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Plus un sou aux écoles privées

Marie-Andrée Chouinard   10 mars 2005 
La totalité des acteurs du réseau primaire et secondaire public réclame de Québec qu'il cesse de financer le réseau d'écoles privées et redonne à un réseau public faiblard une économie escomptée de 75 millions de dollars.

Formant une alliance historique et plaidant l'«urgence», les commissions scolaires, les syndicats d'enseignants, les directeurs d'école, les cadres scolaires et les parents demanderont ce matin au gouvernement Charest de mettre fin au financement à hauteur de 60 % du réseau privé par l'État.

Selon ce que Le Devoir a appris, le Regroupement pour la défense et la promotion de l'école publique dévoilera un plan d'action qui prévoit notamment une réduction progressive du financement public des écoles privées, un «moratoire immédiat sur tout nouvel agrément aux fins de subvention accordé aux établissements privés», un réinvestissement instantané dans le réseau public et une entente de transfert des élèves et du personnel des établissements privés vers le public.

«Pour la première fois, des partenaires majeurs du réseau public d'éducation (parents, personnel enseignant, professionnel et de soutien, gestionnaires, commissaires) unissent leurs voix et demandent au gouvernement et au ministre de l'Éducation de mettre fin aux subventions des écoles privées et de réinvestir ces sommes dans notre système public d'éducation», affirment les membres du Regroupement pour la défense et la promotion de l'école publique dans une déclaration de six pages dont Le Devoir a obtenu copie.

Ces partenaires réunis ce matin à Montréal à l'école Père-Marquette sont la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), la Commission scolaire de Montréal (CSDM), l'Alliance des professeurs de Montréal (APM), la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), les trois associations de directions d'école et les regroupements de cadres scolaires.

«Tout le monde y est, il ne manque personne», nous a-t-on expliqué, histoire de marquer la force de cette coalition, semble-t-il créée sous la baguette commune de la CSDM et de son syndicat d'enseignants, l'Alliance des professeurs de Montréal. Même si nous avons tenté de joindre l'ensemble des partenaires de ce regroupement hier, personne n'a souhaité faire de commentaire officiel avant la tenue de la conférence de presse, ce matin.

Ironiquement, le président de la FCSQ, André Caron, sera donc assis tout juste à côté du président de la CSQ, Réjean Parent, alors que les deux parties se livrent actuellement au jeu de la négociation nationale, avec tous les moyens de pression que cela suppose.

La FCSQ a même traîné la Fédération des syndicats de l'enseignement devant le Conseil des services essentiels cette semaine — une décision doit d'ailleurs être rendue demain — pour qu'on juge de la légalité de ces moyens de pression. «Le moment est d'autant plus historique», nous a-t-on dit en coulisses. «André Caron et Johanne Fortier seront assis côte à côte alors que les moyens de pression font rage!»

Ce n'est pas d'hier que la question du financement par l'État des écoles privées est à l'avant-plan. Depuis quelques mois cependant, dans un contexte de déclin démographique où le secteur public perd des plumes mais où le secteur privé ne cesse d'en gagner alors que le gouvernement parle toujours d'une situation financière précaire, les 350 millions versés au privé chaque année par le ministère de l'Éducation dérangent de plus en plus.

À la veille d'un budget provincial, les rumeurs de compressions possibles de l'ordre de 500 millions de dollars n'ont rien pour rassurer le regroupement, même s'il est né bien avant qu'on ne commence à les évoquer. L'éducation serait semble-t-il épargnée par les coups de hache, mais le contexte est inquiétant.

«Nous sommes convaincus qu'il y a urgence: il faut améliorer le financement de l'école publique», indique-t-on dans la déclaration du regroupement. «Nous croyons également qu'il est injuste que l'État finance généreusement, en parallèle, un réseau d'écoles privées qui n'a pas les mêmes obligations que le réseau public et dont certaines pratiques de sélection des élèves vont même en sens contraire des politiques officielles du ministère de l'Éducation.»

Rappelons qu'en décembre dernier, la Fédération des commissions scolaires du Québec avait déjà adopté une résolution s'attaquant aux deniers versés par l'État au réseau privé. Si, à ce moment, on parlait de diminuer cette cagnotte de 350 millions, une nouvelle résolution adoptée plus récemment, soit en février, en conseil général a plutôt prôné l'abolition complète et progressive du financement du privé par les fonds publics.

Le regroupement a d'ailleurs fait sien tout le calcul mis en avant par la FCSQ pour convaincre Québec de cesser de soutenir le privé. Les commissions scolaires calculent en effet que l'arrêt de cet appui financier permettrait de retourner 75 millions de dollars au secteur public, en supposant que 50 % des élèves actuels continueraient à fréquenter les écoles privées.

Le document qui sera dévoilé aujourd'hui fait clairement allusion à toute cette controverse révélée en janvier par Le Devoir autour du financement d'écoles privées juives alors permis par le gouvernement Charest. «Nous sommes confiants que nous pourrons changer le cours des choses avec l'appui de la population, comme ce fut le cas dans le dossier récent du financement à 100 % de certaines écoles privées», peut-on y lire.






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  • Pierre Guay
    Inscrit
    jeudi 10 mars 2005 07h53
    100-60=40!
    « Si le Gouvernement finance le secteur privé à 60% du secteur public,pour le même service et même pour un service de meilleure qualité, ne peut-on pas dire que le méchant secteur privé coûte au Gouvernement 40% moins cher que le bon secteur public?
    Ti-Clin »

  • Michele Poupore
    Inscrite
    jeudi 10 mars 2005 10h46
    Sauvons de l'argent abolissons les Commissions scolaires
    « En redonnant plus de pouvoirs aux directeurs d'ecoles, on pourrait imiter ce qui fonctionne bien, c'est-a-dire des ecoles autonomes. »

  • François Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 10 mars 2005 12h43
    Pour un meilleur monde.
    « L'école privée est subventionnée, l'école publique est coupée. Est-ce qu'il y a des cloches qui sonnent, un alerte. quelque chose !

    Si l'école publique avait ces sommes d'argent, peut être que nos enfants auraient affaire à des professeurs moins crevés, peut être que l'école pourrait offrir des services professionnels (psychologue, travailleur social, et autre.) aux enfants qui sont en difficulté. Hey peut-être moins de RITALIN. Peut-être que les enfants auraient des activités ou sortie plus fréquentes et plus enrichissantes !!! Peut-être même de la bouffe pour les moins nantis.

    Le monde dans le quelle ont vie, c'est nous qui le faisons. Quelle surprise !!! Nous avons reçu en héritage une hypothèque, et nous devons la payer. La tâche est de se serré les coudes, prendre les bonnes décisions puis dire GO ! Rétablir l'avion avant de faire un crash !

    C'est assez incroyable, la population est toute surprise de voir : les phénomènes de gang de rues grandirent, le taxage, la dépression, le suicide, des crimes violents perpétrés par des jeunes de plus en plus jeunes, (même la cour reconnaît la situation, ils ont le droit de jugé un mineur qui a commis un crime violent comme s'il était adulte), des enfants au primaire qui se gèle la tête. et j'en passe.Nous ne sommes pas en Colombie ou autre pays miséreux ! Remarquez que ce n'est pas plus acceptable !

    Ils savent à peine comment aimé, car trop souvent ils ne l'ont pas été eu même, sinon d'une façon bien douteuse. Suis-je en train de parler des adultes ? C'est bien triste de voir les jeunes, sans direction, sans exemple. Les familles sont éclatée et chacun de leur côté.Il s'éclate la tête à jongler avec la vie ! Et pour les couples eux, il se court comme ce n'est pas possible, dépasser par leurs propres vit, il tente tant bien que mal de combler les besoins des enfants.

    Mais où est donc Raël ? Nous qui subventionnons son église.Il pourrait bien nous faire un petit spécial pour rétablire la planet, il paraîtrait qu'il a des connexions avec dieu !!!

    L'élite de la société s'ils veulent une école de vitesse supérieure et bien qu'il se la paye ! Il me semble qu'il a déjà eu un débat sur le service de soin deux vitesses.Queceque la population en pensait déjà.

    Si je voulais rouler en HUMMER, je n'aurais qu'à m'en payer un ! Si par contre j'ai envie d'un 4x4 et que j'ai les moyens que pour un petit SUZUKI, et bien je me paie un petit 4x4 ! Hey c'est assez incroyable ma logique!!!! J'ai peine à y croire!!!!
    L'autre logique qui s'applique est que j'aide au riche a se payer un HUMMER en plus de payer le mien, en prime si le HUMMER fessait une collision frontale avec moi dans mon petit 4x4 et bien.Il m'écrase net !!
    Le gros qui écrase le plus petit.Même dans les histoires de char c'est vrai!!!

    Trop d'enfants vivent une vie trouble. Certain n'ont pas même de déjeuné a se mettre sous la dent. Je ne parle pas d'ordinateur ou d'internet, je parle de besoin de base qui fera de lui un citoyen heureux avec des valeurs logiques. J'ai le droit de manger, de rire, d'être heureux.Hey, il a une charte qui protège les enfants.À l'ONU, je crois qu'il y a quelque chose d'écrit là-dessus. Je ne crois pas que l'éducation doit être faite par l'école, mais il y a un manque à gagner quelque part. Les professeurs ne sont pas les parents, mais ces derniers sont essoufflés, fatigués. Les valeurs de base sont de plus en plus floues. Alors, je crois qu'au moine avec plus de fond pour le public on pourrait arriver à quelque chose. Une étroite collaboration entre les enseignants et les parents pourrait faire sûrement la différence. Si on ne commence pas, rien ne se passera.

    La ligne de l'égal est en latex, les politiciens le savent bien!!! Sauf qu'un moment donné l'élastique ''PETTE '', puis la le jeune est tout surpris de ça !! CÉ tu moi qui ''trip!!! '' Mais il me semble que dans mon temp (1970 -80) c'était moins violent. Les balises pour la génération qui pousse actuellement sont dans la brume. Il en revient a nous de dissipé ce brouillard, il en revient a nous de dire a nos enfant '' Hey mon homme,ma fille fait attention dans cette direction là y a un piège, vas plutôt dans cette direction tu y trouveras peut-être ta voie.''

    Alors, c'est à nous de faire en sorte que la génération, ci s'en sorte. Et le nous pourraient rétablir cette logique de con et dire ''hey ont n'a besoin de cette argent dans cette direction, parce que dans l'autre il y a un piège.''

    Mon discours semble au minimum APOCALYPTIQUE!!! Mais croyez-moi, j'ai bon espoir, car il y des gens que j'admire, qui eux, par leur talent font avancé des dossiers. Ces gens qui veulent le changement, et qui le font, ces jeunes et moins jeunes qui oeuvre dans différent domaine, font cette différence dans leur travail au quotidien, et j'ai beaucoup d'admiration et de respect pour ça.

    Pour ma part, j'ai la responsabilité d'amener mon fils a bon port, je fais de mon mieux au quotidien et j'ai bon espoir qu'il sera quelqu'un d'heureux et un humain plein de compassion pour ses semblables. Il ne faut pas oublier qu'au fond, nous vivons que dans un petit village qui lui est interconnecté avec le monde. Alors dans notre communauté, il faut que nous arrivions à faire la différence.

    J'en ai assez de me faire avoir par les puissants, comme les travailleurs du magasin walmart de Jonquière.


    François Lefebvre
    Montréal »

  • Bruno Déry
    Inscrit
    jeudi 10 mars 2005 23h17
    La liberté de conscience, un bien de consommation?
    « La liberté de conscience, un bien de consommation?

    Plus un sou aux écoles privées. une belle vision idéologique de l'uniformisation des consciences, un beau chemin vers le totalitarisme de la pensée.

    Le droit à la vie n'est pas un bien de consommation, c'est un droit individuel, un droit qui ne dépend pas de son portefeuilles. La liberté fondamentale du droit à la vie nous impose une chose: un système de santé à deux vitesses est inacceptable. Protéger la survie du système de santé public est nécessaire, quitte à forcer son application.

    Par contre, les systèmes de santé n'ont pas l'impact des systèmes d'éducation. En santé, il n'y a pas d'endoctrinement, d'uniformisation des consciences. Dans ces systèmes, des choix sont possibles, souhaitables, et parfois contre rémunération, sauf pour le droit à la vie et à la liberté de conscience. Un système d'éducation public forme la pensée, endoctrine, mais aussi uniformise les consciences. Forcer cet endoctrinement est beaucoup plus néfaste pour chaque individu et pour la société que de forcer l'usage d'un système de santé public. Le système de santé public a une obligation face au droit à la vie, contrairement au système d'éducation public qui ne peut prétendre, du moins actuellement, à une obligation face à la liberté de conscience.

    Un des droits fondamentaux de notre société est la liberté de conscience. En refusant le financement des écoles privées, on affirme clairement que la liberté de conscience des enfants et des parents est un bien de consommation. Seul les riches peuvent s'offrir une liberté de conscience, car seul les riches ont les moyens de payer à leurs enfants une formation de la pensée selon leurs valeurs. Rappelons nous que selon la charte universelle de droit de l'homme de l'ONU les parents ont la priorité quant à l'éducation de leurs enfants. Cette priorité est nécessaire pour assurer la liberté de conscience effective des générations futures.

    Rappelons aussi que la liberté de conscience est un droit individuel avant tout. La majorité, même la majorité des parents, ne peut prétendre décidé prioritairement pour les enfants des autres. Les regroupements, dont ceux de parents, sont forts louables et offrent de nombreux avantages; mais un regroupement de parents n'a pas de droits prioritaires sur les enfants des autres.

    La liberté de conscience n'est pas un bien de consommation; alors nous devons financer adéquatement les écoles privées, ou encore modifier significativement les écoles publiques. Les intervenants qui prônent la fin du financement des écoles privées n'offrent aucune initiative, plan ou protection quant à la liberté de conscience, quant aux choix des parents pour le bien de leurs enfants. Leur plan est purement un endoctrinement à leur vision, à leur pensée. La responsabilité prioritaire des parents quant à l'éducation de leurs enfants ne fait pas partie de leur préoccupation. Seul le financement de leur vision des choses compte.

    La liberté de conscience n'est pas un bien de consommation.

    Non, mais enfants ne fréquentent pas une école privée. »

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