Lettres: Le professeur Alain Juppé
Louis-Edmond Hamelin - Professeur émérite à l'Université Laval et ancien recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Trois-Rivières, le 28 février 2005
2 mars 2005
De nombreuses personnes ont été étonnées de l'opinion d'intellectuels québécois réputés en ce qui concerne l'enseignement au Québec d'une grande personnalité de France. Leur argumentation semble plus moralisante que convaincante.
Le choix des enseignants relève des institutions; dans le cas présent, c'est à l'ENAP d'en décider; en fait, elle s'est positivement prononcée à chacune de ses propres instances. Par ailleurs, la présidence de l'Université du Québec a sans doute suivi de près l'évolution du dossier. La tentative d'ingérence par autrui n'est pas bienvenue.
Ceux qui se sont institués, d'ailleurs sans mandat, orienteurs de la conscience publique ont-ils préalablement réfléchi aux conséquences que leur condamnation sectorielle peut avoir dans d'autres champs des relations Québec-France? À cette enseigne, la réaction laurentienne crée des malaises inutiles.
Le Québec n'a pas à se mêler d'un écart de conduite en rapport à des pratiques de financement d'un autre pays. Et surtout quand celui-ci en a dûment disposé.
Les critiques laurentiennes ne distinguent pas l'arbre de la forêt. L'essentiel du séjour d'Alain Juppé au Québec réside dans la communication, d'ailleurs en français, d'une expérience politique exceptionnelle. Le candidat, si on peut dire ainsi, possède une fiche presque incomparable, ayant occupé des postes clés d'une grande capitale et d'un gouvernement de forte influence internationale. Il est indécent de priver des étudiants d'ici d'une telle compétence, même de tenter de le faire. La vie universitaire du Québec ne sortirait pas grandie si les opposants décourageaient l'homme en vue de venir enseigner et s'intéresser à la notion de l'identité des peuples.
Oublions la rectitude à l'ancienne de ténors qui voudraient peut-être confier au Québec l'aumônerie de la francophonie.
Le choix des enseignants relève des institutions; dans le cas présent, c'est à l'ENAP d'en décider; en fait, elle s'est positivement prononcée à chacune de ses propres instances. Par ailleurs, la présidence de l'Université du Québec a sans doute suivi de près l'évolution du dossier. La tentative d'ingérence par autrui n'est pas bienvenue.
Ceux qui se sont institués, d'ailleurs sans mandat, orienteurs de la conscience publique ont-ils préalablement réfléchi aux conséquences que leur condamnation sectorielle peut avoir dans d'autres champs des relations Québec-France? À cette enseigne, la réaction laurentienne crée des malaises inutiles.
Le Québec n'a pas à se mêler d'un écart de conduite en rapport à des pratiques de financement d'un autre pays. Et surtout quand celui-ci en a dûment disposé.
Les critiques laurentiennes ne distinguent pas l'arbre de la forêt. L'essentiel du séjour d'Alain Juppé au Québec réside dans la communication, d'ailleurs en français, d'une expérience politique exceptionnelle. Le candidat, si on peut dire ainsi, possède une fiche presque incomparable, ayant occupé des postes clés d'une grande capitale et d'un gouvernement de forte influence internationale. Il est indécent de priver des étudiants d'ici d'une telle compétence, même de tenter de le faire. La vie universitaire du Québec ne sortirait pas grandie si les opposants décourageaient l'homme en vue de venir enseigner et s'intéresser à la notion de l'identité des peuples.
Oublions la rectitude à l'ancienne de ténors qui voudraient peut-être confier au Québec l'aumônerie de la francophonie.
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