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Libre opinion: De mythes et de préjugés

Pierre Pignac - Professeur à la retraite du cégep et de l'université, Québec  14 janvier 2005 
Cher M. Ferland. Je souhaite vivement que, comme professeur de philosophie, le plan de votre exposé ne soit pas la grille d'analyse que vous tentez d'apprendre à nos enfants. Comme vous le savez peut-être, on ne va pas loin en exposant des préjugés négatifs sur les deux tiers d'un texte, suivis d'une hypothèse de révélation mythique, toujours basée sur du négatif.

En effet, je vois votre plan se fonder sur les préjugés négatifs suivants: «comportements plus que douteux des pères», «bons premiers dans tous les aspects de la criminalité», «garçon [...] confronté toute sa vie durant aux modèles de comportements déviants et destructeurs des hommes».

Ensuite, le mythe d'une rédemption miraculeuse par une compréhension qui évolue toujours dans le négatif: «Si les hommes constituent la principale source des difficultés scolaires des garçons d'aujourd'hui, ils peuvent d'autant plus y remédier» «lorsque les pères auront compris [...] et qu'ils prendront plus au sérieux leurs responsabilités dans l'échec scolaire de leurs fils [...].»

Je souhaite également que des juges «hommes» ne lisent pas votre émanation du mal, eux qui sont déjà tellement critiqués de complicité avec certaines féministes ou, même, de peur de ce «terrorisme» féministe. Peut-être seriez-vous à même de reconnaître que, dans le système judiciaire comme ailleurs, il existe aussi de bons pères divorcés, comme de mauvaises mères divorcées.

Mais surtout, votre vision de nos enfants me déçoit énormément. Pour un enseignant, le mot «s'apprenant» pour désigner les élèves, qui fut à la mode pendant quelques années, ne vous effleure même pas. Vous savez garder votre intégrité négative.

Des irresponsables

Non, pas de responsabilité pour le garçon! L'enfant, le garçon devient totalement «irresponsable» avec vous. Évidemment, puisque c'est la faute, la très grande faute du père, s'il connaît des échecs. N'allez surtout pas imaginer que les professeurs de philosophie y soient pour quelque chose dans l'apprentissage des garçons. Leurs mères non plus. Elles étaient virginales au divorce et elles le sont resté, avec la garde exclusive, la pension et toutes les déductions qui vont avec.

Le système judiciaire n'y est pour rien non plus dans l'apprentissage de nos enfants. Il se contente de faciliter les «fausses accusations» pour atteindre l'égalité des chances, par le détour de la discrimination qui, alors, devient «positive»! Nous savons tous, et surtout les avocats le savent bien, qu'il suffit qu'une «femme» imagine la violence pour que, tel un miracle, la cour lui donne sa bénédiction en punissant le supposé méchant (l'homme, comme vous n'arrêtez pas de nous le dire)!

Comment de grands garçons en philosophie peuvent-ils réussir à l'école quand, et je vous cite, «ils voient constamment que l'effort, le sacrifice de soi, l'abnégation, le dévouement, la compréhension, la bonté, la générosité, l'écoute, se trouvent essentiellement du côté féminin à la maison»?

Mon cher monsieur, je vous verrais très bien en théologie ou dans une cellule féministe intégriste. Je suis seulement bien triste de vous voir tenter d'apprendre une philosophie négationniste de la famille à nos enfants, qui n'en demandent pas tant dans leur irresponsabilité.

***

Réplique au texte de Guy Ferland, «Délivrez-nous du mâle», publié le lundi 10 janvier 2005
 
 
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