Lettres: Quelles limites aux Bougon ?
Jeannot Vachon - Québec, le 14 novembre 2004
17 novembre 2004
L'émission Les Bougon du 10 novembre abordait le thème de la sexualité des enfants. La petite Mao, huit ans selon le scénario, vend à ses petits amis garçons, de son âge ou presque, le droit de voir les seins de sa soeur prostituée. Un des enfants n'ayant pas assez d'argent pour aller plus loin dans ses fantasmes, elle lui offre de lui montrer ses propres seins. Elle conçoit ensuite un plan parce que l'enfant veut toucher aux seins de la prostituée. C'est Junior, qui, obèse, a de gros seins, fournira ses seins pour l'expérience alors que l'enfant aura les yeux bandés.
C'est drôle, mais en même temps, on rit jaune. Voir des enfants d'âge prépubère dans de telles situations est plutôt choquant. Le tour qu'on joue à l'enfant n'est pas qu'une petite arnaque à la Bougon. Dans le contexte juridique du Canada, c'est une grave offense d'attouchement sexuel envers un enfant, commise par un adulte avec la complicité d'un autre enfant.
Présenter cela comme une situation rigolote est assez risqué, surtout pour un très jeune auditoire. Peut-on se permettre de banaliser ce genre de situation? N'est-ce pas là le souhait des pédérastes et des agresseurs d'enfants que ceux-ci perçoivent ce type de sexualité comme étant banale ou drôle? Notez aussi le style du discours: plus c'est cochon, plus ça coûte cher (ou plus ça rapporte). L'argent semble le seul critère puisque les Bougon ne voient aucune distinction entre des clients enfants et des clients adultes aussi longtemps que les enfants paient le prix.
Pourquoi tout d'un coup l'exploitation sexuelle infantile n'est-elle plus un sujet tabou? Pourquoi peut-on en présenter des scénarios dans une comédie à grosses cotes d'écoute à des heures où de jeunes yeux peuvent constater que les parents n'ont aucun scrupule à ce sujet car ils en rient de bon coeur? Quelles sont les limites qu'on impose à cette émission? Radio-Canada a-t-elle vraiment besoin de jouer à la roulette russe avec la sexualité infantile pour stimuler ses cotes d'écoute? Ce que les enfants retiendront de cette émission, en plus de la banalité de semblables gestes, est le côté payant de la sexualité, à la fois en tant que client qu'en tant que travailleur du sexe. [...]
C'est drôle, mais en même temps, on rit jaune. Voir des enfants d'âge prépubère dans de telles situations est plutôt choquant. Le tour qu'on joue à l'enfant n'est pas qu'une petite arnaque à la Bougon. Dans le contexte juridique du Canada, c'est une grave offense d'attouchement sexuel envers un enfant, commise par un adulte avec la complicité d'un autre enfant.
Présenter cela comme une situation rigolote est assez risqué, surtout pour un très jeune auditoire. Peut-on se permettre de banaliser ce genre de situation? N'est-ce pas là le souhait des pédérastes et des agresseurs d'enfants que ceux-ci perçoivent ce type de sexualité comme étant banale ou drôle? Notez aussi le style du discours: plus c'est cochon, plus ça coûte cher (ou plus ça rapporte). L'argent semble le seul critère puisque les Bougon ne voient aucune distinction entre des clients enfants et des clients adultes aussi longtemps que les enfants paient le prix.
Pourquoi tout d'un coup l'exploitation sexuelle infantile n'est-elle plus un sujet tabou? Pourquoi peut-on en présenter des scénarios dans une comédie à grosses cotes d'écoute à des heures où de jeunes yeux peuvent constater que les parents n'ont aucun scrupule à ce sujet car ils en rient de bon coeur? Quelles sont les limites qu'on impose à cette émission? Radio-Canada a-t-elle vraiment besoin de jouer à la roulette russe avec la sexualité infantile pour stimuler ses cotes d'écoute? Ce que les enfants retiendront de cette émission, en plus de la banalité de semblables gestes, est le côté payant de la sexualité, à la fois en tant que client qu'en tant que travailleur du sexe. [...]
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