Un groupe d'étudiants en administration joue les médiateurs
Photo : Jacques Nadeau
Comme les 42 000 étudiants de l’UQAM en grève, Julie Ouellet ne s’attend pas à retourner en classe tant que les 103 millions ne seront pas réinvestis dans l’enveloppe des bourses d’études.
Un nouveau joueur s'immisce dans le conflit étudiant: le Regroupement étudiant des facultés d'administration de l'est du Canada (REFAEC) a obtenu une rencontre hier avec le cabinet du ministre de l'Éducation, et se propose comme «médiateur» pour tenter de rétablir les voies de communication entre les groupes étudiants et le gouvernement.
Pendant que ces délibérations avaient lieu, le ministre Jean-Marc Fournier a nuancé le concept de proposition finale, en affirmant qu'il attendait désormais la contre-proposition des étudiants, une brèche qu'il n'ouvrait pas il y a à peine une semaine.
À près d'un mois du début de cette grève étudiante, qui ne montre aucun signe d'essoufflement, les rebondissements se conjuguent au quotidien. Hier, on apprenait ainsi qu'un groupe représentant l'ensemble des 28 000 étudiants d'administration du Québec, le REFAEC, avait rencontré un attaché politique du cabinet de M. Fournier pour parler de grève, d'endettement étudiant et de voies de solution, et ce, alors que les échanges sont minimaux entre les groupes étudiants et le ministre.
«Nous avons rencontré le cabinet pour tenter de relancer le dialogue qui est carrément rompu entre le ministère et les groupes étudiants», a expliqué hier Yannick Denis-Trudel, président du REFAEC, à l'issue de cette rencontre, à laquelle étaient associés aussi des représentants des facultés de droit des universités. «Nous constatons un problème de communication qu'il y a urgence à régler, et nous croyons que nous pouvons peut-être devenir une nouvelle antenne de communication, un catalyseur, une sorte de médiateur», a ajouté M. Denis-Trudel, précisant que son groupe ne tentait pas de se «substituer à la FEUQ [Fédération étudiante universitaire du Québec]».
Après avoir entendu la proposition de remise de dette du gouvernement, le groupe affirme avoir riposté en évoquant les «irritants» qu'elle comporte, abondamment relayés par les étudiants qui la rejettent en bloc. «L'enveloppe est carrément insuffisante, parce que c'est le 103 millions que les étudiants veulent retrouver», explique le président du REFAEC, dont les membres ne sont pas en grève, sauf l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, qui a choisi l'option d'une semaine de grève non reconductible.
«Nous souhaitons faire redémarrer les discussions, analyser la proposition en profondeur, discuter avec les gens de la FEUQ et tenter d'en arriver enfin à une solution globale et complète sur cette question», ajoute M. Denis-Trudel.
La FEUQ a immédiatement riposté à l'arrivée de ce nouveau joueur en affirmant qu'elle n'avait pas «besoin d'une nounou pour discuter avec Québec», comme l'a indiqué Pier-André Bouchard-Saint-Amant, son président.
Au cabinet du ministre Fournier, ce dialogue a été perçu comme partir intégrante «d'un exercice pédagogique» où tout groupe étudiant représentatif et «désireux de comprendre et expliquer la proposition» est entendu, comme l'a expliqué l'attaché de presse du ministre, Stéphane Gosselin. «Mais "médiateur", ce n'est sans doute pas le terme que nous aurions utilisé», a-t-il ajouté.
Le ministre Fournier a par ailleurs changé de ton hier: après avoir martelé depuis une semaine que sa proposition était finale, il se dit maintenant prêt à recevoir et à étudier une contre-proposition de la part des leaders étudiants. «Je suis ouvert à ce qu'on me fasse des commentaires. J'attend même des propositions», a-t-il affirmé hier, à l'entrée du caucus des députés libéraux.
Il considère toujours son offre «valable» et «significative». «Je m'attends à ce que les étudiants fassent eux-mêmes des propositions. Ce n'est pas tout de faire des manifestations», a-t-il lancé. Jean-Marc Fournier prévient toutefois que toute contre-proposition des étudiants devra respecter le cadre budgétaire qu'il a présenté la semaine dernière, c'est-à-dire 41,5 millions de dollars pour cette année et 95,5 millions par an à compter de 2009-10.
Le ministre déplore le «jusqu'au-boutisme» des étudiants, qui exigent le réinvestissement des 103 millions de dollars. «Si on veut régler ça, il va falloir que chacun fasse un bout de chemin. Nous, on a fait un bon bout de chemin. Je pense que c'est aux étudiants d'en faire un», a-t-il dit.
Auparavant, la FEUQ et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avaient rappelé leur intention de «laisser durer cette grève le temps qu'il faudra», comme l'a expliqué Pier-André Bouchard-Saint-Amant, de la FEUQ. «Nous continuons à refuser catégoriquement la formule Fournier», a indiqué Julie Bouchard, présidente de la FECQ.
À l'UQAM, les associations facultaires représentatives des 42 000 étudiants en grève et réunis sous différentes bannières ont manifesté leur désir d'être entendues par le ministère de l'Éducation et de participer activement à la négociation. «Tous les groupes étudiants doivent être présents à la table», a expliqué Joël Nadeau, représentant de l'Association facultaire étudiante des lettres, langues et communications de l'UQAM. «Nous avons l'impression que le ministre rit de nous. Il n'a pas conscience de l'ampleur de l'enjeu.»
Hier, les 1000 étudiants du secteur pré-clinique de la faculté de médecine de l'Université de Montréal ont rejoint le mouvement de grève, qui concerne toujours 170 000 étudiants. 35 des 48 collèges publics sont désormais officiellement en grève. Des actions ont lieu un peu partout au Québec aujourd'hui, et se poursuivront toute la semaine, pour illustrer au gouvernement la montée de la grogne.
Pendant que ces délibérations avaient lieu, le ministre Jean-Marc Fournier a nuancé le concept de proposition finale, en affirmant qu'il attendait désormais la contre-proposition des étudiants, une brèche qu'il n'ouvrait pas il y a à peine une semaine.
À près d'un mois du début de cette grève étudiante, qui ne montre aucun signe d'essoufflement, les rebondissements se conjuguent au quotidien. Hier, on apprenait ainsi qu'un groupe représentant l'ensemble des 28 000 étudiants d'administration du Québec, le REFAEC, avait rencontré un attaché politique du cabinet de M. Fournier pour parler de grève, d'endettement étudiant et de voies de solution, et ce, alors que les échanges sont minimaux entre les groupes étudiants et le ministre.
«Nous avons rencontré le cabinet pour tenter de relancer le dialogue qui est carrément rompu entre le ministère et les groupes étudiants», a expliqué hier Yannick Denis-Trudel, président du REFAEC, à l'issue de cette rencontre, à laquelle étaient associés aussi des représentants des facultés de droit des universités. «Nous constatons un problème de communication qu'il y a urgence à régler, et nous croyons que nous pouvons peut-être devenir une nouvelle antenne de communication, un catalyseur, une sorte de médiateur», a ajouté M. Denis-Trudel, précisant que son groupe ne tentait pas de se «substituer à la FEUQ [Fédération étudiante universitaire du Québec]».
Après avoir entendu la proposition de remise de dette du gouvernement, le groupe affirme avoir riposté en évoquant les «irritants» qu'elle comporte, abondamment relayés par les étudiants qui la rejettent en bloc. «L'enveloppe est carrément insuffisante, parce que c'est le 103 millions que les étudiants veulent retrouver», explique le président du REFAEC, dont les membres ne sont pas en grève, sauf l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, qui a choisi l'option d'une semaine de grève non reconductible.
«Nous souhaitons faire redémarrer les discussions, analyser la proposition en profondeur, discuter avec les gens de la FEUQ et tenter d'en arriver enfin à une solution globale et complète sur cette question», ajoute M. Denis-Trudel.
La FEUQ a immédiatement riposté à l'arrivée de ce nouveau joueur en affirmant qu'elle n'avait pas «besoin d'une nounou pour discuter avec Québec», comme l'a indiqué Pier-André Bouchard-Saint-Amant, son président.
Au cabinet du ministre Fournier, ce dialogue a été perçu comme partir intégrante «d'un exercice pédagogique» où tout groupe étudiant représentatif et «désireux de comprendre et expliquer la proposition» est entendu, comme l'a expliqué l'attaché de presse du ministre, Stéphane Gosselin. «Mais "médiateur", ce n'est sans doute pas le terme que nous aurions utilisé», a-t-il ajouté.
Le ministre Fournier a par ailleurs changé de ton hier: après avoir martelé depuis une semaine que sa proposition était finale, il se dit maintenant prêt à recevoir et à étudier une contre-proposition de la part des leaders étudiants. «Je suis ouvert à ce qu'on me fasse des commentaires. J'attend même des propositions», a-t-il affirmé hier, à l'entrée du caucus des députés libéraux.
Il considère toujours son offre «valable» et «significative». «Je m'attends à ce que les étudiants fassent eux-mêmes des propositions. Ce n'est pas tout de faire des manifestations», a-t-il lancé. Jean-Marc Fournier prévient toutefois que toute contre-proposition des étudiants devra respecter le cadre budgétaire qu'il a présenté la semaine dernière, c'est-à-dire 41,5 millions de dollars pour cette année et 95,5 millions par an à compter de 2009-10.
Le ministre déplore le «jusqu'au-boutisme» des étudiants, qui exigent le réinvestissement des 103 millions de dollars. «Si on veut régler ça, il va falloir que chacun fasse un bout de chemin. Nous, on a fait un bon bout de chemin. Je pense que c'est aux étudiants d'en faire un», a-t-il dit.
Auparavant, la FEUQ et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avaient rappelé leur intention de «laisser durer cette grève le temps qu'il faudra», comme l'a expliqué Pier-André Bouchard-Saint-Amant, de la FEUQ. «Nous continuons à refuser catégoriquement la formule Fournier», a indiqué Julie Bouchard, présidente de la FECQ.
À l'UQAM, les associations facultaires représentatives des 42 000 étudiants en grève et réunis sous différentes bannières ont manifesté leur désir d'être entendues par le ministère de l'Éducation et de participer activement à la négociation. «Tous les groupes étudiants doivent être présents à la table», a expliqué Joël Nadeau, représentant de l'Association facultaire étudiante des lettres, langues et communications de l'UQAM. «Nous avons l'impression que le ministre rit de nous. Il n'a pas conscience de l'ampleur de l'enjeu.»
Hier, les 1000 étudiants du secteur pré-clinique de la faculté de médecine de l'Université de Montréal ont rejoint le mouvement de grève, qui concerne toujours 170 000 étudiants. 35 des 48 collèges publics sont désormais officiellement en grève. Des actions ont lieu un peu partout au Québec aujourd'hui, et se poursuivront toute la semaine, pour illustrer au gouvernement la montée de la grogne.
- » fournier
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