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Charest rejoue le thème de la réduction du rôle de l'État

Il faut «réinventer le Québec», dit le chef du PLQ

Le Devoir   12 août 2002 
Jean Charest
Jean Charest
Trois-Rivières — À bas l'État et sa bureaucratie! Place à la liberté et à l'initiative individuelle! Sentant que le vent souffle vers la droite, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Jean Charest, ne mâche plus ses mots et remet au parfum du jour ses revendications sur la réduction du rôle de l'État.

M. Charest a repris ce thème en guise de clôture du congrès annuel de la Commission jeunesse du PLQ. «L'État nous a jadis fait bondir en avant. Il est en train de nous ralentir. Il faut revoir et réécrire sa mission, a-t-il déclaré. L'État tentaculaire et obèse, qui se substitue à l'entreprise, aux banques et à l'initiative individuelle, c'est terminé!»

«[Le gouvernement qui] se perd dans une montagne de paperasse, de programmes, et est incapable d'offrir des services de qualité, c'est du passé, qui appartient à l'autre siècle.»

Le chef libéral veut «réinventer le Québec». «C'est la responsabilité du Parti libéral du Québec de redéfinir le Québec du nouveau siècle», a-t-il lancé fièrement.

Jean Charest a également promis de revoir le mandat de la Société générale de financement (SGF) — un organisme public qui aide au financement des entreprises— qu'il accuse d'avoir englouti à perte 28 millions dans le dossier Métaforia.

Avec les libéraux au pouvoir, les Québécois auront «un gouvernement qui est là quand on a besoin de lui, et qui se mêle de ses affaires le reste du temps».

Un gouvernement libéral tiendra compte des problèmes qu'ont traversés les Québécois lors de la mise en retraite anticipée de milliers de personnes compétentes oeuvrant dans le réseau de la santé en 1998, a-t-il insisté. Mais il tablera aussi sur la nouvelle donne qu'engendrera le départ à la retraite de 45 % des actuels employés du secteur public au cours des dix prochaines années et de 72 % des cadres du réseau de la santé qui auront fait de même d'ici à 2009. Ce qui est sans compter que le quart des Québécois auront plus de 65 ans en 2027 et que la zone de libre-échange devrait rassembler tous les pays d'Amérique d'ici à 10 ans.

Pour effectuer les changements qui seront nécessaires, le PLQ demeure le meilleur véhicule, a plaidé M. Charest.

Certains reprochent au PLQ d'être un «vieux parti». Mais Jean Charest estime que son histoire est garante de l'avenir. Le Parti libéral n'a-t-il pas donné le droit de vote aux femmes? N'a-t-il pas créé la Charte des droits de la personne et l'assurance-maladie? N'a-t-il pas été celui qui a nationalisé l'électricité?

«Cela ne fait pas de nous un vieux parti, mais un parti riche d'expérience, fort et fier de son passé. Le Parti libéral était là longtemps avant l'Action démocratique ou le Parti québécois, et il sera là longtemps après eux», a soutenu le chef de l'opposition.

M. Charest a également voulu se démarquer de ses concurrents. «Mario Dumont, c'est la facilité. Il veut l'élargissement du fossé entre les bien nantis et les autres, avec une médecine pour les riches et une médecine pour les autres, des écoles pour les riches et des écoles pour les autres.»

Quant au premier ministre et chef du Parti québécois Bernard Landry, «sa vision d'avenir est la même depuis 30 ans. Sa position consiste à s'accrocher à une fixation qu'il n'ose même plus nommer. Il est un produit "passé dû"».

La prochaine année politique sera une «année charnière» et le Parti libéral en profitera pour présenter aux Québécois une équipe «qui gérera le changement».

Les députés libéraux se réuniront à Québec du 26 au 28 août prochain pour travailler à cette «redéfinition» du Québec. Celle-ci sera par la suite soumise aux membres d'un conseil général spécial du parti, qui se réunira à Montréal du 27 au 29 septembre prochain.
 
 
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