Lettres: Religion et collusion...
Gilles Derome - Laval, le 2 novembre 2004
9 novembre 2004
L'article de Robert Verreault, «Quand la religion fait peur» publié dans Le Devoir du 2 novembre 2004, m'étonne. M'étonne et me désole. Il aurait été écrit il y a 50 ans, passe encore. Ce qui fait peur, ce n'est pas la religion. Et ce n'est pas la science. Seulement chez ceux qui mêlent les choses.
Ce qui fait peur, c'est la collusion. Religion et politique fait peur. Religion et justice, religion et armée, religion et banque... toutes ces collusions sont dangereuses. En soi et séparées, ces institutions ne le sont pas. Toutes les périodes tragiques de toutes les histoires de tous les peuples sont des périodes où des mélanges détonnants ont été concoctés.
Le cumul des pouvoirs donné à une même faction est à l'origine de toutes les guerres. Il faut se dire, c'est un réflexe à développer, que lorsque seulement deux choix nous sont offerts, il y a danger. Les logiques binaires mènent nécessairement à des excès. Religion et science fait peur. Bleu ou rouge n'est pas un choix, Bush ou Kerry n'est pas un choix, c'est une fatalité. Religion sans science fait aussi très peur; lorsque les religieux décident, au Vatican, à la place des scientifiques ou lorsque les scientifiques se prennent pour des religieux, en Russie. L'homme religieux exploite le rêve; il aime croire à l'immuabilité. Le scientifique qui cède à une croyance semblable, renonce à sa pratique. Les deux tendances n'exploitent pas les mêmes concepts, et c'est lorsqu'elles le font que la guerre nous menace. Deux mondes séparés qu'il est très risqué de joindre; les explosifs sont faits de matières innocentes, mêlées, elles tuent.
En période trouble, il est bon de relire ses classiques, un texte de Roger Caillois de 1950, Description du Marxisme est plus actuel que le dernier éditorial de tous les journaux d'hier. Il ne faut pas que les marxistes ou les capitalistes deviennent des caricatures de religions. Et le contraire. Les 3000 morts, du 9 du 11, ont été vengés par 100 000 en Irak seulement. C'est assez pour une nation chrétienne. Religion et politique égaient, partout, depuis toujours, injustice et vengeance, j'en ai bien peur.
Les collusions sont, par définition, des ententes secrètes ou préjudice d'un tiers. Des politiques primaires mêlées à des notions de religions primaires, des espèces d'animistes de la peur, n'hésitent pas à transgresser toutes les lois. La justice est caricaturée à Guantanamo et l'armée ridiculisée par l'emploi de milliers de mercenaires. La politique du sans nom. Nos politiques des commandites canadiennes sont de la petite bière comparées aux politiques de commandites très chrétiennes de nos alliés du Sud. Au Canada, le tiers a été méprisé par des politiciens lâches; aux États-Unis il est légal de faire disparaître le tiers, ce qui est plus lâche encore.
Ce qui fait peur, c'est la collusion. Religion et politique fait peur. Religion et justice, religion et armée, religion et banque... toutes ces collusions sont dangereuses. En soi et séparées, ces institutions ne le sont pas. Toutes les périodes tragiques de toutes les histoires de tous les peuples sont des périodes où des mélanges détonnants ont été concoctés.
Le cumul des pouvoirs donné à une même faction est à l'origine de toutes les guerres. Il faut se dire, c'est un réflexe à développer, que lorsque seulement deux choix nous sont offerts, il y a danger. Les logiques binaires mènent nécessairement à des excès. Religion et science fait peur. Bleu ou rouge n'est pas un choix, Bush ou Kerry n'est pas un choix, c'est une fatalité. Religion sans science fait aussi très peur; lorsque les religieux décident, au Vatican, à la place des scientifiques ou lorsque les scientifiques se prennent pour des religieux, en Russie. L'homme religieux exploite le rêve; il aime croire à l'immuabilité. Le scientifique qui cède à une croyance semblable, renonce à sa pratique. Les deux tendances n'exploitent pas les mêmes concepts, et c'est lorsqu'elles le font que la guerre nous menace. Deux mondes séparés qu'il est très risqué de joindre; les explosifs sont faits de matières innocentes, mêlées, elles tuent.
En période trouble, il est bon de relire ses classiques, un texte de Roger Caillois de 1950, Description du Marxisme est plus actuel que le dernier éditorial de tous les journaux d'hier. Il ne faut pas que les marxistes ou les capitalistes deviennent des caricatures de religions. Et le contraire. Les 3000 morts, du 9 du 11, ont été vengés par 100 000 en Irak seulement. C'est assez pour une nation chrétienne. Religion et politique égaient, partout, depuis toujours, injustice et vengeance, j'en ai bien peur.
Les collusions sont, par définition, des ententes secrètes ou préjudice d'un tiers. Des politiques primaires mêlées à des notions de religions primaires, des espèces d'animistes de la peur, n'hésitent pas à transgresser toutes les lois. La justice est caricaturée à Guantanamo et l'armée ridiculisée par l'emploi de milliers de mercenaires. La politique du sans nom. Nos politiques des commandites canadiennes sont de la petite bière comparées aux politiques de commandites très chrétiennes de nos alliés du Sud. Au Canada, le tiers a été méprisé par des politiciens lâches; aux États-Unis il est légal de faire disparaître le tiers, ce qui est plus lâche encore.
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