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Lettres: Solidaires avec les employés de la SAQ

Gaétan Bouchard - Trois-Rivières, le 11 janvier 2005  14 janvier 2005 
La grève des employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) provoque des attitudes et des commentaires pour le moins mesquins. Je ne suis pas très «gauchiste», et pourtant, force m'est de reconnaître la nécessité des syndicats face à des employeurs indignes qui souhaitent transformer les lieux de travail en galères romaines.

La vente d'alcool n'étant pas un service essentiel, je ne comprends tout simplement pas pourquoi certains Québécois souhaitent tant s'en prendre aux travailleurs de la SAQ qui sont dans la rue pour exiger de meilleures conditions de travail.

Je leur reconnais le droit de faire la grève, de brandir des pancartes et de bloquer l'accès aux briseurs de grève parce que nous ne sommes pas dans un pays communiste ou dans une république bananière qui interdit les manifestations, les grèves et les syndicats indépendants... Les travailleurs ont des droits dans une démocratie parlementaire et ont aussi des moyens pour les faire reconnaître. Cela étant, quand l'employeur se moque de ses employés, le meilleur moyen demeure la grève.

Le pire, c'est d'entendre de petits travailleurs qui gagnent 8 $ l'heure cracher sur les employés de la SAQ. Les petits travailleurs n'ayant ni congés de maladie ni bons salaires, tout le monde devrait donc crever de faim, gagner moins d'argent et courir les friperies et les magasins «tout à un dollar» pour survivre. Les employés de la SAQ en ont beaucoup trop, même s'ils sont pour la plupart à temps partiel, même s'ils vivent pour la plupart dans les mêmes quartiers que les petits salariés.

Je ne boirai pas de vin, d'alcool ou de «baboche» de la SAQ tant et aussi longtemps que ses employés seront en grève. Mon foie ne s'en portera que mieux. Ma foi en la justice sociale s'en trouvera plus forte.

Si les employés de la SAQ gagnent cette grève, ce sont tous les travailleurs et tous les petits salariés qui gagneront. Les droits des travailleurs ne sont pas tombés du ciel. Ils proviennent tous de ces «porteux» de pancartes qui se sont gelés les fesses pendant des semaines et des mois, au fil des ans, pour que les travailleurs ne soient pas traités comme de la lie.
 
 
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