Libre opinion: Autour de la transformation de Zone libre
Louis Lalande - Directeur général des programmes (information), télévision de Radio-Canada
10 février 2005
L'annonce récente d'importants changements touchant le magazine d'information Zone libre donne lieu depuis quelque temps à des interprétations erronées ou abusives dans la presse, tant sur cette émission que sur le service de l'information en général. C'est pourquoi il convient de rétablir un certain nombre de faits.
La télévision de Radio-Canada fait face, il est vrai, à des restrictions budgétaires importantes qui touchent l'ensemble de ses services. Ces compressions obligent donc le service de l'information, comme tous les autres, à revoir ses activités afin de redéployer ses ressources et de s'acquitter de son mandat fondamental, soit d'informer les francophones du Canada sur toute question susceptible d'affecter leur vie, ici ou ailleurs dans le monde.
La transformation de Zone libre s'inscrit à la fois dans ce contexte et dans celui, plus global, de la mise en valeur plus globale de notre expertise afin de permettre à la télévision publique de remplir ses obligations de qualité et de pertinence. Et cette transformation ne signifie pas, loin s'en faut, que Radio-Canada a pris la décision de sonner le glas de la couverture internationale, bien au contraire, car ce type de couverture ne s'incarne pas dans un seul titre ou un seul créneau d'émission.
Zone libre est une émission hebdomadaire et nos besoins en couverture internationale sont quotidiens. Parler de redéploiement signifie donc ici que l'expertise internationale de nos équipes, des femmes et des hommes de grand talent, sera mise à contribution là où elle aura le plus grand impact auprès de l'auditoire, notamment dans nos différents rendez-vous de nouvelles.
Il importe par ailleurs de rappeler que Zone libre consacrait un peu moins de la moitié de ses éditions à des sujets internationaux et qu'une partie de son mandat était de produire de grandes enquêtes sur des sujets fondamentaux. Nous entendons cette année non seulement maintenir cette ambition mais lui donner le plus grand impact possible dans huit grands rendez-vous d'enquête qui se voudront des incontournables en information. Il est donc facile mais rigoureusement trompeur de voir dans ces rendez-vous un Zone libre réduit à néant.
Une deuxième précision s'impose. Certains voient dans la diffusion de documentaires ou de grands reportages de producteurs canadiens privés dans le créneau de Zone libre le signe d'une privatisation sournoise de l'information à Radio-Canada. Rien n'est plus faux.
Radio-Canada, de par ses obligations de licence auprès du CRTC, doit chaque année financer des documentaires de réalisateurs privés. Zone libre s'est acquittée avec bonheur de cette obligation depuis sa création, en 1998. Toutes les grandes télévisions publiques du monde agissent de même, et quiconque regarde la BBC ou TF1, France 2 ou 3 ou 5 constatera que ces télévisions diffusent aussi de tels documentaires, et ce, dans des proportions beaucoup plus considérables que Radio-Canada.
Tout récemment, Zone libre diffusait un documentaire important, gagnant du prix du public au Festival de Sundance, J'ai serré la main du diable, qui raconte le rôle héroïque du général Roméo Dallaire lors du génocide au Rwanda, en 1994. Radio-Canada a été un étroit partenaire dans la production de ce documentaire car elle était présente au Rwanda dès les tout premiers jours du génocide afin d'alerter la communauté internationale de l'ampleur de cette tragédie. Radio-Canada était alors la seule télévision canadienne dans ce coin du monde. C'était en 1994, bien avant Zone libre.
Une chose est donc très claire: Radio-Canada demeure aux premières lignes de ce qui se passe dans le monde et continuera d'y jouer son rôle. Il n'est jamais simple de choisir où et comment redéployer ses ressources, mais ces choix doivent être faits. Radio-Canada, de par sa mission, produit plus d'émissions d'affaires publiques que tous ses concurrents du privé mis ensemble. Maintenir le même nombre d'éditions de Zone libre qu'au cours de la présente saison sans lui donner les moyens de ses ambitions n'aurait pas fait les manchettes, c'est vrai, mais cela aurait été contraire à l'intérêt de ceux qui nous écoutent et qui n'attendent de leur télévision publique que le meilleur.
La télévision de Radio-Canada fait face, il est vrai, à des restrictions budgétaires importantes qui touchent l'ensemble de ses services. Ces compressions obligent donc le service de l'information, comme tous les autres, à revoir ses activités afin de redéployer ses ressources et de s'acquitter de son mandat fondamental, soit d'informer les francophones du Canada sur toute question susceptible d'affecter leur vie, ici ou ailleurs dans le monde.
La transformation de Zone libre s'inscrit à la fois dans ce contexte et dans celui, plus global, de la mise en valeur plus globale de notre expertise afin de permettre à la télévision publique de remplir ses obligations de qualité et de pertinence. Et cette transformation ne signifie pas, loin s'en faut, que Radio-Canada a pris la décision de sonner le glas de la couverture internationale, bien au contraire, car ce type de couverture ne s'incarne pas dans un seul titre ou un seul créneau d'émission.
Zone libre est une émission hebdomadaire et nos besoins en couverture internationale sont quotidiens. Parler de redéploiement signifie donc ici que l'expertise internationale de nos équipes, des femmes et des hommes de grand talent, sera mise à contribution là où elle aura le plus grand impact auprès de l'auditoire, notamment dans nos différents rendez-vous de nouvelles.
Il importe par ailleurs de rappeler que Zone libre consacrait un peu moins de la moitié de ses éditions à des sujets internationaux et qu'une partie de son mandat était de produire de grandes enquêtes sur des sujets fondamentaux. Nous entendons cette année non seulement maintenir cette ambition mais lui donner le plus grand impact possible dans huit grands rendez-vous d'enquête qui se voudront des incontournables en information. Il est donc facile mais rigoureusement trompeur de voir dans ces rendez-vous un Zone libre réduit à néant.
Une deuxième précision s'impose. Certains voient dans la diffusion de documentaires ou de grands reportages de producteurs canadiens privés dans le créneau de Zone libre le signe d'une privatisation sournoise de l'information à Radio-Canada. Rien n'est plus faux.
Radio-Canada, de par ses obligations de licence auprès du CRTC, doit chaque année financer des documentaires de réalisateurs privés. Zone libre s'est acquittée avec bonheur de cette obligation depuis sa création, en 1998. Toutes les grandes télévisions publiques du monde agissent de même, et quiconque regarde la BBC ou TF1, France 2 ou 3 ou 5 constatera que ces télévisions diffusent aussi de tels documentaires, et ce, dans des proportions beaucoup plus considérables que Radio-Canada.
Tout récemment, Zone libre diffusait un documentaire important, gagnant du prix du public au Festival de Sundance, J'ai serré la main du diable, qui raconte le rôle héroïque du général Roméo Dallaire lors du génocide au Rwanda, en 1994. Radio-Canada a été un étroit partenaire dans la production de ce documentaire car elle était présente au Rwanda dès les tout premiers jours du génocide afin d'alerter la communauté internationale de l'ampleur de cette tragédie. Radio-Canada était alors la seule télévision canadienne dans ce coin du monde. C'était en 1994, bien avant Zone libre.
Une chose est donc très claire: Radio-Canada demeure aux premières lignes de ce qui se passe dans le monde et continuera d'y jouer son rôle. Il n'est jamais simple de choisir où et comment redéployer ses ressources, mais ces choix doivent être faits. Radio-Canada, de par sa mission, produit plus d'émissions d'affaires publiques que tous ses concurrents du privé mis ensemble. Maintenir le même nombre d'éditions de Zone libre qu'au cours de la présente saison sans lui donner les moyens de ses ambitions n'aurait pas fait les manchettes, c'est vrai, mais cela aurait été contraire à l'intérêt de ceux qui nous écoutent et qui n'attendent de leur télévision publique que le meilleur.
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