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Financement boiteux des sciences humaines et sociales - Un engagement trop fondé sur les sacrifices personnels

Collectif  21 février 2005 
Nous venons alimenter le débat soulevé autour du texte intitulé «Aller au-delà de la politique des deux sous», proposé par Pierre Noreau et plusieurs chercheurs dans la page Idées du Devoir du 24 janvier 2005.

À la lecture de ce texte, nous avons non seulement appris que les investisseurs publics en recherche ne reflètent pas les besoins actuels en sciences humaines et sociales, en arts et en lettres, mais que l'absence de cet engagement gouvernemental compromet le développement stratégique de ces champs de savoir qui, contrairement aux sciences de la nature et de la santé, ne reçoivent aucun soutien du secteur privé.

Étudiantes à la maîtrise en éducation, nous nous sommes reconnues dans ces lignes:
- certaines d'entre nous sont étudiantes à temps complet, sans prêt ni bourse.
- d'autres sont à temps complet avec prêt et bourse.
- d'autres encore étudient à temps partiel, travaillant à temps complet comme enseignante.
- une autre étudie à temps partiel sans prêt et s'occupe de son enfant à temps plein.
- aucune n'a obtenu une bourse de recherche pour poursuivre son programme de deuxième cycle en maîtrise.

En fait, la majorité d'entre nous se retrouve dans une situation soit de conciliation travail-études, soit de conciliation famille-études.

Engagement collectif à soutenir

Nous faisons une maîtrise en éducation par conviction, parce que nous croyons qu'il est nécessaire de développer les connaissances afin de prévenir les problèmes et d'améliorer ainsi notre société. Nous sommes intéressées notamment à la réussite scolaire, à la francisation, aux classes d'accueil, à l'éducation interculturelle et à la citoyenneté, à la communication entre la famille et l'école et au développement professionnel des enseignants oeuvrant dans les milieux économiquement défavorisés et/ou pluriethniques.

Nous sommes convaincues qu'un enseignement de qualité à tous les ordres d'enseignement ne peut faire l'économie de la réflexion et de la recherche en éducation. Cet engagement social ne peut pas se faire seulement au prix de sacrifices personnels importants. La réflexion et la recherche en éducation doivent être un engagement collectif reconnu comme tel et soutenu financièrement pour le mieux-être et le développement de toute une société.

Lysange Gervais, Caroline Chartrand, Marie-Ève Chaput, Josiane Fréchette, Geneviève Labrie, Alexandra Perras, Veronica Leuprecht, Regina Baumgartner, Brigitte Lafleur, Florina Baiaçu, Charlette Ménard, Caroline Parent

Étudiantes à la maîtrise en éducation

Nicole Carignan

Professeure, Département d'éducation et formation spécialisées, Université du Québec à Montréal
 
 
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