Lettres: L'art de se mettre «dans le trou»
Pierre-Luc Bouchard - Étudiant à la maîtrise en études régionales, le 23 novembre 2004
29 novembre 2004
Depuis quelques semaines, on entend de la part des producteurs agricoles qu'il est difficile de joindre les deux bouts et que la crise de la vache folle les affecte directement. Ces réalités sont vraies, quoique les grands producteurs (150 bêtes et plus) soient moins affectés par cette réalité. Or l'UPA dit qu'elle va accentuer ses moyens de pression. C'est une bonne chose de manifester son mécontentement, et c'est un des principes de la démocratie.
Toutefois, en voulant abattre leurs animaux et les enfouir dans un trou, comme c'est le cas à Saint-Bruno, les agriculteurs vont encore une fois se mettre la population à dos, un art dans lequel ils sont passés maîtres depuis une dizaine d'années. Ils se marginalisent et se battent pour leurs intérêts propres, alors que toute la collectivité québécoise est touchée par cette crise. Ils auraient pu choisir divers moyens pour aller chercher un plus grand appui dans la population.
Par exemple, à l'aube du temps des fêtes, pourquoi ne pas donner ces animaux aux différents organismes de charité et de soutien alimentaire. Ainsi, les moins biens nantis de la société québécoise pourront manger davantage. De plus, ces animaux seront doublement utiles. Ils serviront à nourrir des citoyens, d'une part, et, d'autre part, à mobiliser l'ensemble de la collectivité autour de cet enjeu, davantage que de les enfouir «bêtement» dans la terre.
Agriculteurs et agricultrices obtiendraient beaucoup plus de sympathie de la part de la population, ce qui est fondamental pour qu'il y ait des actions des gouvernements et feraient, par la même occasion, une bonne action. En visant l'intérêt collectif de la société québécoise au détriment de vos intérêts corporatifs, chers membres de l'UPA, vos revendications seraient soutenues par la société civile et beaucoup plus lourdes dans le jeu politique de cette crise.
Toutefois, en voulant abattre leurs animaux et les enfouir dans un trou, comme c'est le cas à Saint-Bruno, les agriculteurs vont encore une fois se mettre la population à dos, un art dans lequel ils sont passés maîtres depuis une dizaine d'années. Ils se marginalisent et se battent pour leurs intérêts propres, alors que toute la collectivité québécoise est touchée par cette crise. Ils auraient pu choisir divers moyens pour aller chercher un plus grand appui dans la population.
Par exemple, à l'aube du temps des fêtes, pourquoi ne pas donner ces animaux aux différents organismes de charité et de soutien alimentaire. Ainsi, les moins biens nantis de la société québécoise pourront manger davantage. De plus, ces animaux seront doublement utiles. Ils serviront à nourrir des citoyens, d'une part, et, d'autre part, à mobiliser l'ensemble de la collectivité autour de cet enjeu, davantage que de les enfouir «bêtement» dans la terre.
Agriculteurs et agricultrices obtiendraient beaucoup plus de sympathie de la part de la population, ce qui est fondamental pour qu'il y ait des actions des gouvernements et feraient, par la même occasion, une bonne action. En visant l'intérêt collectif de la société québécoise au détriment de vos intérêts corporatifs, chers membres de l'UPA, vos revendications seraient soutenues par la société civile et beaucoup plus lourdes dans le jeu politique de cette crise.
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