Lettres: Endetter les générations montantes, c'est accroître l'iniquité
Jacques Légaré - Président du Pont entre les générations
31 mars 2005
En augmentant de 103 millions de dollars l'endettement des étudiants, le gouvernement prenait il y a un an une décision qui en a surpris plusieurs. Nous croyons qu'elle était pourtant le témoin d'une tendance lourde sacrifiant l'avenir pour le présent. Le Pont entre les générations fustigeait déjà, il y a quatre ans (Le Devoir, 17 février 2000), les orientations du gouvernement péquiste face à notre défi démographique: «Surtout, baisser les impôts et dépenser rapidement les surplus.
Encore une fois, une politique à courte vue, sans vision d'avenir. [...] Quelle sorte d'héritage léguerons-nous à la génération montante? Des dettes à payer pour le restant de leur vie?» Plus ça change...
Le gouvernement libéral actuel ne s'attaque pas davantage à l'endettement croissant de l'État, préférant diminuer les impôts le plus rapidement possible. Les générations montantes, elles, paieront plus tard des impôts plus élevés pour corriger le surendettement du secteur public. Endetter davantage les étudiants est une proposition déjà fort discutable sur le plan de l'équité sociale. Endetter davantage les générations montantes alors que le problème de la dette publique demeure entier, c'est accroître l'iniquité entre les générations et prendre des risques inutiles envers la pérennité de notre société telle qu'on la connaît.
Il faut aller exactement dans la direction contraire. Le discours étudiant sur les effets de l'endettement sur plusieurs d'entre eux doit être entendu: incapacité de compléter ses études, incapacité de fonder une famille, incapacité de créer une entreprise. Il faut pourtant que les générations montantes trouvent les moyens d'entreprendre, dans leur vie privée comme sur le plan collectif, les projets qui mèneront notre société plus loin. Aujourd'hui, le gouvernement doit accepter de réduire l'endettement des étudiants. Demain, il devra accepter de réduire l'endettement de tous les Québécois. Ainsi, après-demain, nous aurons la volonté et les moyens d'être une société à la fois dynamique et soucieuse du bien-être de sa population vieillissante, sans oublier les générations qui nous succéderont.
Encore une fois, une politique à courte vue, sans vision d'avenir. [...] Quelle sorte d'héritage léguerons-nous à la génération montante? Des dettes à payer pour le restant de leur vie?» Plus ça change...
Le gouvernement libéral actuel ne s'attaque pas davantage à l'endettement croissant de l'État, préférant diminuer les impôts le plus rapidement possible. Les générations montantes, elles, paieront plus tard des impôts plus élevés pour corriger le surendettement du secteur public. Endetter davantage les étudiants est une proposition déjà fort discutable sur le plan de l'équité sociale. Endetter davantage les générations montantes alors que le problème de la dette publique demeure entier, c'est accroître l'iniquité entre les générations et prendre des risques inutiles envers la pérennité de notre société telle qu'on la connaît.
Il faut aller exactement dans la direction contraire. Le discours étudiant sur les effets de l'endettement sur plusieurs d'entre eux doit être entendu: incapacité de compléter ses études, incapacité de fonder une famille, incapacité de créer une entreprise. Il faut pourtant que les générations montantes trouvent les moyens d'entreprendre, dans leur vie privée comme sur le plan collectif, les projets qui mèneront notre société plus loin. Aujourd'hui, le gouvernement doit accepter de réduire l'endettement des étudiants. Demain, il devra accepter de réduire l'endettement de tous les Québécois. Ainsi, après-demain, nous aurons la volonté et les moyens d'être une société à la fois dynamique et soucieuse du bien-être de sa population vieillissante, sans oublier les générations qui nous succéderont.
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