Un super-hôpital, deux projets - De l'angoisse à l'espoir
Hugues Cormier - Professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, membre de la Coalition des médecins pour la justice sociale et collaborateur à la Chaire de management éthique, HEC-Montréal. L'auteur a collaboré avec monsieur Charest au dossier du CHUM au printemps 2000.
21 décembre 2004
Lettre à Jean Charest, premier ministre du Québec
Monsieur le premier ministre,
Cher Jean,
Être premier ministre, c'est assumer une responsabilité d'architecte de société. La présente missive vous est transmise dans l'espoir que votre gouvernement ira de l'avant avec un projet CHUM qui aidera les hommes et les femmes de demain à vivre plus sereinement.
Le projet optimal dans ce but est d'aménager l'espace libéré par le Canadien Pacifique dans la paroisse Sainte-Madeleine de l'arrondissement Outremont. Les arguments en ce sens sont nombreux et certains ont particulièrement été bien énoncés [...].
Dans De l'angoisse à l'espoir (2002), Albert Jacquard nous dit que «l'architecte est le prototype du rebelle: alors que tout, dans la nature, fait d'aujourd'hui le résultat d'hier, [l'architecte] tente de rendre aujourd'hui compatible avec ce qu'il désire pour demain. Il renverse le sens de la causalité. Ce qu'il réalise est un lieu où les hommes vivront en commun, il est de sa responsabilité de donner une orientation à cette mise en commun. Elle peut se borner à une juxtaposition d'existences indépendantes... Elle peut aussi aboutir à des rencontres toujours nouvelles, à la construction de personnes constamment en quête de contacts, à la réalisation d'une société où chacun se sente merveilleux dans le regard des autres.»
Architecte rebelle
Alors le gouvernement Charest, architecte rebelle pour le bien public? Certainement, s'il aménage lucidement un CHUM Sainte-Madeleine d'Outremont en synergie transdisciplinaire, sur le flanc nord du mont Royal, dans un lieu de rencontre de citoyens patients, étudiants, praticiens, professeurs, etc., sur une «grande patinoire» incluant plusieurs joueurs, notamment le CHU Sainte-Justine, l'Institut de gériatrie, HEC, la Faculté d'aménagement, l'Hôpital général juif et le St-Mary's, le CLSC Côte-des-Neiges, l'Institut de réadaptation, les Facultés des arts et sciences, de droit et autres, Polytechnique...
Sans compter des occasions de créer de nouvelles synergies, par exemple en mariant la médecine ophtalmologie et l'optométrie dans un Institut de l'oeil et de la vision, en développant des liens géopolitiquement plus naturels avec les autres hôpitaux et instituts du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l'Université de Montréal (Maisonneuve-Rosemont, Institut de cardiologie, Sacré-Coeur entre autres).
Quiconque a goûté aux synergies dans les quartiers mariant savoir et santé, par exemple à Harvard, Hopkins, Stanford ou encore à la Nouvelle-Orléans (où jazzent en harmonie, sur la même avenue, trois CHU) désire créer chez lui un milieu aussi fécond et, étant le sien propre, inévitablement salutaire pour ses proches et lui-même tout en créant des relations optimales avec des milieux frères et soeurs, leaders de la société mondiale.
Il va de soi que savoir et santé pourront de la même façon se conjuguer de façon optimale au centre-ville, par exemple dans les conversations qu'entretiendront les interlocuteurs de l'Université du Québec à Montréal et de Concordia avec ceux de l'établissement hospitalo-universitaire complémentaire (300 lits) Saint-Luc et/ou Notre-Dame — pendant que l'Hôtel-Dieu trouvera, voisin de l'Institut de recherches clinique de Montréal, du Centre Dollard-Cormier et de l'Hôpital général de Montréal de McGill, une vocation à sa mesure que le lecteur imaginera aisément (sinon l'auteur du présent texte est à votre disposition).
Monsieur Charest, êtes-vous prêt? Les Montréalais et les Québécois le sont avec vous et Ernest Cormier sera fier de vous.
Monsieur le premier ministre,
Cher Jean,
Être premier ministre, c'est assumer une responsabilité d'architecte de société. La présente missive vous est transmise dans l'espoir que votre gouvernement ira de l'avant avec un projet CHUM qui aidera les hommes et les femmes de demain à vivre plus sereinement.
Le projet optimal dans ce but est d'aménager l'espace libéré par le Canadien Pacifique dans la paroisse Sainte-Madeleine de l'arrondissement Outremont. Les arguments en ce sens sont nombreux et certains ont particulièrement été bien énoncés [...].
Dans De l'angoisse à l'espoir (2002), Albert Jacquard nous dit que «l'architecte est le prototype du rebelle: alors que tout, dans la nature, fait d'aujourd'hui le résultat d'hier, [l'architecte] tente de rendre aujourd'hui compatible avec ce qu'il désire pour demain. Il renverse le sens de la causalité. Ce qu'il réalise est un lieu où les hommes vivront en commun, il est de sa responsabilité de donner une orientation à cette mise en commun. Elle peut se borner à une juxtaposition d'existences indépendantes... Elle peut aussi aboutir à des rencontres toujours nouvelles, à la construction de personnes constamment en quête de contacts, à la réalisation d'une société où chacun se sente merveilleux dans le regard des autres.»
Architecte rebelle
Alors le gouvernement Charest, architecte rebelle pour le bien public? Certainement, s'il aménage lucidement un CHUM Sainte-Madeleine d'Outremont en synergie transdisciplinaire, sur le flanc nord du mont Royal, dans un lieu de rencontre de citoyens patients, étudiants, praticiens, professeurs, etc., sur une «grande patinoire» incluant plusieurs joueurs, notamment le CHU Sainte-Justine, l'Institut de gériatrie, HEC, la Faculté d'aménagement, l'Hôpital général juif et le St-Mary's, le CLSC Côte-des-Neiges, l'Institut de réadaptation, les Facultés des arts et sciences, de droit et autres, Polytechnique...
Sans compter des occasions de créer de nouvelles synergies, par exemple en mariant la médecine ophtalmologie et l'optométrie dans un Institut de l'oeil et de la vision, en développant des liens géopolitiquement plus naturels avec les autres hôpitaux et instituts du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l'Université de Montréal (Maisonneuve-Rosemont, Institut de cardiologie, Sacré-Coeur entre autres).
Quiconque a goûté aux synergies dans les quartiers mariant savoir et santé, par exemple à Harvard, Hopkins, Stanford ou encore à la Nouvelle-Orléans (où jazzent en harmonie, sur la même avenue, trois CHU) désire créer chez lui un milieu aussi fécond et, étant le sien propre, inévitablement salutaire pour ses proches et lui-même tout en créant des relations optimales avec des milieux frères et soeurs, leaders de la société mondiale.
Il va de soi que savoir et santé pourront de la même façon se conjuguer de façon optimale au centre-ville, par exemple dans les conversations qu'entretiendront les interlocuteurs de l'Université du Québec à Montréal et de Concordia avec ceux de l'établissement hospitalo-universitaire complémentaire (300 lits) Saint-Luc et/ou Notre-Dame — pendant que l'Hôtel-Dieu trouvera, voisin de l'Institut de recherches clinique de Montréal, du Centre Dollard-Cormier et de l'Hôpital général de Montréal de McGill, une vocation à sa mesure que le lecteur imaginera aisément (sinon l'auteur du présent texte est à votre disposition).
Monsieur Charest, êtes-vous prêt? Les Montréalais et les Québécois le sont avec vous et Ernest Cormier sera fier de vous.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

