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Lettres: À propos de Pierre Péladeau

Érik Péladeau - Au nom de sa famille, Montréal, le 19 avril 2005  20 avril 2005 
Lettre adressée à Robert Rabinovitch, président-directeur général de Radio-Canada

Dans le cadre de l'émission Tout le monde en parle, diffusée le 17 avril 2005 sur les ondes de Radio-Canada, l'ancien premier ministre du Québec, M. Bernard Landry, voulant démontrer l'évolution du peuple québécois, a cité en exemple les nombreuses réalisations de feu Pierre Péladeau en disant: «Pierre Péladeau, qui a fondé Quebecor, aujourd'hui le plus grand imprimeur de la planète, s'est cassé la gueule comme il faut au départ et a recommencé et puis a monté cet empire extraordinaire». Votre animateur lui a rétorqué: «en cassant la gueule aux autres». Ces propos sont irrespectueux et erronés et, comme Pierre Péladeau n'est plus là pour se défendre, il nous revient à nous, ses enfants, de rétablir les faits.

Alors qu'au milieu du siècle dernier les francophones du Québec étaient pour l'essentiel absents des centres de décision économiques, il a été un des premiers, avec les J. Armand Bombardier et Jean Coutu, à se lancer en affaires. Il a ainsi ouvert la voie et le monde à toute une génération d'hommes et de femmes d'affaires qui, comme lui, ont rejeté l'idée que les Québécois étaient «nés pour un petit pain». À l'instar des autres bâtisseurs, il a contribué à leur donner la foi en leur capacité de s'épanouir économiquement et culturellement. Tout au long de sa carrière, il a créé des milliers d'emplois, ici et à l'étranger. Quebecor emploie aujourd'hui plus de 50 000 personnes dans 17 pays.

Notre père aimait gagner et être le premier dans cette jungle que constitue le monde des affaires. Ceux qui l'ont connu se souviennent de la maxime qu'il aimait répéter: «Il faut jouer pour gagner». C'est ce qu'il a fait en sachant que seuls les plus tenaces et les plus persévérants réussissent, et non ceux qui cassent la gueule aux autres. Il a aussi été un mécène et un philanthrope, et c'est avec enthousiasme qu'il a aidé l'émergence d'une industrie culturelle québécoise aujourd'hui si dynamique et qu'il a aussi aidé ceux qui étaient dans le besoin.

Nous sommes fiers de ce père et conservons le plus grand respect pour ce créateur qui demeure l'un des piliers de l'entrepreneurship au Québec.
 
 
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