dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Caucus libéral - 94 députés sur 170 appuient Chrétien

L'équipe Chrétien publie une liste dans un geste de dernière minute

Manon Cornellier   19 août 2002 
À la veille d'une réunion du caucus national libéral qui s'annonce houleuse, deux ministres et trois députés ont, à la dernière minute hier, convoqué la presse pour rendre publique une liste de 94 députés libéraux ayant promis d'appuyer le premier ministre Jean Chrétien lors du vote de révision du leadership de février prochain.

Malgré les allures improvisées de l'opération, ils ont nié faire un geste désespéré ou agir sous le coup de la panique afin de modifier l'impression négative laissée par un sondage dévastateur publié vendredi dernier. «Ce n'est ni à la dernière minute ni quoi que ce soit. C'est le moment propice de faire cette intervention, d'indiquer cet appui considérable à l'endroit du premier ministre. Le faisant quelques jours avant le caucus, nous voulons [faire en sorte] que le caucus se concentre sur tous les dossiers importants pour les Canadiens», a soutenu le leader parlementaire Don Boudria.

«C'est pour faire en sorte que le caucus soit, comme il se doit, [...] une session de travail», a renchéri le ministre de la Justice, Martin Cauchon, qui a retardé son départ pour Saguenay pour être là. «Nous sommes ici justement pour éviter que le caucus passe trop de temps à parler de leadership», a ajouté le député Mac Harb, qui était accompagné des députés Dominic Leblanc et Bonnie Brown.

Les organisateurs de la liste n'ont pourtant commencé à contacter les députés qu'à la fin de la semaine dernière. Mme Brown n'en a elle-même entendu parler que vendredi après-midi. Quant à la conférence de presse, elle a été convoquée à moins d'une heure d'avis.

Le moment choisi est révélateur. Depuis plusieurs semaines, des députés se disent prêts à profiter du caucus pour donner l'heure juste au premier ministre. Leur message est clair: Jean Chrétien n'a plus l'appui de la majorité des militants et des électeurs. L'équipe Chrétien croyait encore, la semaine dernière, pouvoir contrer la vague, mais un sondage Ipsos-Reid paru vendredi dans le Globe and Mail est venu tout bouleverser.

Selon l'enquête réalisée les 13 et 14 août dernier auprès de 971 Canadiens, les libéraux auraient glissé de 46 à 41 % dans les intentions de vote en un mois. Environ 55 % des personnes jointes blâmaient le premier ministre pour la crise et 78 % disaient qu'ils voteraient pour une révision du leadership de Jean Chrétien s'ils en avaient l'occasion. Environ 64 % jugeaient que le ministre s'accrochait au pouvoir. Les trois quarts des électeurs trouvaient par ailleurs que les affaires de l'État étaient négligées à cause de cette lutte intestine.

Dans le camp Martin, plusieurs députés confiaient vendredi que le sondage était assez clair pour leur permettre de concentrer leur attention, lors du caucus, sur les dossiers du gouvernement. Dans le camp Chrétien, on y voyait un argument de plus pour renouveler l'appui au premier ministre afin qu'il puisse gouverner en paix.

Malgré cela, la question du leadership ne pourra pas être écartée aussi aisément lors de la réunion de cette semaine. Le caucus est divisé et la liste publiée hier ne règle rien à cet égard. Le caucus libéral compte 170 députés, ce qui signifie que seulement 55 % d'entre eux ont verbalement confirmé «leur appui au premier ministre à l'occasion du vote de révision qui se tiendra au congrès national du Parti libéral afin qu'il puisse mener à terme le mandat que lui a conféré la population canadienne il y a moins de deux ans».

Personne n'a voulu dire combien de députés avaient été sollicités ni combien avaient refusé leur appui. On préférait répéter que des gens continuaient à téléphoner pour faire ajouter leur nom sur la liste et qu'elle pourrait par conséquent s'allonger. Si tel est le cas, pourquoi ne pas avoir attendu le tournoi de golf du caucus, aujourd'hui, ou le début de la réunion du caucus, demain, pour la compléter avant de la dévoiler? ont demandé les journalistes, perplexes.

«Pourquoi? Vous avez la réponse dans votre tête. [...] On tente d'obtenir de M. Martin une position claire. Plusieurs journalistes lui ont demandé ce que faisait son équipe et il semble incapable à ce moment-ci de préciser ce qu'il fait. [...] J'ai cru que ce n'était pas une bonne idée de le contacter pour le faire concentrer sur cette déclaration», a été la réponse de M. Cauchon.

Les cinq députés et ministres, qui disent refléter la volonté de leurs électeurs, ont aussi affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une tentative d'isolement ou d'exclusion de certains membres du caucus. Pourtant, quelques minutes plus tard, le ministre Cauchon avouait n'avoir rien fait pour contacter Paul Martin, occupé de son côté à serrer des mains à un pique-nique à Montréal.

Plusieurs supporteurs de l'ancien ministre ont d'ailleurs dit n'avoir jamais entendu parler de cette déclaration d'appui au premier ministre.

Une déclaration similaire à celle dévoilée hier circule parmi les sénateurs. Selon la Presse canadienne, 49 des 62 sénateurs libéraux l'auraient signée.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012