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Libre opinion: Qualité du français à l'école, trop tôt pour mesurer les progrès amenés par la réforme

Pauline Marois - Députée de Taillon et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation  9 novembre 2004 
Une série d'articles publiés ces jours derniers dans les journaux faisaient état des résultats décevants obtenus par les futurs enseignants aux épreuves de français préalables à l'obtention de leur diplôme. Il était également question, dans une perspective plus large, des difficultés qu'éprouvent les jeunes Québécois à bien maîtriser leur langue maternelle, difficultés qui résulteraient d'un enseignement déficient du français dans les écoles.

Cette situation, qui refait périodiquement surface dans l'actualité depuis plusieurs années, apparaît préoccupante à certains égards. Cela dit, je tiens à souligner que tout n'est pas perdu, bien au contraire. En effet, alors que j'occupais le poste de ministre de l'Éducation, j'ai été sensibilisée à la question de la qualité du français à l'école. Aussi, des gestes significatifs ont-ils été faits par le gouvernement du Parti québécois pour redresser la situation.

Rappelons que, lors des États généraux sur l'éducation, tenus en 1995 et 1996, un consensus s'était dégagé selon lequel la maîtrise du français devait être une priorité absolue. Plus précisément, les intervenants de différents horizons ont manifesté le souhait qu'une plus grande attention soit portée à la structure de la langue, à la grammaire, à la syntaxe, à l'analyse, à l'orthographe et au vocabulaire.

Les états généraux sur l'éducation ont ouvert la voie à une réforme en profondeur aux niveaux primaire et secondaire. L'un des éléments fondamentaux de la réforme consistait en un recentrage de l'enseignement sur les matières de base. Il a donc été convenu de procéder à une refonte du programme, c'est-à-dire du contenu de la formation des élèves afin, notamment, d'accroître le temps d'enseignement du français et de revoir les méthodes d'apprentissage.

De la perspective

La réforme du primaire a été implantée en 1998. Quant à celle du secondaire, elle devait être mise en oeuvre à compter de cette année, évidemment dans le but que les élèves ayant commencé leur première année il y a six ans poursuivent leur cheminement sous la réforme à leur entrée au secondaire. Or, comme on le sait, le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, a retardé cette implantation à l'automne 2005.

Bien sûr, des changements aussi importants que ceux amenés par la réforme se répercutent à long terme. C'est particulièrement le cas en matière d'éducation où l'on doit faire preuve de perspective. Les effets des décisions que nous avons prises en 1996 — et qui sont entrées en vigueur en 1998 au primaire et le seront en 2005 au secondaire — ne pourront donc pleinement se mesurer que dans cinq, voire dix ans.

Dans cet esprit, je suis à la fois optimiste quant à l'amélioration de la qualité du français chez les élèves, et inquiète quant au manque de vision du ministre Reid. Devant les défis qui se posent en matière d'éducation primaire et secondaire, le ministre a le devoir de faire tout ce qui est en son pouvoir pour mieux soutenir les enseignants, actuels et futurs, dans la mise en oeuvre de la réforme, plutôt que de simplement en ralentir l'implantation.

Il faut agir maintenant, car c'est de notre avenir, comme société, qu'il est question.
 
 
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