samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 01h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Commission Gomery - Jean Lafleur avait un ami «charmant» à Ottawa

L'homme d'affaires rencontrait Jean Pelletier «sans but précis»

Brian Myles   3 mars 2005 
Alors que ses contrats avec le gouvernement fédéral fondaient comme neige au soleil, en 1998 et 1999, Jean Lafleur a lunché à quelques reprises avec Jean Pelletier, le chef de cabinet du premier ministre du Canada, et lui a même adressé une télécopie faisant état d'un manque à gagner de 5,8 millions de dollars pour son agence de publicité. Il se rendait cependant à ces dîners d'affaires sans intentions cachées, dit-il, heureux de se régaler en compagnie d'un ami «charmant» et «cultivé».

Jamais M. Lafleur n'a discuté en détail du programme des commandites avec Jean Pelletier lors de ces trois ou quatre dîners d'affaires, dont il payait toujours la note, à Ottawa. En aurait-il parlé en général? «Peut-être», a-t-il répondu devant la commission Gomery. Mais il n'avait aucune raison précise pour dîner avec M. Pelletier, si ce n'est pour «établir un bon contact». «M. Pelletier est un homme charmant. On est du même âge, on partageait des passions ensemble, de bons repas, un bon verre de vin, mais il n'y avait pas de but précis. [...] C'est toujours intéressant de parler avec M. Pelletier. C'est un homme cultivé, c'est un homme intéressant. [...] Nous étions deux bons fédéralistes», a-t-il dit.

Une seule fois

M. Lafleur a par ailleurs rencontré Jean Pelletier lors du tournoi de golf de Jean Chrétien, à Shawinigan, à l'occasion d'un dîner-bénéfice du premier ministre à l'hôtel Reine-Elizabeth, à Montréal, ou encore au bureau de M. Pelletier, à Ottawa, pour le remercier d'avoir embauché son fils, Éric Lafleur.

M. Lafleur a abordé de front la question des commandites une seule fois avec Jean Pelletier, dans une télécopie du 11 juin 1998. Son agence, Jean Lafleur Communication Marketing (JLCM), a reçu 15,7 millions en contrats du gouvernement fédéral en 1996 et 10,3 millions l'année suivante. Elle a cependant connu un ralentissement en 1998, incitant Jean Lafleur à envoyer cette télécopie à l'attention de «Cher Monsieur Jean», dans laquelle il fait état du manque à gagner de 5,8 millions en contrats de commandite par rapport à l'année précédente.

Jean Pelletier n'a jamais donné suite à cette missive, comme il en a témoigné lors de son passage devant la commission Gomery. Quant à Jean Lafleur, il a continué d'entretenir ses relations avec Jean Pelletier, mais ses contrats avec le gouvernement ont poursuivi leur déclin, ce qu'il n'a pas manqué de souligner. Charles Guité, l'ex-directeur du programme des commandites, lui a tout simplement indiqué que d'autres agences de communication avaient offert leurs services au gouvernement.

Dépenses injustifiées

La série de questions du procureur Guy Cournoyer au sujet de la télésérie sur Maurice Richard a apporté un énième exemple des irrégularités dans la gestion du programme fédéral des commandites par JLCM. Cette série fut l'un des cinq plus grands succès de la télévision canadienne, une réalisation dont Jean Lafleur garde un impérissable souvenir de fierté. Mais sa mémoire lui fait défaut lorsque vient le temps de justifier une facture de 112 500 $ envoyée au ministère des Travaux publics pour ses services.

La somme correspond à une commission de 15 % que JLCM a touchée pour acheminer une commandite de 862 500 $ des Travaux publics à Via Rail. À cette somme s'ajoute une autre commission de 42 000 $ pour le transfert d'une deuxième commandite de 402 500 $. Via Rail, la société de la Couronne qui commanditait la série sur Maurice Richard, a finalement remis l'argent

à L'Information essentielle, le producteur des émissions.

Jean Lafleur se souvient bien du succès de l'événement: cinq millions de téléspectateurs pour la série, un million pour le gala sur Maurice Richard, 200 articles de presse et des retombées d'une «valeur inestimable» pour le transporteur ferroviaire. Mais il ne peut expliquer concrètement son travail. Il a réuni des personnes autour d'une même table, dont Charles Guité, et des membres de la direction de Via Rail. Il a sûrement dépêché des employés sur place pour l'organisation du gala sur Maurice Richard, mais il ne se souvient pas de leur emploi du temps.

Lors de son passage à la commission, le producteur de la série, Robert-Guy Scully, a exprimé sa surprise lorsqu'il a appris que JLCM avait facturé le gouvernement pour son travail. «Je pense que le gouvernement en a eu pour son argent; "best value money can buy", je suis convaincu de ça», affirme pour sa part Jean Lafleur pour qualifier l'ensemble de son travail auprès du gouvernement et de ses principales sociétés. Son témoignage se poursuit aujourd'hui.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Robert Fournier
    Inscrit
    jeudi 3 mars 2005 12h46
    Direction politique
    Voici j'ai écouté en partie la journée d'hier présenté à la télé. J'ai noté qu M.Lafleur a mentionné qu'il avait aussi rencontré M Pelletier au hasard sur la rue pour lui faire part des baisses dans l'obtention de contrats pour les commandites et de répondre M Pelletier envoyé moi un fax et je verrai ce que je peux faire, il est permis de conclure que M. Lafleur pouvait croire que les contrats qu'Il recevait du gouvernement ou anticipait une direction politique. De plus lorsqu'il en parle à M. Guité ce dernier le réfaire à M.Gagliano, nous verrons les conclusions du rapport.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012