Lettres: Mode de scrutin
Raphaël Desroches - Étudiant, avril 2005
29 avril 2005
À la suite de la lecture des différents plaidoyers en faveur ou en défaveur de la réforme du mode de scrutin, je remarque surtout un détail: l'argument en faveur du statu quo, selon lequel la proportionnelle ne permettrait pas l'alternance des partis au pouvoir.
Agiter cet épouvantail, c'est se cantonner dans une vision du gouvernement tel qu'on le connaît aujourd'hui. Si le mode britannique permet à un parti d'avoir une majorité de sièges et de pouvoir bâillonner l'opposition, il n'en serait pas de même avec un système de représentation proportionnelle. Regardez ce qui se passe en ce moment à Ottawa. Le Parti libéral est au pouvoir mais doit à chaque instant négocier avec les autres partis. Le PLC détient un pouvoir symbolique, mais l'opposition a le vrai pouvoir. Évidemment, M. Martin, qui ne sait pas nager dans une telle situation, coulera bientôt, mais c'est par manque d'expérience.
Le gouvernement est moins fort? C'est simplement dû au fait que les partis n'ont pas l'habitude de la coalition, n'ont pas le réflexe de négocier. Surtout pas le PLC, qui règne depuis plus de dix ans. Mais un mode de scrutin qui aboutirait chaque fois à un gouvernement de coalition forcerait les députés à développer cet esprit de discussion alors que le gouvernement, peu importe le parti au pouvoir, devrait faire des compromis afin de rallier une véritable majorité au Parlement. Une vraie majorité, n'est-ce pas là un gouvernement fort?
Les cinq tenants du statu quo croient-ils vraiment qu'un gouvernement fort doive être une dictature de quatre ans, scrutin après scrutin? N'est-ce pas précisément cette tendance à la «dictature» qui fait en sorte que la population se désintéresse de la politique?
J'invite le quintette réactionnaire à émigrer. La Corée du Nord me semble tout à fait indiquée pour eux. En matière de gouvernements forts, ils seront servis.
Agiter cet épouvantail, c'est se cantonner dans une vision du gouvernement tel qu'on le connaît aujourd'hui. Si le mode britannique permet à un parti d'avoir une majorité de sièges et de pouvoir bâillonner l'opposition, il n'en serait pas de même avec un système de représentation proportionnelle. Regardez ce qui se passe en ce moment à Ottawa. Le Parti libéral est au pouvoir mais doit à chaque instant négocier avec les autres partis. Le PLC détient un pouvoir symbolique, mais l'opposition a le vrai pouvoir. Évidemment, M. Martin, qui ne sait pas nager dans une telle situation, coulera bientôt, mais c'est par manque d'expérience.
Le gouvernement est moins fort? C'est simplement dû au fait que les partis n'ont pas l'habitude de la coalition, n'ont pas le réflexe de négocier. Surtout pas le PLC, qui règne depuis plus de dix ans. Mais un mode de scrutin qui aboutirait chaque fois à un gouvernement de coalition forcerait les députés à développer cet esprit de discussion alors que le gouvernement, peu importe le parti au pouvoir, devrait faire des compromis afin de rallier une véritable majorité au Parlement. Une vraie majorité, n'est-ce pas là un gouvernement fort?
Les cinq tenants du statu quo croient-ils vraiment qu'un gouvernement fort doive être une dictature de quatre ans, scrutin après scrutin? N'est-ce pas précisément cette tendance à la «dictature» qui fait en sorte que la population se désintéresse de la politique?
J'invite le quintette réactionnaire à émigrer. La Corée du Nord me semble tout à fait indiquée pour eux. En matière de gouvernements forts, ils seront servis.
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