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Israël attaque sur deux fronts

Tsahal lance une offensive à Gaza - Les discussions reprennent avec les Palestiniens

6 août 2002 
Les parents et les amis de Meisoun Amin Hasan, victime d’un attentat, ont exprimé leur tristesse au cours de funérailles tenues hier, dans le village de Sajur, en Israël.
Photo : Agence Reuters
Les parents et les amis de Meisoun Amin Hasan, victime d’un attentat, ont exprimé leur tristesse au cours de funérailles tenues hier, dans le village de Sajur, en Israël.
La journée d'hier a été marquée par une offensive à la fois militaire et politique dans le conflit entre Israéliens et Palestiniens. Si des hélicoptères d'assaut israéliens ont tiré plusieurs missiles contre un bâtiment palestinien dans la ville de Gaza, faisant cinq blessés, au même moment le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer rencontrait de hauts responsables de la sécurité palestinienne.

C'est la première opération aérienne sur Gaza depuis le raid sanglant du 22 juillet, lorsqu'un F16 avait largué une bombe d'une tonne, tuant le chef militaire du mouvement islamiste radical palestinien Hamas et 14 autres Palestiniens.

La cible d'hier était un atelier métallurgique dans le quartier Zeitoun de la ville de Gaza, ont indiqué des témoins.

«Tsahal continuera à frapper des objectifs terroristes dans la bande de Gaza et partout ailleurs», a indiqué communiqué du gouvernement israélien.

Rencontre

M. Ben Eliezer, qui a prévenu dans la journée qu'il fallait s'attendre à des «surprises dans la lutte antiterroriste», rencontrait en soirée à Jérusalem le général Abdelrazak al-Yahya, ministre palestinien de l'Intérieur, ainsi que deux autres hauts responsables de la sécurité palestinienne.

La réunion est intervenue sur fond d'attentats palestiniens qui ont fait 13 morts en 24 heures, et alors qu'Israël vient d'interdire aux Palestiniens de se déplacer à l'intérieur de la Cisjordanie.

Il n'a pas été précisé où Yahya et le collaborateur d'Arafat, Mohammed Dahlan, ancien responsable de la sécurité, ont rencontré Ben-Eliezer.

Des responsables israéliens ont dit la semaine dernière qu'il prévoyait de rencontrer Yahya pour discuter de coopération en matière de sécurité et d'un allégement du sort des habitants des sept villes de Cisjordanie réoccupées par Israël.

Toujours sur le front diplomatique, Shimon Peres, le ministre israélien des Affaires étrangères, a effectué une brève visite au Caire, hier.

L'Égypte et Israël se sont mis d'accord sur la nécessité de parvenir à une solution politique au Proche-Orient, tout en marquant leurs divergences sur le sort du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat.

«Israël est pleinement d'accord pour que la solution soit politique. Avec la force des armes, nous allons tous échouer. Personne ne gagnera», a déclaré le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres, à l'issue de sa rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher, qui a assisté à la rencontre entre MM. Peres et Moubarak, a appelé lors d'une conférence de presse conjointe à une solution politique et à un retrait israélien jusqu'aux frontières du 4 juin 1967.

Par ailleurs, tout indique que le secrétaire d'État américain Colin Powell est toujours désireux de rencontrer sous peu une délégation palestinienne, mais aucune date ferme n'a encore été décidée.

M. Powell, rentré dimanche d'une tournée en Asie, «espère toujours rencontrer les responsables palestiniens dans un avenir proche», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère américaine des Affaire étrangères, Philip Reeker.

Un haut responsable palestinien, le ministre de la Planification et de la Coopération internationale Nabil Chaath, a indiqué dimanche que cette réunion initialement prévue hier ou aujourd'hui avait été reportée à jeudi ou vendredi, mais avait ajouté qu'aucune date ferme n'avait été confirmée.

Bouclage

Parallèlement, sur le terrain militaire, Israël a interdit la quasi-totalité des déplacements en Cisjordanie et a bouclé au moyen de chars une partie de la bande de Gaza en réaction à la série d'attentats palestiniens qui ont fait 13 morts en 24 heures côté israélien.

Au total, 19 personnes ont été tuées depuis dimanche matin, dont un kamikaze, quatre autres Palestiniens abattus par les forces israéliennes et un Palestinien mort dans l'explosion d'une voiture piégée.

Aux premières heures d'hier, un couple de colons israéliens a été abattu dans une embuscade tendue contre leur véhicule sur la route de Ramallah (Cisjordanie), a fait savoir l'armée. Leurs deux enfants âgés de trois ans et de six mois, qui se trouvaient aussi à bord du véhicule, ont été blessés.

Les Brigades des Martyrs al-Aksa, groupe armé lié au Fatah du président palestinien Yasser Arafat, ont revendiqué cette dernière attaque. Elles avaient déjà déclaré que le tireur de Jérusalem était issu de leurs rangs.

Israël a réagi aux attentats des derniers jours en interdisant tout déplacement entre les principales villes palestiniennes de Cisjordanie et en bouclant la ville de Rafah, ainsi que son camp de réfugiés, dans le sud de la bande de Gaza.

«Nous sommes dans une situation de bouclage total dans le nord de la Cisjordanie. Personne ne rentre, personne ne sort», a déclaré le ministre israélien de la Défense, Benyamin ben Eliezer, à la radio israélienne.

«Nous continuerons avec une série de mesures, dont je ne peux parler maintenant, dont l'objectif sera de mettre en place un bouclage bien plus exhaustif que celui qui est en vigueur actuellement.»

Cette politique semble destinée à rassurer l'opinion publique israélienne, ulcérée par la multiplication des attentats et par l'incapacité de l'armée à les empêcher malgré sa réoccupation récente de sept des huit villes palestiniennes de Cisjordanie.

Nabil Abou Roudeinah, proche conseiller du président palestinien Yasser Arafat, a condamné les dernières mesures prises par le gouvernement israélien et a appelé la communauté internationale à exiger un retrait immédiat d'Israël.

«Il ne fait aucun doute que les souffrances palestiniennes exigent une intervention internationale immédiate étant donné la catastrophe humanitaire qui menace [notre peuple]», a-t-il déclaré.

Un Palestinien a d'autre part été tué par l'explosion accidentelle d'une charge qu'il portait sur lui, alors qu'il se trouvait dans une voiture roulant dans le nord d'Israël, près de la localité israélienne d'Oum el-Faham.

Son chauffeur, un Arabe israélien de Nazareth, a été blessé par l'explosion. Le Palestinien voulait apparemment commettre un attentat suicide à Afula, près de Nazareth (nord d'Israël), selon la police.

Le nombre de tués depuis le début de l'Intifada, il y a 22 mois, se chiffre à 2421 dont 1780 côté palestinien et 598 côté israélien.
 
 
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