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L'autre mégaprocès des Hells - Le juge Réjean Paul se fait rassurant pour les jurés

«S'il y a eu des problèmes devant le juge Boilard, il n'y en aura pas devant moi»

Jeanne Corriveau   17 août 2002 
Le juge Réjean Paul, qui préside le procès des 13 présumés membres ou associés des Hells Angels accusés de meurtre prémédité, entend se montrer plus conciliant envers les candidats jurés que son collègue Jean-Guy Boilard. Il a promis hier de tenir compte des préjudices financiers que cause aux jurés la tenue d'un long procès, lorsque débutera la sélection des membres du jury le 9 septembre prochain.

Lors de travaux préparatoires tenus hier au Centre de services judiciaires Gouin, le juge Paul et les avocats des deux parties ont convenu d'un calendrier pour la poursuite des procédures. Ainsi, la conférence préparatoire commencera le 26 août prochain, alors que la sélection des 12 membres du jury se déroulera à partir du 9 septembre au palais de justice de Montréal. Pas question de reporter cette procédure même si l'audition des requêtes n'est pas terminée à cette date, a insisté le juge.

Comme le juge a émis une ordonnance de non-publication, les propos échangés hier matin en salle d'audience ne peuvent être rapportés dans les médias, à l'exception des précisions qu'a données le magistrat au sujet de la sélection des jurés.

Invoquant le Code criminel, le juge Paul a rappelé que l'article 632 accorde au juge qui préside la sélection d'un jury «toute la latitude voulue pour ne pas créer d'injustice en voulant rendre la justice.» Il a donc l'intention de tenir compte des préjudices financiers qu'impose la tâche de juré lors d'un procès de longue durée et d'exempter un candidat susceptible de subir des inconvénients jugés sérieux. «Il n'y a aucun problème de ce côté-là. S'il y en a eu devant le juge Boilard, il n'y en aura pas devant moi», a-t-il précisé.

On se rappellera qu'en entrevue radiophonique plus tôt cette semaine, la jurée numéro trois au procès avorté de 17 motards criminels avait qualifié de très intimidante l'attitude du juge Boilard à l'égard des candidats jurés qui ont défilé devant lui au printemps dernier.

Une façon pour le magistrat d'asseoir son autorité, avait-elle dit. Le juge Réjean Paul a donc voulu rassurer ceux qui devront siéger lors du prochain mégaprocès.

Les tribunaux fort occupés

Deux procès d'envergure pourraient donc se dérouler simultanément cet automne au Centre de services judiciaires Gouin: celui des 13 motards criminels présidé par le juge Paul et celui des 17 autres sous la conduite du juge Pierre Béliveau, dont la conférence préparatoire est prévue le 27 août prochain. La sélection du jury pour ce procès devrait avoir lieu en octobre. De plus, 13 de ces 17 motards devront revenir devant le tribunal pour y subir un autre procès, car ils font aussi face à des accusations de meurtre; rappelons que, pour simplifier les procédures, le tribunal avait décidé de scinder les accusations contre les membres de ce groupe.

Quant au chef des Nomads, Maurice Boucher, reconnu coupable du meurtre de deux gardiens de prison au printemps dernier, il devra subir un autre procès. À l'origine, il devait être jugé au côté des 13 motards qui comparaissent actuellement devant le juge Paul, mais comme il subissait aussi son procès pour le meurtre des gardiens de prison, il fut décidé qu'il serait jugé seul plus tard.

Finalement, trois anglophones arrêtés dans le cadre de l'opération Printemps 2001 subiront un procès séparé en anglais au palais de justice de Montréal.

Pépins techniques

Ce n'est pas parce qu'il est neuf que le Centre de services judiciaires Gouin, construit expressément pour la tenue des mégaprocès au coût de 16,5 millions de dollars, est épargné par les ennuis techniques.

Un premier pépin, signalé au cours des dernières semaines, vient d'être réglé. Il concernait le fonctionnement simultané de la climatisation et du chauffage. La situation est maintenant rétablie, assure Catherine Lessard, porte-parole de la Société immobilière du Québec (SIQ), propriétaire des édifices gouvernementaux. «C'est la démarche de rodage et d'ajustement à la génératrice du bâtiment qui a causé ce problème», explique-t-elle. Dans le cadre des tests effectués, la programmation des systèmes a dû être modifiée, entraînant la mise en fonction du chauffage et de la climatisation en même temps.

D'autre part, la SIQ profitera de la période d'accalmie la semaine prochaine pour procéder à des inspections à la suite d'une infiltration d'eau survenue près de la salle électrique au sous-sol de l'immeuble. «On veut savoir s'il s'agit d'un problème de construction, explique Mme Lessard. C'est important de faire ces vérifications car l'immeuble est encore sous garantie. D'autre part, on sait que la terre s'est compactée dans ce secteur. Peut-être s'agit-il plutôt d'un affaissement de terrain.»
 
 
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