Agora: La mise à sac des institutions privées
Alexandre Lamoureux - Candidat à la maîtrise en ingénierie à l'université McGill
30 mars 2005
Il fallait s'y attendre: la croisade de la nouvelle gauche contre toute institution privée résistant à la collectivisation s'étend maintenant au secteur de l'éducation. Évidemment, les fantassins habituels mènent cette nouvelle charge: groupes syndicaux, membres de la fonction publique et militants progressistes. Selon ces groupes, le financement partiel des écoles privées à 60 % par le gouvernement, apparemment injuste, doit cesser le plus rapidement possible afin d'améliorer le système public.
Toutefois, le véritable objectif, à peine voilé, consiste à asphyxier le système privé ainsi que sa tradition d'excellence et de discipline, malheureusement de plus en plus absente du système public.
La coalition souhaiterait améliorer la condition du système public en coupant les fonds gouvernementaux alloués à l'école privée. Évidemment, ces coupes, qui rendraient l'école privée quasi inaccessible, entraîneraient une forte migration des élèves vers le réseau public, diminuant ainsi l'économie totale évaluée à 75 millions.
Cette dernière statistique, qui circule trop souvent dans les médias, a été obtenue de façon boiteuse en supposant que le taux de fréquentation du privé chuterait afin de rejoindre simplement celui de l'Ontario. L'analyse ne tient aucunement compte des effets de l'important fardeau fiscal qui asphyxie les jeunes familles québécoises, inexistant en Ontario. Les différences culturelles entre les deux provinces y sont aussi laissées pour compte.
De plus, la coalition invoque les éventuels bienfaits d'une forte migration d'élèves performants du privé vers le public, comme si l'excellence ne dépendait aucunement du lieu d'instruction et des valeurs présentes lors de la formation de l'enfant.
En inspectant avec méfiance l'analyse discutable de cette coalition, il est parfaitement normal de remettre en question ses véritables motifs. Veut-elle améliorer le secteur public ou rendre l'école privée inaccessible?
Subventionner le privé: une injustice?
Tout d'abord, il serait souhaitable de rappeler à ces militants ce qu'ils ont délibérément choisi d'oublier: les parents qui ont recours au privé paient les mêmes taxes sans toutefois pouvoir bénéficier pleinement de leur contribution. En effet, l'instruction de leur enfant n'est financée qu'à 60 % par l'État, et ils doivent de plus verser des frais additionnels à l'institution privée. Il devient alors difficile, voire malhonnête, de qualifier d'injustes les subventions au réseau privé.
Depuis plusieurs années, l'école publique subit de profondes transformations inquiétantes. Des «experts» en pédagogie tentent de réviser les méthodes d'apprentissage et les valeurs véhiculées en classe. Les effets de cette réforme, trop souvent négatifs, deviennent de plus en plus tangibles. Dans de nombreuses institutions publiques, la qualité du français décline de façon alarmante, la bienséance en classe disparaît simultanément avec l'autorité et on tente de purger toute compétition entre les élèves par souci d'égalitarisme.
Plusieurs parents s'inquiètent du manque de discipline dans certaines écoles publiques. D'autres, simplement croyants, souhaitent confier leurs enfants à une institution religieuse encore épargnée par l'inquisition laïque qui sévit actuellement dans le système public. Le réseau privé offre aussi des programmes qui accentuent la pratique de plusieurs activités sportives et culturelles.
En d'autres mots, ce réseau offre avant tout au parent un meilleur contrôle sur l'instruction de son enfant en échange d'une contribution financière accrue. C'est cette liberté de choix et d'action qui dérange ces élites de la nouvelle gauche. L'école privée permet ainsi aux parents de fuir la nouvelle culture pédagogique s'inspirant de valeurs égalitaires malsaines qui, malheureusement, contaminent de plus en plus le réseau public. Couper les subventions au privé afin d'affamer la résistance, voilà le véritable objectif.
Préserver les bastions des valeurs traditionnelles
C'est bien connu, l'école privée transgresse plusieurs dogmes socialistes (ou «progressistes», comme on le dit selon l'euphémisme contemporain). Le premier affront consisterait à sélectionner ses candidats en fonction de l'excellence de leur dossier scolaire, méthode peu populaire auprès des apôtres de l'école égalitaire.
Ensuite, l'école privée exclurait intentionnellement et systématiquement les membres d'une certaine classe sociale. Ces accusations fallacieuses ne prennent pas en compte les efforts de nombreux parents au revenu limité qui se sacrifient néanmoins afin d'offrir l'instruction privée à leurs enfants.
Pour d'autres intégristes du service public, l'État ne devrait en aucun cas financer un réseau qui échappe partiellement à son emprise. Après tout, ne faut-il pas combattre l'étrange influence parentale qui nargue depuis trop longtemps déjà le contrôle gouvernemental de l'éducation?
Le réseau privé pèche en encourageant l'effort, la compétitivité et le dépassement chez ses membres. Puisque le monde réel fonctionne avec ces mêmes valeurs, y a-t-il une autre méthode acceptable d'instruire et d'éduquer les futures générations? Peut-on blâmer les parents qui souhaitent obtenir plus de contrôle sur l'éducation de leurs enfants? En réalité, cette coalition n'est pas motivée par une quelconque quête d'équilibre et de justice mais vise plutôt l'éradication d'un système transmettant des valeurs tant détestées par la gauche moderne: l'effort, le mérite, la discipline et l'excellence.
Toutefois, le véritable objectif, à peine voilé, consiste à asphyxier le système privé ainsi que sa tradition d'excellence et de discipline, malheureusement de plus en plus absente du système public.
La coalition souhaiterait améliorer la condition du système public en coupant les fonds gouvernementaux alloués à l'école privée. Évidemment, ces coupes, qui rendraient l'école privée quasi inaccessible, entraîneraient une forte migration des élèves vers le réseau public, diminuant ainsi l'économie totale évaluée à 75 millions.
Cette dernière statistique, qui circule trop souvent dans les médias, a été obtenue de façon boiteuse en supposant que le taux de fréquentation du privé chuterait afin de rejoindre simplement celui de l'Ontario. L'analyse ne tient aucunement compte des effets de l'important fardeau fiscal qui asphyxie les jeunes familles québécoises, inexistant en Ontario. Les différences culturelles entre les deux provinces y sont aussi laissées pour compte.
De plus, la coalition invoque les éventuels bienfaits d'une forte migration d'élèves performants du privé vers le public, comme si l'excellence ne dépendait aucunement du lieu d'instruction et des valeurs présentes lors de la formation de l'enfant.
En inspectant avec méfiance l'analyse discutable de cette coalition, il est parfaitement normal de remettre en question ses véritables motifs. Veut-elle améliorer le secteur public ou rendre l'école privée inaccessible?
Subventionner le privé: une injustice?
Tout d'abord, il serait souhaitable de rappeler à ces militants ce qu'ils ont délibérément choisi d'oublier: les parents qui ont recours au privé paient les mêmes taxes sans toutefois pouvoir bénéficier pleinement de leur contribution. En effet, l'instruction de leur enfant n'est financée qu'à 60 % par l'État, et ils doivent de plus verser des frais additionnels à l'institution privée. Il devient alors difficile, voire malhonnête, de qualifier d'injustes les subventions au réseau privé.
Depuis plusieurs années, l'école publique subit de profondes transformations inquiétantes. Des «experts» en pédagogie tentent de réviser les méthodes d'apprentissage et les valeurs véhiculées en classe. Les effets de cette réforme, trop souvent négatifs, deviennent de plus en plus tangibles. Dans de nombreuses institutions publiques, la qualité du français décline de façon alarmante, la bienséance en classe disparaît simultanément avec l'autorité et on tente de purger toute compétition entre les élèves par souci d'égalitarisme.
Plusieurs parents s'inquiètent du manque de discipline dans certaines écoles publiques. D'autres, simplement croyants, souhaitent confier leurs enfants à une institution religieuse encore épargnée par l'inquisition laïque qui sévit actuellement dans le système public. Le réseau privé offre aussi des programmes qui accentuent la pratique de plusieurs activités sportives et culturelles.
En d'autres mots, ce réseau offre avant tout au parent un meilleur contrôle sur l'instruction de son enfant en échange d'une contribution financière accrue. C'est cette liberté de choix et d'action qui dérange ces élites de la nouvelle gauche. L'école privée permet ainsi aux parents de fuir la nouvelle culture pédagogique s'inspirant de valeurs égalitaires malsaines qui, malheureusement, contaminent de plus en plus le réseau public. Couper les subventions au privé afin d'affamer la résistance, voilà le véritable objectif.
Préserver les bastions des valeurs traditionnelles
C'est bien connu, l'école privée transgresse plusieurs dogmes socialistes (ou «progressistes», comme on le dit selon l'euphémisme contemporain). Le premier affront consisterait à sélectionner ses candidats en fonction de l'excellence de leur dossier scolaire, méthode peu populaire auprès des apôtres de l'école égalitaire.
Ensuite, l'école privée exclurait intentionnellement et systématiquement les membres d'une certaine classe sociale. Ces accusations fallacieuses ne prennent pas en compte les efforts de nombreux parents au revenu limité qui se sacrifient néanmoins afin d'offrir l'instruction privée à leurs enfants.
Pour d'autres intégristes du service public, l'État ne devrait en aucun cas financer un réseau qui échappe partiellement à son emprise. Après tout, ne faut-il pas combattre l'étrange influence parentale qui nargue depuis trop longtemps déjà le contrôle gouvernemental de l'éducation?
Le réseau privé pèche en encourageant l'effort, la compétitivité et le dépassement chez ses membres. Puisque le monde réel fonctionne avec ces mêmes valeurs, y a-t-il une autre méthode acceptable d'instruire et d'éduquer les futures générations? Peut-on blâmer les parents qui souhaitent obtenir plus de contrôle sur l'éducation de leurs enfants? En réalité, cette coalition n'est pas motivée par une quelconque quête d'équilibre et de justice mais vise plutôt l'éradication d'un système transmettant des valeurs tant détestées par la gauche moderne: l'effort, le mérite, la discipline et l'excellence.
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