Le Canada promet jusqu'à 425 millions sur cinq ans aux sinistrés d'Asie
Photo : Agence Reuters
Un groupe d’enfants attendant de recevoir de la nourriture dans un camp de réfugiés de Banda Aceh, en Indonésie. Le Canada a porté hier à 265 millions l’aide d’urgence destinée aux populations touchées par les raz de marée du 26 décembre d
Ottawa — L'aide canadienne aux pays frappés par les tsunamis pourrait atteindre 425 millions de dollars sur une période de cinq ans. L'aide d'urgence sera triplée et des fonds supplémentaires seront consacrés à la reconstruction à long terme, a annoncé hier le premier ministre Paul Martin, quelques heures à peine après la confirmation du décès d'un sixième Canadien dans la région et d'une diminution importante du nombre de personnes portées disparues.
Cette dernière hausse importante de l'aide canadienne survient la veille d'une conférence internationale qui se tient aujourd'hui à Genève et qui portera sur l'aide à la reconstruction des pays touchés par la catastrophe du 26 décembre.
«La réaction des peuples et des gouvernement devant le malheur qui frappe l'Asie a été renversante. Il s'agit maintenant de veiller à ce que cette réaction et les engagements aient des effets à long terme», a déclaré le premier ministre au cours d'un bref point de presse.
L'aide à long terme et la générosité des Canadiens expliquent d'ailleurs la hausse subite de l'aide fédérale. Après avoir fixé son soutien à 80 millions le 2 janvier, le gouvernement Martin s'engage maintenant à «verser jusqu'à 425 millions de dollars au cours des cinq prochaines années».
Une première tranche de 265 millions servira à l'aide humanitaire et aux premiers efforts de reconstruction. Et il s'agira d'argent neuf, de préciser M. Martin, ce qui signifie que l'ACDI n'aura pas à amputer ses programmes pour respecter les engagements d'Ottawa.
Ces 265 millions comprennent les 80 millions déjà promis, le coût du moratoire déjà annoncé sur la dette des pays touchés et les fonds qu'Ottawa s'est engagé à verser pour égaler les dons individuels faits jusqu'à minuit ce soir.
Le gouvernement fédéral estimait hier que les dons faits auprès des 16 groupes admissibles pourraient atteindre 150 millions. Une estimation qui pourrait se confirmer, car les dons versés à une demi-douzaine de groupes importants joints par le Devoir en fin d'après-midi hier dépassaient déjà le cap des 100 millions, la Croix-Rouge affichant à elle seule un total de 76 millions.
Le reste des 265 millions (42 millions) serviront à éponger les coûts associés non seulement à l'envoi dans la région des spécialistes de la GRC et de l'équipe d'intervention en cas de catastrophe de l'armée (mieux connue sous son acronyme anglais DART), mais aussi pour payer les frais de l'Agence du revenu du Canada pour le traitement des demandes de crédit d'impôt pour les dons admissibles.
Le second volet de l'aide canadienne que M. Martin a annoncé hier vise à soutenir la reconstruction à long terme en Indonésie et au Sri Lanka, les deux pays les plus touchés. Ottawa y consacrera 160 millions durant la période allant de 2005 à 2009. Il ne s'agira pas d'argent totalement neuf cependant. Ces sommes seront prises à même la hausse du budget de l'aide internationale annoncée dans le dernier budget.
«C'est de l'argent prévu, mais qui n'a pas encore été alloué. [...] Ce n'est pas notre intention de diminuer d'un cent l'argent qui est déjà alloué à des régions qui en ont besoin», a assuré M. Martin.
Cette décision préoccupe quand même Gerry Barr, président directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale. Bien qu'il applaudisse à l'annonce du gouvernement, il pense qu'elle doit s'accompagner d'une hausse accrue du budget de l'aide publique au développement (APD).
Il soutient que les engagements pris pour l'Afghanistan, l'Irak, Haïti et les victimes des tsunamis totaliseront 1,3 milliard d'ici à 2009. Or on calculait que les engagements de Jean Chrétien pour l'Afrique, pour la même période, accapareraient 1,2 milliard de dollars, soit environ la moitié de la hausse de budget annoncée. Si toute l'augmentation prévue de 8 % par année est absorbée par ces engagements, il ne sera plus possible de faire davantage ailleurs.
«Si on ne veut pas que le développement à long terme soit compromis dans d'autres parties du monde, il faut une augmentation plus importante de l'aide, soit de 15 % par année», dit-il, citant une revendication de longue date de son organisation.
Bilan humain
Par ailleurs, le personnel consulaire des Affaires étrangères et les experts de la GRC tentent toujours de localiser ou d'identifier des Canadiens dont on reste sans nouvelles. Le nombre de Canadiens décédés ou présumés décédés est passé de cinq à six, hier, après que les Affaires étrangères eurent confirmé le décès d'un Canadien en Inde, dont on a refusé, sur ordre de la famille, de révéler l'identité. Le nombre de personnes portées disparues et pour lesquelles on se dit très inquiets a par contre chuté de façon importante, passant de 146 à 37 en une semaine. «Bien que ce chiffre puisse monter ou descendre à mesure que nous avons plus d'information, la nouvelle est très encourageante», a réagi M. Martin.
Le nombre de Canadiens manquant toujours à l'appel et dont on ne peut confirmer la localisation le jour du drame a aussi diminué, passant de 376 à 285. Il s'agit souvent de gens dont le gouvernement sait peu de choses, qui n'ont parfois pas eu de contacts avec leur famille depuis une longue période de temps, mais dont les proches craignent qu'ils soient dans la zone dévastée. Leur localisation éventuelle pourrait allonger la liste des personnes disparues, ont reconnu les fonctionnaires, et la fermeture de tous les dossiers pourrait prendre des semaines, sinon des mois.
Cette dernière hausse importante de l'aide canadienne survient la veille d'une conférence internationale qui se tient aujourd'hui à Genève et qui portera sur l'aide à la reconstruction des pays touchés par la catastrophe du 26 décembre.
«La réaction des peuples et des gouvernement devant le malheur qui frappe l'Asie a été renversante. Il s'agit maintenant de veiller à ce que cette réaction et les engagements aient des effets à long terme», a déclaré le premier ministre au cours d'un bref point de presse.
L'aide à long terme et la générosité des Canadiens expliquent d'ailleurs la hausse subite de l'aide fédérale. Après avoir fixé son soutien à 80 millions le 2 janvier, le gouvernement Martin s'engage maintenant à «verser jusqu'à 425 millions de dollars au cours des cinq prochaines années».
Une première tranche de 265 millions servira à l'aide humanitaire et aux premiers efforts de reconstruction. Et il s'agira d'argent neuf, de préciser M. Martin, ce qui signifie que l'ACDI n'aura pas à amputer ses programmes pour respecter les engagements d'Ottawa.
Ces 265 millions comprennent les 80 millions déjà promis, le coût du moratoire déjà annoncé sur la dette des pays touchés et les fonds qu'Ottawa s'est engagé à verser pour égaler les dons individuels faits jusqu'à minuit ce soir.
Le gouvernement fédéral estimait hier que les dons faits auprès des 16 groupes admissibles pourraient atteindre 150 millions. Une estimation qui pourrait se confirmer, car les dons versés à une demi-douzaine de groupes importants joints par le Devoir en fin d'après-midi hier dépassaient déjà le cap des 100 millions, la Croix-Rouge affichant à elle seule un total de 76 millions.
Le reste des 265 millions (42 millions) serviront à éponger les coûts associés non seulement à l'envoi dans la région des spécialistes de la GRC et de l'équipe d'intervention en cas de catastrophe de l'armée (mieux connue sous son acronyme anglais DART), mais aussi pour payer les frais de l'Agence du revenu du Canada pour le traitement des demandes de crédit d'impôt pour les dons admissibles.
Le second volet de l'aide canadienne que M. Martin a annoncé hier vise à soutenir la reconstruction à long terme en Indonésie et au Sri Lanka, les deux pays les plus touchés. Ottawa y consacrera 160 millions durant la période allant de 2005 à 2009. Il ne s'agira pas d'argent totalement neuf cependant. Ces sommes seront prises à même la hausse du budget de l'aide internationale annoncée dans le dernier budget.
«C'est de l'argent prévu, mais qui n'a pas encore été alloué. [...] Ce n'est pas notre intention de diminuer d'un cent l'argent qui est déjà alloué à des régions qui en ont besoin», a assuré M. Martin.
Cette décision préoccupe quand même Gerry Barr, président directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale. Bien qu'il applaudisse à l'annonce du gouvernement, il pense qu'elle doit s'accompagner d'une hausse accrue du budget de l'aide publique au développement (APD).
Il soutient que les engagements pris pour l'Afghanistan, l'Irak, Haïti et les victimes des tsunamis totaliseront 1,3 milliard d'ici à 2009. Or on calculait que les engagements de Jean Chrétien pour l'Afrique, pour la même période, accapareraient 1,2 milliard de dollars, soit environ la moitié de la hausse de budget annoncée. Si toute l'augmentation prévue de 8 % par année est absorbée par ces engagements, il ne sera plus possible de faire davantage ailleurs.
«Si on ne veut pas que le développement à long terme soit compromis dans d'autres parties du monde, il faut une augmentation plus importante de l'aide, soit de 15 % par année», dit-il, citant une revendication de longue date de son organisation.
Bilan humain
Par ailleurs, le personnel consulaire des Affaires étrangères et les experts de la GRC tentent toujours de localiser ou d'identifier des Canadiens dont on reste sans nouvelles. Le nombre de Canadiens décédés ou présumés décédés est passé de cinq à six, hier, après que les Affaires étrangères eurent confirmé le décès d'un Canadien en Inde, dont on a refusé, sur ordre de la famille, de révéler l'identité. Le nombre de personnes portées disparues et pour lesquelles on se dit très inquiets a par contre chuté de façon importante, passant de 146 à 37 en une semaine. «Bien que ce chiffre puisse monter ou descendre à mesure que nous avons plus d'information, la nouvelle est très encourageante», a réagi M. Martin.
Le nombre de Canadiens manquant toujours à l'appel et dont on ne peut confirmer la localisation le jour du drame a aussi diminué, passant de 376 à 285. Il s'agit souvent de gens dont le gouvernement sait peu de choses, qui n'ont parfois pas eu de contacts avec leur famille depuis une longue période de temps, mais dont les proches craignent qu'ils soient dans la zone dévastée. Leur localisation éventuelle pourrait allonger la liste des personnes disparues, ont reconnu les fonctionnaires, et la fermeture de tous les dossiers pourrait prendre des semaines, sinon des mois.
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