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Un super-hôpital, deux projets - Deux Rolls Royce?

Albert Bertrand - Mont-Saint-Hilaire  21 décembre 2004 
C'est un fait, les hôpitaux universitaires de Montréal sont vétustes et répondent de plus en plus mal aux besoins de la population. Les besoins de la société québécoise en regard des nouveaux hôpitaux sont:

- une capacité d'accueil raisonnable;

- le réalisme économique;

- le développement durable;

- la répartition équitable des ressources de santé;

- une localisation optimale des installations.

Mais, soyons clair, ce dont le Grand Montréal a besoin ce sont des hôpitaux et des CHSLD, pas un campus universitaire médical de luxe. Les centaines de millions dépensés pour déménager la faculté de médecine de l'Université de Montréal à deux kilomètres au nord ne nous donneront pas un seul médecin de plus. On sait ce qui est arrivé à la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le boeuf (Harvard). Ici, c'est le système de santé qui risque d'éclater.

Si on tient compte du vieillissement de la population et de l'état lamentable de notre système de santé, la société québécoise a-t-elle les moyens de se payer deux méga-centres hospitaliers de formation et d'évaluation des technologies médicales? Pourquoi les deux facultés de médecine de Montréal et de McGill n'utiliseraient-elles pas un même centre hospitalier universitaire? Des médecins anglophones bilingues travaillent déjà dans des hôpitaux francophones et vice-versa. Le gouvernement fédéraliste de Jean Charest a ici l'occasion de faire la preuve que la séparation des deux groupes linguistiques en médecine n'est pas nécessaire au Québec.

Le milliard de dollars ainsi économisé permettrait de financer en grande partie la construction de centres hospitaliers et de CHSLD à Laval et sur la Rive-sud, où les besoins sont criants. De plus le cumul des contributions du gouvernement fédéral et du privé sur un seul hôpital permettrait d'ériger un centre hospitalier universitaire plus important répondant aux besoins de formation des deux facultés.

La formation bilingue serait un atout pour le système de santé. Les universitaires en mal de prestige y trouveraient en partie leur compte, à condition qu'ils abandonnent leur esprit de clocher et la folie des grandeurs dans le cas de l'Université de Montréal. Voyons si la synergie et les économies d'échelle sont toujours au goût du jour!

Compte tenu de l'énorme dette du Québec, de l'état très précaire des finances publiques pour la prochaine décennie et de la capacité de payer des Québécois, le gouvernement Charest se doit de ramener les universitaires rêveurs et inconséquents à plus de réalisme économique. Ainsi, il sera en mesure de répartir plus équitablement les ressources de santé entre Montréal et les couronnes Nord et Sud. Belle occasion pour M. Charest d'afficher son leadership en matière de développement durable et sa capacité de vraiment transformer le modèle québécois.

Dire non aux caprices de luxe «C-difficile», mais pas autant que de voir mourir un proche infecté parce que l'hôpital est désuet et insalubre.
 
 
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