Le CHUM à Saint-Luc - Le meilleur choix pour les Montréalais, les Montérégiens, les Abitibiens...
Marie-Claude Martel - Directrice générale de l'Association des CLSC et des CHSLD du Québec
5 mars 2005
Dans le vaste débat entourant le choix du site du futur CHUM, on ne peut que saluer la tenue de la récente commission parlementaire, qui aura enfin mis les choses en perspective dans ce dossier.
En se situant au-dessus de la mêlée et au-dessus d'une logique visant à décréter un «perdant» ou un «gagnant» dans un camp ou l'autre, la commission aura servi les intérêts de tous les Québécois.
À cet égard, les audiences auront mis en lumière l'importance pour le gouvernement de faire un choix qui respectera notre capacité collective de payer. En effet, ce qui se dégage de l'ensemble de l'exercice, c'est à quel point le choix d'un projet inflationniste pourrait réduire à néant la marge de manoeuvre du gouvernement en matière de santé et de services sociaux.
Par conséquent, à ce stade-ci, il convient d'examiner lequel des deux projets pourrait le mieux servir non seulement les besoins en santé des Montréalais mais aussi ceux des Montérégiens, des Abitibiens, des Gaspésiens... bref, de l'ensemble de la population du Québec.
Un choix qui doit appuyer la réforme actuelle du réseau
On comprend donc que la question de l'emplacement du CHUM ne peut pas être prise en vase clos. D'autant plus qu'elle survient au milieu d'une vaste réforme du système de santé, amorcée en 2004 par le gouvernement et qui aura des impacts majeurs sur notre bien-être au cours des prochaines années.
Cette réforme indispensable, qui nécessitera des réinvestissements importants, aura «la même ampleur que ce qu'a réalisé [le ministre] Castonguay dans les années 70», selon André-Pierre Contandriopoulos, l'un des meilleurs experts québécois en administration de la santé. La réorganisation en cours, qui prend véritablement des allures de révolution en matière d'organisation de services, touchera à des choses concrètes et capitales: avoir accès à des services de santé au bon moment et au bon endroit.
Pour la réussite de cette réorganisation cruciale, nous avons donc le devoir de nous demander lequel, entre le projet du CHUM à Outremont et celui de l'emplacement Saint-Luc, contribuerait le mieux à son avancement. Poser la question en ces termes, c'est inévitablement prendre parti pour le projet le moins risqué en matière de finances publiques: le CHUM sur l'emplacement Saint-Luc.
Il faut aussi souligner que cette réforme est résolument axée sur le déploiement des services de proximité. Or le projet de la gare de triage d'Outremont, qui ne comblerait en aucun cas le manque de ressources hospitalières pour les populations du centre-ville et de l'est de Montréal, va à contre-courant de cette orientation.
Cela constitue déjà une raison suffisante pour choisir d'implanter le CHUM au centre-ville. Mais le projet d'Outremont n'est pas seulement préoccupant pour les populations du centre-ville et de l'est de Montréal, et c'est là sa plus grande lacune: il l'est aussi pour les sept millions de Québécois.
Une menace pour les budgets de santé des régions
La réforme proposée par le gouvernement est bien enclenchée. Certains fruits commencent même à poindre. Mais nous arrivons maintenant à un important carrefour. Nous en sommes au moment où le gouvernement doit décider des budgets qui seront alloués au système de santé et de services sociaux ainsi que de la façon dont ces budgets seront utilisés.
Quand on considère le manque criant de ressources dans le système public — rappelons simplement qu'à Montréal, 4000 personnes sont actuellement en attente de soins à domicile —, il apparaît évident que le gouvernement doit aborder cet exercice budgétaire avec un maximum de doigté et de prudence.
Il serait ainsi irresponsable de s'engager dans un scénario de développement qui comporte trop d'inconnues quant aux fonds engagés dans sa réalisation. De ce point de vue, le projet de la gare de triage d'Outremont nous apparaît fortement risqué: la complexité du projet sur le plan de sa faisabilité menace, en soi, le respect du cadre budgétaire prévu.
En s'engageant dans un projet d'hôpital universitaire qui coulerait littéralement dans le béton les faibles marges de manoeuvre dévolues à la santé, le gouvernement du Québec risque d'être le fossoyeur de sa propre réforme. Il compromettrait pour plusieurs années sa capacité à répondre aux besoins croissants de ses citoyens en santé et services sociaux. Notre société a-t-elle les moyens de prendre ce risque?
Pour un CHUM au centre-ville, rapidement
L'ACCQ reconnaît l'importante pour le Québec de se doter d'un nouveau centre hospitalier universitaire francophone qui offrira toute une gamme de services spécialisés et surspécialisés à la population. Il est par contre impérieux, comme nous venons de le démontrer, que les sommes dévolues à la construction du futur CHUM respectent le budget initial de 800 millions de dollars de fonds publics.
Nous demandons donc au gouvernement d'opter pour un choix d'emplacement du nouveau CHUM qui respectera l'enveloppe budgétaire prévue. Il doit aussi se faire dans les meilleurs délais afin de lever l'incertitude qui pèse sur les budgets de santé et de services sociaux pour les prochaines années.
En se situant au-dessus de la mêlée et au-dessus d'une logique visant à décréter un «perdant» ou un «gagnant» dans un camp ou l'autre, la commission aura servi les intérêts de tous les Québécois.
À cet égard, les audiences auront mis en lumière l'importance pour le gouvernement de faire un choix qui respectera notre capacité collective de payer. En effet, ce qui se dégage de l'ensemble de l'exercice, c'est à quel point le choix d'un projet inflationniste pourrait réduire à néant la marge de manoeuvre du gouvernement en matière de santé et de services sociaux.
Par conséquent, à ce stade-ci, il convient d'examiner lequel des deux projets pourrait le mieux servir non seulement les besoins en santé des Montréalais mais aussi ceux des Montérégiens, des Abitibiens, des Gaspésiens... bref, de l'ensemble de la population du Québec.
Un choix qui doit appuyer la réforme actuelle du réseau
On comprend donc que la question de l'emplacement du CHUM ne peut pas être prise en vase clos. D'autant plus qu'elle survient au milieu d'une vaste réforme du système de santé, amorcée en 2004 par le gouvernement et qui aura des impacts majeurs sur notre bien-être au cours des prochaines années.
Cette réforme indispensable, qui nécessitera des réinvestissements importants, aura «la même ampleur que ce qu'a réalisé [le ministre] Castonguay dans les années 70», selon André-Pierre Contandriopoulos, l'un des meilleurs experts québécois en administration de la santé. La réorganisation en cours, qui prend véritablement des allures de révolution en matière d'organisation de services, touchera à des choses concrètes et capitales: avoir accès à des services de santé au bon moment et au bon endroit.
Pour la réussite de cette réorganisation cruciale, nous avons donc le devoir de nous demander lequel, entre le projet du CHUM à Outremont et celui de l'emplacement Saint-Luc, contribuerait le mieux à son avancement. Poser la question en ces termes, c'est inévitablement prendre parti pour le projet le moins risqué en matière de finances publiques: le CHUM sur l'emplacement Saint-Luc.
Il faut aussi souligner que cette réforme est résolument axée sur le déploiement des services de proximité. Or le projet de la gare de triage d'Outremont, qui ne comblerait en aucun cas le manque de ressources hospitalières pour les populations du centre-ville et de l'est de Montréal, va à contre-courant de cette orientation.
Cela constitue déjà une raison suffisante pour choisir d'implanter le CHUM au centre-ville. Mais le projet d'Outremont n'est pas seulement préoccupant pour les populations du centre-ville et de l'est de Montréal, et c'est là sa plus grande lacune: il l'est aussi pour les sept millions de Québécois.
Une menace pour les budgets de santé des régions
La réforme proposée par le gouvernement est bien enclenchée. Certains fruits commencent même à poindre. Mais nous arrivons maintenant à un important carrefour. Nous en sommes au moment où le gouvernement doit décider des budgets qui seront alloués au système de santé et de services sociaux ainsi que de la façon dont ces budgets seront utilisés.
Quand on considère le manque criant de ressources dans le système public — rappelons simplement qu'à Montréal, 4000 personnes sont actuellement en attente de soins à domicile —, il apparaît évident que le gouvernement doit aborder cet exercice budgétaire avec un maximum de doigté et de prudence.
Il serait ainsi irresponsable de s'engager dans un scénario de développement qui comporte trop d'inconnues quant aux fonds engagés dans sa réalisation. De ce point de vue, le projet de la gare de triage d'Outremont nous apparaît fortement risqué: la complexité du projet sur le plan de sa faisabilité menace, en soi, le respect du cadre budgétaire prévu.
En s'engageant dans un projet d'hôpital universitaire qui coulerait littéralement dans le béton les faibles marges de manoeuvre dévolues à la santé, le gouvernement du Québec risque d'être le fossoyeur de sa propre réforme. Il compromettrait pour plusieurs années sa capacité à répondre aux besoins croissants de ses citoyens en santé et services sociaux. Notre société a-t-elle les moyens de prendre ce risque?
Pour un CHUM au centre-ville, rapidement
L'ACCQ reconnaît l'importante pour le Québec de se doter d'un nouveau centre hospitalier universitaire francophone qui offrira toute une gamme de services spécialisés et surspécialisés à la population. Il est par contre impérieux, comme nous venons de le démontrer, que les sommes dévolues à la construction du futur CHUM respectent le budget initial de 800 millions de dollars de fonds publics.
Nous demandons donc au gouvernement d'opter pour un choix d'emplacement du nouveau CHUM qui respectera l'enveloppe budgétaire prévue. Il doit aussi se faire dans les meilleurs délais afin de lever l'incertitude qui pèse sur les budgets de santé et de services sociaux pour les prochaines années.
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