Un super-hôpital, deux projets - Se pourrait-il que l'on soit dans l'erreur?
Me Norman Montcalm - Avocat
21 décembre 2004
Je suis, avec à la fois de l'intérêt et de l'inquiétude, l'évolution des deux projets de super-hôpitaux à Montréal depuis quelques années, et j'ai plusieurs interrogations à ce sujet.
Serait-il possible que:
- ces projets soient d'abord et avant tout le fruit d'un important lobby de médecins, sans que leur nécessité ne soit vraiment établie aux yeux de la population montréalaise, et même québécoise?
- ces projets aient été très mal expliqués à la population, qui ne comprend pas comment dans l'état actuel des finances publiques (déficit prévu, très haut taux de taxation, etc.) des dépenses supplémentaires de quelques milliards de dollars d'immobilisation dans le réseau de santé montréalais soient absolument nécessaires alors que nous n'avons pas les moyens de rémunérer adéquatement nos médecins et chercheurs qui quittent (ou menacent de quitter) le Québec pour les autres provinces ou les États-Unis?
Comment de la brique va-t-elle améliorer les soins de santé? D'autant plus qu'on dépense des sommes considérables à rénover les hôpitaux (Notre-Dame, Royal Victoria, etc.)
- ces projets soient nos prochains fiascos financiers collectifs dans la suite du stade olympique, de l'extension du métro à Laval, du projet Gaspésia et de la saga Mirabel-Dorval, et ce, pour les mêmes raisons: manque de planification des besoins, manque en matière de contrôle des coûts de construction et d'évaluation des coûts d'exploitation futurs?
- que les besoins réels du système de santé montréalais puissent être plutôt comblés par un joint venture des projets de super-hôpitaux anglophones (McGill) et francophones (CHUM)?
Autrement dit, une ville de la taille de Montréal a-t-elle les besoins et les moyens de se payer deux super-structures de cette nature? Ne devrait-elle pas plutôt réaliser un projet conjoint pour doter le centre-ville de Montréal d'un projet unique qui comblerait les besoins, quels qu'ils soient, de tous (blocs opératoires, centres de diagnostic et de traitements spécialisés, laboratoires, etc.)?
- que le vrai courage soit de prévoir un projet unique dans le domaine de la santé qui verrait à faire fonctionner ensemble les deux principales communautés linguistiques de Montréal, avec les universités qui s'y rattachent, pour ainsi atteindre les objectifs emballant de diminution considérable de coûts (construction et exploitation) et de synergie de nos équipes de médecins et chercheurs?
- que l'emplacement optimal du projet francophone, dans l'hypothèse où les deux projets soient retenus, soit plutôt Maisonneuve-Rosemont où il y a encore du terrain disponible, quitte à y ajouter le terrain du stade olympique (éléphant blanc) à redévelopper, mais qui dispose déjà d'un stationnement considérable qui pourrait être utilisé pour le personnel, les patients et visiteurs avec un service de navette vers l'hôpital Maisonneuve-Rosemont?
- que les économies considérables réalisées par l'une des hypothèses ci-dessus mentionnées soient plutôt utilisées pour combler d'autres besoins criants sur l'Île de Montréal, tels:
a) la construction de l'autoroute ou boulevard Notre-Dame;
b) la construction d'autoroutes de ceinture autour du Grand Montréal pour dégager le boulevard Métropolitain et permettre au trafic qui n'a pas besoin de transiter par Montréal d'éviter Montréal, par la Rive-Sud et par la Rive-Nord;
c) la réfection du système de distribution d'eau à Montréal;
d) l'amélioration du transport en commun (métro, trains de banlieue, etc.) sur l'île de Montréal et les environs.
- que l'emplacement de la gare de triage d'Outremont soit plus approprié pour une éventuelle expansion de l'Université de Montréal que pour un super-hôpital, d'autant plus que cet endroit sert partiellement à un train de banlieue (vers Blainville) qui est sans doute appelé à se développer grandement vers Saint-Jérôme et ailleurs, et qui pourrait servir au transport des étudiants, professeurs et employés.
Bref, voilà quelques questions / observations / préoccupations d'un citoyen qui souhaiterait qu'on puisse collectivement:
- apprendre de nos erreurs passées et récentes dans la réalisation de grands projets collectifs;
- s'assurer qu'on dépense nos capitaux restreints avec parcimonie, dans la mesure de nos moyens, en faisant travailler toutes nos ressources humaines (francophones, anglophones et autres) dans la réalisation d'un objectif commun, et cela sans oublier les besoins criants dans d'autres domaines (circulation, transports en commun, aqueduc, etc.).
Serait-il possible que:
- ces projets soient d'abord et avant tout le fruit d'un important lobby de médecins, sans que leur nécessité ne soit vraiment établie aux yeux de la population montréalaise, et même québécoise?
- ces projets aient été très mal expliqués à la population, qui ne comprend pas comment dans l'état actuel des finances publiques (déficit prévu, très haut taux de taxation, etc.) des dépenses supplémentaires de quelques milliards de dollars d'immobilisation dans le réseau de santé montréalais soient absolument nécessaires alors que nous n'avons pas les moyens de rémunérer adéquatement nos médecins et chercheurs qui quittent (ou menacent de quitter) le Québec pour les autres provinces ou les États-Unis?
Comment de la brique va-t-elle améliorer les soins de santé? D'autant plus qu'on dépense des sommes considérables à rénover les hôpitaux (Notre-Dame, Royal Victoria, etc.)
- ces projets soient nos prochains fiascos financiers collectifs dans la suite du stade olympique, de l'extension du métro à Laval, du projet Gaspésia et de la saga Mirabel-Dorval, et ce, pour les mêmes raisons: manque de planification des besoins, manque en matière de contrôle des coûts de construction et d'évaluation des coûts d'exploitation futurs?
- que les besoins réels du système de santé montréalais puissent être plutôt comblés par un joint venture des projets de super-hôpitaux anglophones (McGill) et francophones (CHUM)?
Autrement dit, une ville de la taille de Montréal a-t-elle les besoins et les moyens de se payer deux super-structures de cette nature? Ne devrait-elle pas plutôt réaliser un projet conjoint pour doter le centre-ville de Montréal d'un projet unique qui comblerait les besoins, quels qu'ils soient, de tous (blocs opératoires, centres de diagnostic et de traitements spécialisés, laboratoires, etc.)?
- que le vrai courage soit de prévoir un projet unique dans le domaine de la santé qui verrait à faire fonctionner ensemble les deux principales communautés linguistiques de Montréal, avec les universités qui s'y rattachent, pour ainsi atteindre les objectifs emballant de diminution considérable de coûts (construction et exploitation) et de synergie de nos équipes de médecins et chercheurs?
- que l'emplacement optimal du projet francophone, dans l'hypothèse où les deux projets soient retenus, soit plutôt Maisonneuve-Rosemont où il y a encore du terrain disponible, quitte à y ajouter le terrain du stade olympique (éléphant blanc) à redévelopper, mais qui dispose déjà d'un stationnement considérable qui pourrait être utilisé pour le personnel, les patients et visiteurs avec un service de navette vers l'hôpital Maisonneuve-Rosemont?
- que les économies considérables réalisées par l'une des hypothèses ci-dessus mentionnées soient plutôt utilisées pour combler d'autres besoins criants sur l'Île de Montréal, tels:
a) la construction de l'autoroute ou boulevard Notre-Dame;
b) la construction d'autoroutes de ceinture autour du Grand Montréal pour dégager le boulevard Métropolitain et permettre au trafic qui n'a pas besoin de transiter par Montréal d'éviter Montréal, par la Rive-Sud et par la Rive-Nord;
c) la réfection du système de distribution d'eau à Montréal;
d) l'amélioration du transport en commun (métro, trains de banlieue, etc.) sur l'île de Montréal et les environs.
- que l'emplacement de la gare de triage d'Outremont soit plus approprié pour une éventuelle expansion de l'Université de Montréal que pour un super-hôpital, d'autant plus que cet endroit sert partiellement à un train de banlieue (vers Blainville) qui est sans doute appelé à se développer grandement vers Saint-Jérôme et ailleurs, et qui pourrait servir au transport des étudiants, professeurs et employés.
Bref, voilà quelques questions / observations / préoccupations d'un citoyen qui souhaiterait qu'on puisse collectivement:
- apprendre de nos erreurs passées et récentes dans la réalisation de grands projets collectifs;
- s'assurer qu'on dépense nos capitaux restreints avec parcimonie, dans la mesure de nos moyens, en faisant travailler toutes nos ressources humaines (francophones, anglophones et autres) dans la réalisation d'un objectif commun, et cela sans oublier les besoins criants dans d'autres domaines (circulation, transports en commun, aqueduc, etc.).
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