Lettres: La forêt désenchantée
Pierre Taschereau - Montréal, le 16 décembre 2004
21 décembre 2004
Un sentiment de profonde déception m'envahit lorsque je découvre comment nous avons laissé nos inépuisables forêts tomber, à presque ne plus pouvoir se relever, sous les assauts sauvages des exploitants et de leur monstrueuse machinerie. Et dire que moi aussi je pensais que Richard Desjardins exagérait la situation.
Mais ma déception la plus vive provient de ce qui me semble être la complicité de mon gouvernement à pareil carnage. Complicité cachée derrière de commodes erreurs de calculs qui permettent de faire de la politique à la petite semaine en distribuant les contrats «électoraux» aux moments opportuns.
Complicité, moins cachée celle-là, dans l'abandon de certaines responsabilités pourtant critiques, aux exploitants eux-mêmes.
Comment fait-on pour savoir vraiment combien de bois on coupe au Québec quant on se contente de demander la réponse aux coupeurs eux-mêmes, sans autre forme de vérification? Quant on sait, en plus, que les chiffres déclarés déterminent le montant des redevances qu'ils devront payer à l'État...
Responsabilité du choix des arbres à abattre. Une autre responsabilité de berger que le gouvernement a confiée au loup avec le résultat que la forêt feuillue a été écrémée de ses plus beaux spécimens.
Amère déception oui, de voir dilapidée une telle richesse collective qui aurait pu faire l'orgueil d'un peuple, malheureusement incapable de voir loin et grand.
Mais ma déception la plus vive provient de ce qui me semble être la complicité de mon gouvernement à pareil carnage. Complicité cachée derrière de commodes erreurs de calculs qui permettent de faire de la politique à la petite semaine en distribuant les contrats «électoraux» aux moments opportuns.
Complicité, moins cachée celle-là, dans l'abandon de certaines responsabilités pourtant critiques, aux exploitants eux-mêmes.
Comment fait-on pour savoir vraiment combien de bois on coupe au Québec quant on se contente de demander la réponse aux coupeurs eux-mêmes, sans autre forme de vérification? Quant on sait, en plus, que les chiffres déclarés déterminent le montant des redevances qu'ils devront payer à l'État...
Responsabilité du choix des arbres à abattre. Une autre responsabilité de berger que le gouvernement a confiée au loup avec le résultat que la forêt feuillue a été écrémée de ses plus beaux spécimens.
Amère déception oui, de voir dilapidée une telle richesse collective qui aurait pu faire l'orgueil d'un peuple, malheureusement incapable de voir loin et grand.
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