ricochet, la tenue d’un vote de censure.
La contre-offensive la plus sérieuse des libéraux visait un amendement à une motion présentée par le chef conservateur il y a une semaine. Pour des raisons de règlement, cet amendement doit obligatoirement faire l’objet d’un débat d’ici la fin de la semaine prochaine et d’un vote, au plus tard le 18 mai. Les libéraux ont contesté la recevabilité de la motion, déclenchant un débat tatillon que le président de la Chambre doit maintenant trancher. Si ce dernier donne raison aux libéraux, il fera dérailler le dernier train conservateur. Le PC sera alors à la merci du gouvernement qui décidera du moment du premier vote sur le budget ou de la tenue de la prochaine journée d’opposition.
M. Harper a qualifié l’attitude des libéraux d’«inconstitutionnelle» et soutenu que M. Martin jouait «un jeu ridicule». Selon le chef conservateur, la démocratie parlementaire suppose que le gouvernement peut en tout temps compter sur la confiance du Parlement.
Le chef conservateur n’a toutefois pas attendu pour poursuivre ses préparatifs électoraux. Il a présenté hier un de ses futurs candidats vedettes en Ontario, le réputé journaliste Peter Trent, du réseau de télévision Global. M. Harper a dit en soirée que ses actions n’étaient pas dictées par les sondages, qui montrent que son parti a fléchi, mais il s’est référé aux sondages montrant la perte de confiance des Canadiens pour justifier sa décision de défaire le gouvernement.
Le gouvernement libéral, lui, était visiblement ravi de revenir aux Communes avec en main l’entente sur le budget conclue avec le NPD. Mais le chef néo-démocrate Jack Layton a averti le premier ministre hier de la nécessité de livrer la marchandise rapidement s’il veut préserver ses acquis.
«Si les libéraux ne respectent pas leur promesse, ça fera une différence quand viendra une motion de non confiance», a dit le chef néo-démocrate en matinée. Il veut du mouvement rapidement. «Une partie de l’accord que j’ai eu avec le premier ministre est que ceci doit avancer de façon expéditive.» S’attend-il à ce que le processus soit enclenché avant le 18 mai? «Oh, j’imagine que oui», de répondre M. Layton sans hésitation.
Aux Communes, les conservateurs s’en sont pris sans relâche à cette entente. Cet accord prévoit des nouvelles dépenses de 4,6 milliards sur deux ans pour l’environnement, le logement abordable, l’éducation post-secondaire, l’aide internationale et la formation.
Avec cette entente, les libéraux ont pu reprendre à leur compte les arguments du NPD et dire qu’ils se préoccupent avant tout du sort des citoyens. Le premier ministre Paul Martin ne s’en est pas privé hier. L’accord lui permet aussi de détourner l’attention du scandale des commandites et cela était particulièrement évident hier en écoutant les questions conservatrices.
Le projet de loi budgétaire C-43 ne figurait pas à l’ordre du jour des travaux hier, ce dont M. Layton ne s’est pas formalisé puisque les leaders parlementaires des deux partis mettaient la touche finale à l’entente. Un travail que la néo-démocrate Libby Davies espérait avoir complété hier soir. Une fois cela fait, il restera à négocier la meilleure façon de procéder pour faire adopter le budget rapidement.
Le gouvernement peut retirer le projet de loi initial et présenter un nouveau projet. Il peut aussi amender le projet de loi existant. Mais pour des raisons de procédures, le C-43 ne peut être amendé avant d’atterrir en comité. Or, pour en arriver là, le projet de loi original doit être voté en deuxième lecture, ce qui forcerait le NPD à voter pour le budget qu’il a dénoncé dans l’espoir de le voir modifier à l’étape suivante. S’agirait-il d’un acte de foi? «On peut le faire, ce n’est pas difficile. Pourquoi pas? On doit procéder de bonne foi», a répondu M. Layton en matinée.
Au Parlement, hier, l’atmosphère était moins survoltée qu’il y a deux semaines. Visiblement dans l’expectative, les députés font penser à des passagers en attente d’un train qui tarde, surtout que tout le monde sait qu’il n’y a à peu près aucun risque que le gouvernement soit défait dès cette semaine.
Si aucun vote de confiance n’a lieu assez tôt pour permettre un scrutin en juin, ce sera parce que le gouvernement en aura décidé ainsi et se sera livré à des manoeuvres procédurales pour éviter le jugement du Parlement, a expliqué M. Harper à l’issue d’une réunion spéciale de son caucus qui a duré environ deux heures. Les députés conservateurs, eux, sont prêts à tenir un vote de confiance tout de suite, a répété leur chef.
«Il est apparent que le gouvernement n’a pas l’appui de la majorité des Communes. Il devrait faire face à cette réalité dès que possible pour que la Chambre puisse s’exprimer. [...] Agir autrement mènerait, selon toute probabilité, au report inutile des élections dans le courant de l’été», a déclaré M. Harper.
Les dernières élections fédérales à avoir eu lieu en juillet remontent à 1974 et Pierre Elliott Trudeau venait de passer deux ans à la tête d’un gouvernement minoritaire soutenu par le NPD. Comme une campagne doit maintenant durer au moins 35 jours, sans compter le jour du scrutin, le gouvernement Martin doit être défait au plus tard le 19 mai pour que les élections aient lieu le 27 juin. M. Harper a reconnu sans hésiter que la période estivale était la pire période pour tenir une campagne électorale. «Mais nous avons la responsabilité de décider si nous pouvons ou non appuyer le gouvernement, a-t-il poursuivi. Franchement, le gouvernement ne nous a offert aucune raison de l’appuyer. Il a signé une entente [avec le NPD] avec laquelle ils savaient nous ne pouvions vivre. Ils doivent en assumer les conséquences. S’ils retardent le vote, ils choisissent le moment des élections, pas nous.»
Le but de la rencontre d’hier soir était de tâter le pouls des députés après une semaine de relâche parlementaire. Selon M. Harper, tous sont revenus convaincus qu’ils ne pouvaient accorder leur confiance au gouvernement Martin. Mais si tous les députés conservateurs qui acceptaient de parler à la presse en après-midi paraissaient impatients d’en découdre avec les libéraux, certains, dont l’Ontarien Larry Miller, avaient déjà manifesté leur hésitation face à un scrutin rapide. Hier soir, M. Miller s’est contenté de dire, sans grande conviction, qu’il se rangeait derrière son chef.
M. Harper a admis que son parti n’était plus assuré de pouvoir forcer la tenue d’un vote de confiance d’ici le 19 mai. Les conservateurs ont en effet perdu du terrain hier dans la guerre de procédures qui les oppose aux libéraux. Avec l’aide du NPD, les libéraux ont réussi à tuer hier une motion de défiance qui était à l’étude au comité des comptes publics. Aux Communes, ils ont joué de finesse — avec succès — pour empêcher hier un débat sur un rapport de comité qui aurait forcé la tenue d’une journée d’opposition d’ici le 19 mai et, par ricochet, la tenue d’un vote de censure.
La contre-offensive la plus sérieuse des libéraux visait un amendement à une motion présentée par le chef conservateur il y a une semaine. Pour des raisons de règlement, cet amendement doit obligatoirement faire l’objet d’un débat d’ici la fin de la semaine prochaine et d’un vote, au plus tard le 18 mai. Les libéraux ont contesté la recevabilité de la motion, déclenchant un débat tatillon que le président de la Chambre doit maintenant trancher. Si ce dernier donne raison aux libéraux, il fera dérailler le dernier train conservateur. Le PC sera alors à la merci du gouvernement qui décidera du moment du premier vote sur le budget ou de la tenue de la prochaine journée d’opposition.
M. Harper a qualifié l’attitude des libéraux d’«inconstitutionnelle» et soutenu que M. Martin jouait «un jeu ridicule». Selon le chef conservateur, la démocratie parlementaire suppose que le gouvernement peut en tout temps compter sur la confiance du Parlement.
Le chef conservateur n’a toutefois pas attendu pour poursuivre ses préparatifs électoraux. Il a présenté hier un de ses futurs candidats vedettes en Ontario, le réputé journaliste Peter Trent, du réseau de télévision Global. M. Harper a dit en soirée que ses actions n’étaient pas dictées par les sondages, qui montrent que son parti a fléchi, mais il s’est référé aux sondages montrant la perte de confiance des Canadiens pour justifier sa décision de défaire le gouvernement.
Le gouvernement libéral, lui, était visiblement ravi de revenir aux Communes avec en main l’entente sur le budget conclue avec le NPD. Mais le chef néo-démocrate Jack Layton a averti le premier ministre hier de la nécessité de livrer la marchandise rapidement s’il veut préserver ses acquis.
«Si les libéraux ne respectent pas leur promesse, ça fera une différence quand viendra une motion de non confiance», a dit le chef néo-démocrate en matinée. Il veut du mouvement rapidement. «Une partie de l’accord que j’ai eu avec le premier ministre est que ceci doit avancer de façon expéditive.» S’attend-il à ce que le processus soit enclenché avant le 18 mai? «Oh, j’imagine que oui», de répondre M. Layton sans hésitation.
Aux Communes, les conservateurs s’en sont pris sans relâche à cette entente. Cet accord prévoit des nouvelles dépenses de 4,6 milliards sur deux ans pour l’environnement, le logement abordable, l’éducation post-secondaire, l’aide internationale et la formation.
Avec cette entente, les libéraux ont pu reprendre à leur compte les arguments du NPD et dire qu’ils se préoccupent avant tout du sort des citoyens. Le premier ministre Paul Martin ne s’en est pas privé hier. L’accord lui permet aussi de détourner l’attention du scandale des commandites et cela était particulièrement évident hier en écoutant les questions conservatrices.
Le projet de loi budgétaire C-43 ne figurait pas à l’ordre du jour des travaux hier, ce dont M. Layton ne s’est pas formalisé puisque les leaders parlementaires des deux partis mettaient la touche finale à l’entente. Un travail que la néo-démocrate Libby Davies espérait avoir complété hier soir. Une fois cela fait, il restera à négocier la meilleure façon de procéder pour faire adopter le budget rapidement.
Le gouvernement peut retirer le projet de loi initial et présenter un nouveau projet. Il peut aussi amender le projet de loi existant. Mais pour des raisons de procédures, le C-43 ne peut être amendé avant d’atterrir en comité. Or, pour en arriver là, le projet de loi original doit être voté en deuxième lecture, ce qui forcerait le NPD à voter pour le budget qu’il a dénoncé dans l’espoir de le voir modifier à l’étape suivante. S’agirait-il d’un acte de foi? «On peut le faire, ce n’est pas difficile. Pourquoi pas? On doit procéder de bonne foi», a répondu M. Layton en matinée.
Au Parlement, hier, l’atmosphère était moins survoltée qu’il y a deux semaines. Visiblement dans l’expectative, les députés font penser à des passagers en attente d’un train qui tarde, surtout que tout le monde sait qu’il n’y a à peu près aucun risque que le gouvernement soit défait dès cette semaine.
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