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Il y a un an, Saddam Hussein était arrêté

N/A ZZZN/A   13 décembre 2004 
Il y a un an aujourd'hui, Saddam Hussein était débusqué, hirsute, dans un «trou à rat» des environs de Tikrit, sa ville natale, et emmené en détention par l'armée américaine. Depuis, la situation a beaucoup changé, mais sans guère s'apaiser. Les Américains constatent que l'avènement d'un «nouvel Irak», promis par le président George W. Bush et présenté comme une victoire pour les États-Unis, est bien plus difficile que prévu.

Les médias américains se montraient d'ailleurs très discrets, ce week-end, sur cet anniversaire, s'intéressant davantage à la polémique sur le manque d'équipements de protection pour les soldats américains déployés en Irak.

Le président Bush avait salué la capture du dictateur irakien comme une percée, en disant s'attendre à ce que son ennemi absolu soit jugé, condamné et mis à mort — tout en ajoutant que l'issue dépendrait des tribunaux irakiens.

«Dans l'histoire de l'Irak, une époque sombre et douloureuse prend fin», déclarait le chef de la Maison-Blanche le lendemain de l'arrestation de Saddam. «Un jour d'espoir est arrivé. Tous les Irakiens peuvent maintenant se rassembler, rejeter la violence et construire un nouvel Irak.»

Mais dans les sept mois qui ont suivi cette capture, l'armée américaine a perdu deux fois plus de soldats en Irak que pendant les sept mois qui l'avaient précédée, tandis que des milliers d'Irakiens périssaient dans les violences.

La persistance du chaos fait craindre un échec des élections fixées au 30 janvier.

Un an plus tard, les mauvaises nouvelles venant d'Irak s'accumulent. Environ 1300 soldats américains ont été tués depuis l'invasion du pays en mars 2003 et le bilan s'alourdit de jour en jour.

La violence a fait aussi des milliers de victimes parmi les Irakiens. Le pays connaît des dizaines d'attentats suicide et d'attaques à la voiture piégée, et la guérilla multiplie les attaques dans les zones sunnites de l'ouest et du nord de Bagdad.

Loin de réduire le nombre des troupes déployées en Irak, le président Bush a annoncé la semaine dernière qu'il avait décidé d'augmenter leur nombre de 12 000, soit un total de 150 000 soldats, afin d'assurer la sécurité des élections générales prévues le 30 janvier.

Les critiques des militaires sur leurs équipements de protection ont eu un large écho aux États-Unis. Lors d'une visite du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld mardi au Koweït, l'un d'eux s'était plaint de devoir fouiller les casses pour trouver des blindages et des vitres pare-balles pour son véhicule.

L'armée américaine reconnaît aussi que la violence retarde la reconstruction du pays. «La sécurité et la reconstruction vont main dans la main» et cette «reconstruction est souvent difficile s'il n'y a pas de sécurité», a admis cette semaine un officier américain supervisant le programme de reconstruction, le général de brigade Thomas Bostik.

Le magazine américain US News and World Report affirmait hier qu'un rapport des services de renseignement militaire montrait que Saddam Hussein avait préparé l'insurrection actuelle en Irak bien avant la guerre en 2003.

Selon ce rapport, l'ex-dictateur avait envoyé fin 2002 plus de 1000 responsables des services de sécurité et de renseignement s'entraîner aux techniques de guérilla dans deux camps près de Bagdad pendant deux mois.

Si la capture de l'ancien dirigeant irakien avait marqué la débandade de ses partisans, beaucoup semblent désormais se battre aux côtés des groupes islamistes.

Pas de grève de la faim

Par ailleurs, l'armée américaine a assuré hier que Saddam Hussein n'avait pas entamé une grève de la faim, avec onze de ses lieutenants, comme l'a affirmé un avocat irakien, tandis que les Marines ont envoyé l'aviation contre des poches de résistance à Falloujah.

«Cela n'implique absolument pas Saddam. Il est en bonne santé et continue sa vie normale, c'est-à-dire qu'il prend ses repas», a indiqué à l'AFP le lieutenant-colonel Barry Johnson, un porte-parole militaire américain.

«J'essaie de voir s'il y a une parcelle de vérité concernant les autres. Certains d'entre eux ont peut être retourné leurs plats.» Mais ils n'étaient pas en grève de la faim, a-t-il dit.

Un avocat irakien a annoncé que l'ancien président et onze responsables de son régime, prisonniers en Irak des forces américaines, avaient entamé vendredi une grève de la faim.

«Nous avons des informations sûres affirmant que Saddam Hussein et onze autres prisonniers ont commencé une grève de la faim vendredi pour protester contre les mauvais traitements», a déclaré à l'AFP l'unique avocat irakien de l'ancien vice-premier ministre Tarek Aziz, Me Badiaa Aref Ezzat.

L'ancien dictateur et les onze responsables ont été entendus le 1er juillet par un juge d'instruction irakien. Ils sont détenus à proximité dans un cap militaire à proximité de l'aéroport de Bagdad.

Des responsables irakiens n'avaient pas exclu que Saddam Hussein soit condamné et même exécuté en juillet. Mais depuis, rien ou presque. Le président du tribunal spécial créé pour le juger, Salem Chalabi, a été remplacé. Des enquêteurs commencent tout juste à étudier le dossier.

Le premier ministre par intérim Iyad Allaoui a réclamé en août une accélération de la procédure, estimant que les procès de Saddam Hussein et de ses principaux exécutants devaient s'ouvrir avant la fin de l'année.

Le tribunal n'a pas indiqué ce qu'il en serait.

À Fallouja, à 50 km à l'ouest de Bagdad, des avions américains ont tiré des missiles sur des positions rebelles alors que les marines essaient d'éliminer les insurgés encore cachés dans la ville dévastée.

Deux marines ont été tués ce week-end dans la province d'Al-Anbar, où est située la cité sunnite de Fallouja, a annoncé l'armée, sans préciser si les deux hommes étaient morts dans cette ville.

La quasi-totalité des 300 000 habitants de Fallouja ont fui leur cité avant l'assaut du 8 novembre et aucune date n'a encore été fixée pour leur retour.

Sur le plan politique, le Parti islamique irakien, principale formation sunnite du pays, a accentué sa pression en faveur d'un report des élections générales, évoquant la possibilité d'un boycottage du scrutin en dépit du dépôt de leur liste de 275 candidats.

«Nous sommes toujours convaincus qu'on ne peut pas tenir les élections fin janvier à cause des conditions de sécurité et nous tenons toujours à notre position appelant à les reporter de six mois», a déclaré à l'AFP l'un des dirigeants de cette formation issue des Frères musulmans, Fouad al-Raoui.

«Si les élections ne sont pas reportées, nous pensons les boycotter», a-t-il ajouté, estimant que, dans les conditions actuelles, les partis n'auront pas la possibilité de s'adresser aux électeurs et que ces derniers ne pourront pas voter.

Les monarchistes, conduits par le chérif Ali ben Hussein, ont annoncé une liste de 275 candidats représentant les différentes ethnies et religions du pays aux élections.

Enfin, la violence a fait dimanche deux victimes dans les rangs de la police et neuf blessés, dont des civils. Un Irakien est mort dans la nuit de samedi à dimanche en tentant de forcer un barrage américain à Kirkouk, selon le chef de la police de la ville du nord de l'Irak.






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