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Le Canada espère envoyer 500 observateurs en Ukraine

7 décembre 2004 
Autour de la table se trouvaient le chef de l’opposition, Viktor Iouchtchenko, le président polonais Alexander Kwasniewski, le président ukrainien Léonid Koutchma, le président lituanien Valdas Adamkus, le premier ministre ukrainien et candidat à
Photo : Agence Reuters
Autour de la table se trouvaient le chef de l’opposition, Viktor Iouchtchenko, le président polonais Alexander Kwasniewski, le président ukrainien Léonid Koutchma, le président lituanien Valdas Adamkus, le premier ministre ukrainien et candidat à
Ottawa — Tout juste trois jours après avoir promis d'envoyer 75 observateurs à la reprise de l'élection présidentielle ukrainienne, le 26 décembre, le gouvernement de Paul Martin a annoncé hier qu'il multiplierait presque par six la taille de la délégation canadienne.

«Le gouvernement du Canada enverra autant d'observateurs qualifiés que nous le pourrons — jusqu'à 500 — sous les auspices de l'OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe]», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew.

«Je peux d'ores et déjà vous dire qu'il s'agira de la plus grosse mission d'observateurs d'élections de l'histoire du Canada», s'est-il félicité. La délégation canadienne pourrait bien être la plus importante en Ukraine: le Royaume-Uni a promis quelque 120 observateurs, alors que les États-Unis s'en tiendront à une soixantaine.

Le Congrès des Ukrainiens-Canadiens s'est réjouit de la décision fédérale, qui coûtera quelque 3,5 millions.

Mais l'organisme a indiqué hier qu'il voulait dépêcher quelque 1000 observateurs de plus.

«Il y a déjà plus de 500 personnes qualifiées, de partout au Canada, qui sont prêtes à partir», a souligné un porte-parole du Congrès, Jim Jacuta. La communauté ukrainienne, qui regroupe 1,1 million de personnes au Canada, compte financer l'envoi de ses propres observateurs au moyen d'une série d'événements-bénéfices, le 15 décembre. On tentera de récolter un million de dollars.

L'annonce du Canada survient le jour même où le président russe, Vladimir Poutine, mettait en garde la communauté internationale de toute velléité d'«ingérence» en Ukraine.

«Seul le peuple d'un pays — et cela inclut indubitablement l'Ukraine — peut décider de son destin», a-t-il affirmé lors d'une visite en Turquie, hier.

«On peut jouer le rôle de médiateur, mais on ne doit pas s'ingérer [dans les affaires du pays], ni mettre de la pression», a-t-il ajouté. M. Poutine a été le seul chef d'État à reconnaître la «victoire» de Viktor Ianoukovitch au scrutin du 21 novembre, entaché de fraude électorale. Il craint que si le candidat de l'opposition, Viktor Iouchtchenko, l'emporte, l'Ukraine se rapproche indûment de l'Occident.

Hier, les représentants de l'opposition et progouvernementaux en sont venus à un compromis sur les changements à apporter à la loi électorale et à la Constitution, ce qui ouvre la voie à la reprise du deuxième tour de la présidentielle, le 26 décembre.

Irak

L'engagement d'Ottawa en Ukraine s'ajoute à celui pris par le premier ministre Martin, dimanche, d'offrir l'expérience canadienne à l'organisation des élections du 30 janvier en Irak. Mais hier, alors que la violence s'intensifiait autour du siège du gouvernement intérimaire irakien, Pierre Pettigrew a senti le besoin d'apporter un bémol à la promesse canadienne.

«La sécurité est clairement un problème là-bas, a reconnu le ministre. [...] Mais nous examinerons certainement toute requête que le gouvernement irakien pourrait nous présenter et nous tenterons d'y répondre, tout en tenant compte de la réalité sécuritaire pour ces gens [les éventuels observateurs canadiens].»

Hier, une intense fusillade a éclaté tout près de la zone verte de Bagdad, le secteur le mieux protégé de la capitale irakienne, où se trouvent les bâtiments gouvernementaux et les ambassades. Au cours des derniers jours, les violences ont fait plus de 80 morts, surtout des Irakiens travaillant pour la coalition américano-britannique ou des forces irakiennes de sécurité.

En cette période mouvementée sur le plan électoral dans le monde, le Canada est aussi disposé à contribuer au bon déroulement des élections du 9 janvier dans les territoires palestiniens.

«Encore là, nous nous pencherons sur toute demande que nous fera l'Autorité palestinienne», a indiqué M. Pettigrew.

Une partie des observateurs qui iront en Ukraine proviendront d'Élections Canada, l'organisme chargé de l'organisation des scrutins fédéraux. D'autres seront des citoyens ayant une certaine expérience en la matière et qui suivront une formation de deux jours avant de partir pour Kiev.

Les personnes désireuses de soumettre leur candidature pour participer à cette mission peuvent soumettre leur curriculum vitae à l'organisme CANADEM (www.canadem.ca).






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