La première phase du retrait syrien devrait être achevée avant la fin du mois
Photo : Agence Reuters
Des soldats de l’armée syrienne quittaient hier leur base de Mdairidj, à l’est de Beyrouth, au cours de la première phase du repli annoncé par Damas.
Trois semaines jour pour jour après l'assassinat de Rafic Hariri, le repli militaire annoncé ce week-end par Damas a débuté hier au Liban où l'opposition anti-syrienne, soutenue par la communauté internationale, appelle à un retrait intégral de la Syrie et redoute une manoeuvre dilatoire du président Bachar el-Assad.
Alors que le président syrien et son homologue libanais Émile Lahoud discutaient à Damas des détails techniques de ce repli graduel, des soldats syriens ont entamé le démontage de leurs installations dans des secteurs des montagnes libanaises, à l'est de Beyrouth, à Hamana, Mdairidj, Soufar et Aley.
Des troupes syriennes ont également levé le camp au poste militaire de Dahr al Ouahch, toujours à l'est de la capitale, où des soldats libanais se tenaient prêts à prendre leur suite.
Pressé de toutes parts par la communauté internationale, lâché par Riyad et Moscou, Assad avait annoncé samedi un retrait progressif des 14 000 soldats syriens toujours déployés au Liban, dans un premier temps dans la plaine de la Békaa, puis sur la frontière syro-libanaise.
Dans un communiqué commun diffusé à l'issue de ses entretiens avec Émile Lahoud, la Syrie et le Liban ont annoncé que la première phase du retrait serait achevée avant la fin du mois.
«La commission militaire commune est chargée d'élaborer dans un délai d'un mois suivant la date du retrait des forces syriennes dans la Békaa un accord déterminant la taille et la durée du maintien des forces restantes», ajoute le communiqué.
Aucune date quant à un retrait total syrien n'est cependant donnée. La Syrie se réserve donc encore une certaine marge de manoeuvre, alors que l'ONU, les États-Unis, l'Union européenne et l'opposition libanaise demandent un retrait dans les meilleurs délais de la totalité des troupes syriennes du Liban.
Un responsable syrien a expliqué, mais sans donner non plus de date, que la Syrie allait retirer la totalité de ses troupes du Liban y compris ses services de renseignements militaires.
«Le Haut Conseil syro-libanais a pris une série de mesures pour faire appliquer l'accord de Taëf en vue d'un retrait syrien total du Liban», a-t-il dit. «Le retrait syrien englobe le retrait des services de renseignements militaires qui font partie des forces syriennes», a-t-il précisé. C'est la première fois que le retrait des membres des renseignements syriens est évoqué. Leur nombre exact est impossible à évaluer, mais des experts occidentaux l'estiment à trois ou quatre mille hommes.
Durant le sommet à Damas, au moins 150 000 Libanais selon la police, 200 000 à 250 000 selon les organisateurs, ont manifesté à Beyrouth pour réclamer la vérité sur l'assassinat le 14 février de l'ex-premier ministre Rafic Hariri, dont l'opposition libanaise accuse le régime libanais pro-syrien et la Syrie.
L'assassinat, imputé aux services syriens, de l'ancien premier ministre le 14 février dernier a bouleversé la donne au Liban. Hariri avait rallié l'opposition anti-syrienne, et sa mort a mobilisé l'opposition libanaise, soutenue avec force par la communauté internationale.
Scepticisme
Samedi soir, le leader druze de l'opposition, Walid Joumblatt, avait qualifié le discours d'Assad de «début positif». Mais l'opposition s'inquiète aussi de la sincérité syrienne.
Joint par téléphone à Paris, où il vit en exil depuis le début des années 1990, le général chrétien maronite Michel Aoun, a estimé hier que le retrait syrien était une manoeuvre ourdie par Damas «pour gagner du temps. Je ne pense pas qu'Assad respectera ses engagements, et ce ne sera pas la première fois [...] Il ne veut pas se retirer», a ajouté l'ancien chef de l'armée libanaise, farouche adversaire de la Syrie.
Réagissant à l'annonce du sommet de Damas, la Maison-Blanche a indiqué qu'elle souhaitait «de l'action et non des mots» de la Syrie. L'administration américaine s'inquiète du rôle qu'Assad entend maintenir sur le Liban — «Le retrait de la Syrie du Liban ne signifie pas l'absence d'un rôle [au Liban] pour la Syrie», a souligné le président syrien.
MM. Assad et Lahoud ont cependant affirmé leur volonté de «respecter toutes les résolutions de la légalité internationale y compris la 1559» du Conseil de sécurité qui réclame instamment le retrait total des quelque 14 000 soldats syriens du Liban. C'est la première fois que M. Lahoud annonce explicitement son intention de respecter la résolution 1559 qui stipule aussi le désarmement du Hezbollah chiite libanais.
Les États-Unis, l'Allemagne et la France ont manifesté leur volonté de ne pas relâcher la pression sur la Syrie, en vue d'un retrait intégral et rapide de ses troupes. Les présidents français Jacques Chirac et américain George W. Bush ont affirmé, dans un entretien téléphonique, «leur détermination à obtenir l'application pleine et entière de la 1559», ce qui passe «par le retrait des forces étrangères et des services [syriens]».
Le Hezbollah libanais, pro-syrien, a appelé pour sa part à un vaste rassemblement aujourd'hui dans le centre de Beyrouth pour soutenir Damas et s'opposer au «chaos» que l'Amérique et Israël, veulent répandre au Liban, selon le seul mouvement libanais à avoir été autorisé à conserver ses armes à l'issue de la guerre civile.
Par ailleurs, les États-Unis sont engagés dans des consultations avec d'autres pays ou institutions internationales pour voir comment aider les Libanais à tenir des élections libres, sans ingérence syrienne, a indiqué hier le département d'État américain.
La secrétaire d'État Condoleezza Rice a eu des entretiens téléphoniques à ce sujet avec le chef de la diplomatie française Michel Barnier et avec le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana, a indiqué le porte-parole Richard Boucher. Mme Rice a eu d'autres discussions avec l'envoyé spécial de l'ONU au Liban, Terje Roed-Larsen, lors de son passage à Washington la semaine dernière, a-t-il ajouté.
Alors que le président syrien et son homologue libanais Émile Lahoud discutaient à Damas des détails techniques de ce repli graduel, des soldats syriens ont entamé le démontage de leurs installations dans des secteurs des montagnes libanaises, à l'est de Beyrouth, à Hamana, Mdairidj, Soufar et Aley.
Des troupes syriennes ont également levé le camp au poste militaire de Dahr al Ouahch, toujours à l'est de la capitale, où des soldats libanais se tenaient prêts à prendre leur suite.
Pressé de toutes parts par la communauté internationale, lâché par Riyad et Moscou, Assad avait annoncé samedi un retrait progressif des 14 000 soldats syriens toujours déployés au Liban, dans un premier temps dans la plaine de la Békaa, puis sur la frontière syro-libanaise.
Dans un communiqué commun diffusé à l'issue de ses entretiens avec Émile Lahoud, la Syrie et le Liban ont annoncé que la première phase du retrait serait achevée avant la fin du mois.
«La commission militaire commune est chargée d'élaborer dans un délai d'un mois suivant la date du retrait des forces syriennes dans la Békaa un accord déterminant la taille et la durée du maintien des forces restantes», ajoute le communiqué.
Aucune date quant à un retrait total syrien n'est cependant donnée. La Syrie se réserve donc encore une certaine marge de manoeuvre, alors que l'ONU, les États-Unis, l'Union européenne et l'opposition libanaise demandent un retrait dans les meilleurs délais de la totalité des troupes syriennes du Liban.
Un responsable syrien a expliqué, mais sans donner non plus de date, que la Syrie allait retirer la totalité de ses troupes du Liban y compris ses services de renseignements militaires.
«Le Haut Conseil syro-libanais a pris une série de mesures pour faire appliquer l'accord de Taëf en vue d'un retrait syrien total du Liban», a-t-il dit. «Le retrait syrien englobe le retrait des services de renseignements militaires qui font partie des forces syriennes», a-t-il précisé. C'est la première fois que le retrait des membres des renseignements syriens est évoqué. Leur nombre exact est impossible à évaluer, mais des experts occidentaux l'estiment à trois ou quatre mille hommes.
Durant le sommet à Damas, au moins 150 000 Libanais selon la police, 200 000 à 250 000 selon les organisateurs, ont manifesté à Beyrouth pour réclamer la vérité sur l'assassinat le 14 février de l'ex-premier ministre Rafic Hariri, dont l'opposition libanaise accuse le régime libanais pro-syrien et la Syrie.
L'assassinat, imputé aux services syriens, de l'ancien premier ministre le 14 février dernier a bouleversé la donne au Liban. Hariri avait rallié l'opposition anti-syrienne, et sa mort a mobilisé l'opposition libanaise, soutenue avec force par la communauté internationale.
Scepticisme
Samedi soir, le leader druze de l'opposition, Walid Joumblatt, avait qualifié le discours d'Assad de «début positif». Mais l'opposition s'inquiète aussi de la sincérité syrienne.
Joint par téléphone à Paris, où il vit en exil depuis le début des années 1990, le général chrétien maronite Michel Aoun, a estimé hier que le retrait syrien était une manoeuvre ourdie par Damas «pour gagner du temps. Je ne pense pas qu'Assad respectera ses engagements, et ce ne sera pas la première fois [...] Il ne veut pas se retirer», a ajouté l'ancien chef de l'armée libanaise, farouche adversaire de la Syrie.
Réagissant à l'annonce du sommet de Damas, la Maison-Blanche a indiqué qu'elle souhaitait «de l'action et non des mots» de la Syrie. L'administration américaine s'inquiète du rôle qu'Assad entend maintenir sur le Liban — «Le retrait de la Syrie du Liban ne signifie pas l'absence d'un rôle [au Liban] pour la Syrie», a souligné le président syrien.
MM. Assad et Lahoud ont cependant affirmé leur volonté de «respecter toutes les résolutions de la légalité internationale y compris la 1559» du Conseil de sécurité qui réclame instamment le retrait total des quelque 14 000 soldats syriens du Liban. C'est la première fois que M. Lahoud annonce explicitement son intention de respecter la résolution 1559 qui stipule aussi le désarmement du Hezbollah chiite libanais.
Les États-Unis, l'Allemagne et la France ont manifesté leur volonté de ne pas relâcher la pression sur la Syrie, en vue d'un retrait intégral et rapide de ses troupes. Les présidents français Jacques Chirac et américain George W. Bush ont affirmé, dans un entretien téléphonique, «leur détermination à obtenir l'application pleine et entière de la 1559», ce qui passe «par le retrait des forces étrangères et des services [syriens]».
Le Hezbollah libanais, pro-syrien, a appelé pour sa part à un vaste rassemblement aujourd'hui dans le centre de Beyrouth pour soutenir Damas et s'opposer au «chaos» que l'Amérique et Israël, veulent répandre au Liban, selon le seul mouvement libanais à avoir été autorisé à conserver ses armes à l'issue de la guerre civile.
Par ailleurs, les États-Unis sont engagés dans des consultations avec d'autres pays ou institutions internationales pour voir comment aider les Libanais à tenir des élections libres, sans ingérence syrienne, a indiqué hier le département d'État américain.
La secrétaire d'État Condoleezza Rice a eu des entretiens téléphoniques à ce sujet avec le chef de la diplomatie française Michel Barnier et avec le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana, a indiqué le porte-parole Richard Boucher. Mme Rice a eu d'autres discussions avec l'envoyé spécial de l'ONU au Liban, Terje Roed-Larsen, lors de son passage à Washington la semaine dernière, a-t-il ajouté.
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