Murdochville abandonne la partie
Les citoyens votent à 64,6% en faveur de la fermeture de la municipalité
Thierry Haroun
26 août 2002
Murdochville — Les citoyens de Murdochville ont voté dans une proportion de 64, 6 % en faveur de la fermeture de leur petite ville gaspésienne de 1000 habitants lors du référendum tenu hier.
Le verdict des urnes est le suivant: 434 pour, 238 contre. C'est donc par une solide majorité que le camp du oui, appuyé par le maire Marc Minville, l'a remporté au grand dam de ceux qui croyaient encore en l'avenir de leur ville. En dépit d'un taux de participation élevé, s'établissant à 84,5 %, tout s'est déroulé dans le calme. Des 799 personnes aptes à voter, 672 ont exercé leur droit.
Le maire Minville ne cachait pas sa satisfaction au jugé du résultat. «Il faudra négocier dès cette semaine les dédommagements avec le gouvernement du Québec et il faut que ce même gouvernement soit à l'écoute de la population de Murdochville avec le résultat qui est sorti. C'est clair que le oui l'a remporté», a-t-il dit.
Le maire parle d'une enveloppe totale de 50 millions en dédommagements (primes de séparation, plans de retraite des ex-travailleurs de la fonderie Mines Gaspé, rachat des maisons, etc.) qu'il faudra aller chercher afin d'indemniser adéquatement et équitablement les citoyens.
Dans le camp du non, les regards étaient bas. Bien que déçu, Bruno Chouinard n'abandonnera pas de sitôt. «On va être les derniers à sortir. Le gouvernement va avoir de la misère à nous sortir. On est chez nous à Murdochville. On est ici pour rester.»
L'esprit tentaculaire de la mondialisation, devenue désormais proverbiale, a fait une autre victime: une petite ville minière qui depuis 50 ans creusait sa tombe à son insu. Le verdict d'hier en était le dernier chapitre.
L'annonce officielle (28 mars dernier) de la fermeture, par la compagnie Noranda, de la fonderie Mines Gaspé devant prendre effet trente jours plus tard avait surpris tout le monde. À l'exception du fédéral qui, au dire du député fédéral de Bonaventure-Gaspé-Les Îles-Pabok, Georges Farrah, «avait eu des signaux très clairs» dès le printemps 2001, c'est-à-dire onze mois avant l'annonce officielle, de l'intention de Noranda de fermer définitivement sa fonderie de cuivre, avait appris Le Devoir. Ce qui avait fait bondir le maire Minville, qui avait «trouvé grave» que le fédéral ait été mis au courant bien avant lui.
Depuis la fermeture de la mine souterraine à l'automne 1999 et de la fonderie Mines Gaspé le 27 avril dernier, ce sont plus de 600 emplois directs qui ont été perdus à Murdochville.
Les contrecoups de la fermeture de la fonderie se sont fait sentir au-delà des frontières de Murdochville. C'est tout le tissu social de la MRC Côte-de-Gaspé qui est affecté. À lui seul, le port de Gaspé a perdu 80 % de ses activités.
En juin dernier, une consultation menée par le syndicat des Métallos avait été tenue à Murdochville: 77 % des répondants étaient d'avis que l'on ferme la ville si aucun projet d'importance ne voyait le jour à court terme.
Un vote par anticipation avait eu lieu le dimanche 18 août: 138 personnes s'étaient présentées aux urnes.
Le verdict des urnes est le suivant: 434 pour, 238 contre. C'est donc par une solide majorité que le camp du oui, appuyé par le maire Marc Minville, l'a remporté au grand dam de ceux qui croyaient encore en l'avenir de leur ville. En dépit d'un taux de participation élevé, s'établissant à 84,5 %, tout s'est déroulé dans le calme. Des 799 personnes aptes à voter, 672 ont exercé leur droit.
Le maire Minville ne cachait pas sa satisfaction au jugé du résultat. «Il faudra négocier dès cette semaine les dédommagements avec le gouvernement du Québec et il faut que ce même gouvernement soit à l'écoute de la population de Murdochville avec le résultat qui est sorti. C'est clair que le oui l'a remporté», a-t-il dit.
Le maire parle d'une enveloppe totale de 50 millions en dédommagements (primes de séparation, plans de retraite des ex-travailleurs de la fonderie Mines Gaspé, rachat des maisons, etc.) qu'il faudra aller chercher afin d'indemniser adéquatement et équitablement les citoyens.
Dans le camp du non, les regards étaient bas. Bien que déçu, Bruno Chouinard n'abandonnera pas de sitôt. «On va être les derniers à sortir. Le gouvernement va avoir de la misère à nous sortir. On est chez nous à Murdochville. On est ici pour rester.»
L'esprit tentaculaire de la mondialisation, devenue désormais proverbiale, a fait une autre victime: une petite ville minière qui depuis 50 ans creusait sa tombe à son insu. Le verdict d'hier en était le dernier chapitre.
L'annonce officielle (28 mars dernier) de la fermeture, par la compagnie Noranda, de la fonderie Mines Gaspé devant prendre effet trente jours plus tard avait surpris tout le monde. À l'exception du fédéral qui, au dire du député fédéral de Bonaventure-Gaspé-Les Îles-Pabok, Georges Farrah, «avait eu des signaux très clairs» dès le printemps 2001, c'est-à-dire onze mois avant l'annonce officielle, de l'intention de Noranda de fermer définitivement sa fonderie de cuivre, avait appris Le Devoir. Ce qui avait fait bondir le maire Minville, qui avait «trouvé grave» que le fédéral ait été mis au courant bien avant lui.
Depuis la fermeture de la mine souterraine à l'automne 1999 et de la fonderie Mines Gaspé le 27 avril dernier, ce sont plus de 600 emplois directs qui ont été perdus à Murdochville.
Les contrecoups de la fermeture de la fonderie se sont fait sentir au-delà des frontières de Murdochville. C'est tout le tissu social de la MRC Côte-de-Gaspé qui est affecté. À lui seul, le port de Gaspé a perdu 80 % de ses activités.
En juin dernier, une consultation menée par le syndicat des Métallos avait été tenue à Murdochville: 77 % des répondants étaient d'avis que l'on ferme la ville si aucun projet d'importance ne voyait le jour à court terme.
Un vote par anticipation avait eu lieu le dimanche 18 août: 138 personnes s'étaient présentées aux urnes.
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