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Les autochtones laissés à eux-mêmes

Brian Myles   28 février 2005 
Le Devoir termine aujourd'hui son dossier sur les autochtones en situation d'itinérance à Montréal par un survol des ressources mises à leur disposition lorsqu'ils expriment le désir de se prendre en charge. Si la vie dans la rue s'avère éprouvante, le chemin de la réinsertion l'est encore plus.
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  • Bibiane Beauregard - Abonnée
    1 mars 2005 13 h 18
    Ces étranges amérindiens. Qui sont -ils?
    Se peut-il qu' il y ait tant d' autochtones itinérants? En plus des limites physiques et psychologiques qui les caractérisent suite à un mode de vie précaire, aux abus d' alcool et du rejet qu' ils subissent depuis leur tout jeune âge, ils doivent tenter tant bien que mal de mener une vie normale avec toutes les responsabilités et les défis que même un blanc(che) arrive à peine à relever.

    J' ai vécu à proximité d' une réserve amérindienne et j' en ai même la double citoyenneté; pourtant je ne parle même pas l'algonquin. Les ''Indiens'' car c' est ainsi qu' on les a toujours appelés par chez-nous ne nous côtoyaient pas à l' école; ils avaient la leur. On les voyait chez le médecin, dans les magasins, à l' hôpital... on n' entrait pas en contact avec eux et eux non plus.

    Plus tard j' ai eu le bonheur de connaître les ''Indiens'' de la Moyenne Côte-Nord. Je n' ai toujours pas fait l' effort d' apprendre le Montagnais et pourtant j' aurais pu. Ils parlaient tellement bien le français et la voie (voix) facile de communiquer en français m' était offerte sur un plateau d' argent.

    Je regrette ces années où j' aurais pu m' enrichir d' avantage -- en apprenant leur langue, au contact d' un peuple à l' imaginaire et à l' humour poétiques en symbiose avec la nature. Je n' oublierai jamais ces heures silencieuses où les mots étaient superflus; nous étions là ensemble, nous profitions du temps présent, de l' acceptation mutuelle de notre culture, de nos habitudes de vie et de nos ''êtres''...Cela s' apprend. Il faut du temps et une réceptivité inconditionnelle de part et d' autre.

    Mon grand-père a dû garder son secret, ne pas révéler qu' il était le fils d' une ''Indienne''. C' est ainsi qu' il a pu gagner sa vie et ''faire vivre sa famille'' honorablement avec le peu de moyens dont ils disposait avec ma grand-mère elle aussi de souche amérindienne.

    Si on cessait cette exlusion dès l' enfance, on pourrait peut-être grandir ensemble et construire nos identités respectives dans la reconnaissance et le respect de nos différences. Ce regard de suspicion n' aurait plus sa raison d' être de même que le sentiment d' étrangeté qui nous habite sans que l' on sache vraiment son origine.

    Ainsi,la fuite dans l'alcool et les drogues ne serait plus l' alternative à la solution des problèmes personnels et familiaux. Les réserves amérindiennes ont sûrement leur place mais ne peuvent subvenir à tous les besoins de tous et chacun. Les ''Indiens''continuent de se sentir abandonnés et mal-aimés...Que ferions-nous à leur place?
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