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Hausse des coûts de la collecte sélective des déchets - Montréal est engagé dans une course contre la montre

Jeanne Corriveau   7 août 2002 
La Ville de Montréal s'est engagée dans une course contre la montre et devra, au cours des prochains jours, déterminer comment elle composera avec les augmentations substantielles des coûts reliés à la collecte sélective. D'ici là, elle a demandé hier à tous les présidents d'arrondissement de suspendre leur décision quant à l'octroi de contrats qui doivent, dans la plupart des cas, être renouvelés avant le 2 septembre.

Le temps presse pour l'administration, qui s'est retrouvée le mois dernier confrontée à une hausse inattendue des coûts du recyclage. L'alerte donnée par un élu de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, qui signalait une augmentation des coûts de 80 % à la lumière des soumissions des entrepreneurs, a permis à la Ville de constater que le phénomène était généralisé sur son territoire. Notons que, depuis les fusions municipales, la responsabilité d'octroyer ces contrats a été léguée aux arrondissements.

Appelée à la rescousse, l'administration du maire Gérald Tremblay a confié l'analyse du dossier à ses fonctionnaires le 25 juillet dernier. Ceux-ci ont vite constaté que la tâche serait plus fastidieuse que prévu. Une vingtaine d'arrondissements ont lancé un processus d'appel d'offres. Parmi eux figurent les neuf arrondissements de l'ancienne Ville de Montréal où les contrats prennent fin le 31 août prochain.

C'est en épluchant les soumissions des entrepreneurs que les employés de la Ville ont réalisé la complexité du dossier. Les devis diffèrent d'un arrondissement à l'autre, tout comme la durée des contrats, l'étendue du territoire et la population desservie, explique Yves Provost, directeur adjoint au Service de l'environnement, voirie et réseaux à la Ville de Montréal.

Dans une lettre qu'il a fait parvenir hier à tous les présidents d'arrondissement, Alan DeSousa, responsable du développement durable au comité exécutif de la Ville, leur a demandé de suspendre toute décision concernant le renouvellement des contrats. «Des répercussions financières importantes pour la Ville sont à prévoir. Il est évident que notre objectif est de maintenir le service à la population. Bien qu'il s'agisse d'une responsabilité appartenant aux arrondissements, il est nécessaire de rechercher des solutions permettant de réduire la pression budgétaire pour vos arrondissements et pour la Ville», écrit M. DeSousa, en ajoutant qu'il a l'intention de rencontrer tous les présidents d'arrondissement pour avoir leur opinion sur la question.

La Ville devra trouver rapidement une solution pour pallier ces hausses. Peut-être devra-t-elle aider les arrondissements à payer la facture et même solliciter l'aide de Québec. «On n'a exclu aucune hypothèse», a indiqué M. DeSousa lors d'une entrevue téléphonique hier, tout en prenant soin de préciser qu'il était encore trop tôt pour sauter aux conclusions. Pas question toutefois d'imiter la Ville de New York, qui a abandonné le recyclage du verre, du plastique et du carton par mesure d'économie.

«C'est un dossier qui appartient aux arrondissements mais on se sent une certaine obligation de maintenir ce service. Les anciennes villes, qu'il s'agisse de Montréal ou des banlieues, ont mis énormément d'efforts dans le passé; elles ont investi beaucoup d'argent, de temps et de ressources pour éduquer la population et mettre en place la collecte sélective. Le recyclage est un dossier qui tient à coeur aux résidants. Dans le contexte, c'est un acquis», dit-il.

Il s'agit donc pour la Ville de déterminer les éléments qui justifient une telle augmentation des coûts. Dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, par exemple, la facture de la collecte sélective est passée de un million de dollars à 1,8 million, avait constaté Ivon Le Duc, président d'arrondissement. Les deux entrepreneurs concernés, soit Services Matrec et Rebuts solides canadiens, avaient réfuté ces données, alléguant que l'augmentation était plutôt de 32 %. L'élu avait basé ses calculs à partir d'un montant initial erroné, selon eux.

«L'augmentation de la valeur des contrats est généralement supérieure de 30 à 35 %, et de loin dans certains cas», confirme M. Provost. Dans le cas particulier de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, il croit qu'«entre 32 et 80 %, la vérité doit se situer entre les deux».

Chose certaine, les entrepreneurs font face à des contraintes qui n'existaient pas à la signature des contrats de 1998. En outre, le volume de matières à recycler a augmenté de plus de 40 % dans plusieurs arrondissements, ajouté aux hausses du prix du diesel, des assurances et des salaires.

Quand leur exercice laborieux d'analyse sera complété, les fonctionnaires déposeront un rapport assorti de recommandations au comité exécutif de la Ville de Montréal, ce qui devrait se faire au cours des prochains jours. Les arrondissements seront sans doute appelés à tenir des assemblées spéciales sur le sujet.






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