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Les Afghans ont choisi Karzaï

N/A ZZZN/A   12 octobre 2004 
Le président intérimaire de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, a accueilli hier à Kaboul le chancelier allemand Gerhard Schröder. Ce dernier a salué le scrutin «historique» tenu samedi et a pronostiqué la victoire «au premier tour» d’Hamid Karza
Photo : Agence France-Presse
Le président intérimaire de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, a accueilli hier à Kaboul le chancelier allemand Gerhard Schröder. Ce dernier a salué le scrutin «historique» tenu samedi et a pronostiqué la victoire «au premier tour» d’Hamid Karza
Kaboul — Première indication sur le résultat de l'élection présidentielle en Afghanistan: alors que les urnes affluaient de tout le pays vers les centres de dépouillement, un sondage rendu public hier donne le président intérimaire Hamid Karzaï, grand favori du scrutin, vainqueur avec plus de 50 % des voix.

Selon le sondage sortie des urnes de l'International Republican Institute (IRI), une organisation américaine sans but lucratif, Karzaï recueillerait la majorité absolue, et serait ainsi élu dès le premier tour. Avec plus de 12 000 réponses connues sur un échantillon total de 20 000 personnes interrogées, Karzaï disposerait d'une avance de plus de 46 points sur ses plus proches adversaires. Il distancerait de 43 % le deuxième du scrutin, Yunus Qanuni.

D'après ce sondage, une large majorité (82 %) de personnes interrogées estime que l'élection a été juste et équitable. L'IRI, qui est proche du Parti républicain américain, n'a donné de chiffre précis pour aucun des candidats. Elle précise toutefois que le troisième, dont le nom n'a pas été précisé, a eu 5 % des voix et que 11 autres candidats ont obtenu moins de 1 %.

Il s'agit de résultats «préliminaires» qui se fondent sur plus de 10 000 réponses. L'IRI affirme que la marge d'erreur n'est que d'un à deux points. Le sondage, financé par l'Agence américaine pour le développement international (USAID), offre une indication précieuse alors que le dépouillement ne devrait pas commencer avant plusieurs jours et que les résultats officiels pourraient ne pas être connus avant la fin du mois.

Par ailleurs, Yunus Qanuni, principal candidat de l'opposition, a annoncé hier qu'il renonçait à contester le résultat du scrutin, entaché par des allégations d'irrégularités, et qu'il acceptait la création d'une commission d'enquête indépendante sur ces dysfonctionnements.

Le groupe d'experts indépendants sera composé de trois membres. Les Nations unies ont proposé l'ancien diplomate canadien Craig Jenness et l'expert électoral suédois Staffan Darnolf. L'Union européenne doit soumettre le nom d'un troisième expert. De plus, une équipe d'enquêteurs rattachée directement à la commission électorale a également commencé des investigations.

Yunus Qanuni, probable numéro deux de la présidentielle, a déclaré avoir pris sa décision après une rencontre avec le représentant de l'ONU, Jean Arnault, et l'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad. La veille déjà, deux autres candidats s'étaient également désolidarisés du boycottage. Abdul Satar Sirat, candidat ouzbek de moindre importance, semblait également renoncer à cette idée hier.

L'annonce du candidat tadjik constitue une grande victoire pour les organisateurs de la première élection présidentielle de l'histoire en Afghanistan, alors que les 15 candidats de l'opposition avaient dans un premier temps annoncé le boycottage de l'élection samedi à cause d'allégations de fraude.

En outre, un responsable occidental ayant rencontré dimanche une partie des candidats frondeurs a précisé que beaucoup parmi eux avaient décidé de faire marche arrière et de soutenir l'enquête. «Ils cherchent une porte de sortie qui leur permette de sauver la face», a souligné ce responsable ayant demandé l'anonymat. Malgré les irrégularités présumées, l'organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a jugé le vote valide.

Les observateurs électoraux ont noté la forte participation et l'enthousiasme des Afghans. Les urnes, dont certaines étaient transportées à dos d'âne, affluaient hier vers les centres de dépouillement, et leur transfert devait se poursuivre au moins jusqu'à aujourd'hui.

Le décompte pourrait ne pas commencer avant demain ou jeudi, a souligné Sultan Baheen, un porte-parole de la commission électorale. «Il sera réalisé sous l'objectif des caméras», a promis M. Karzaï. «La télévision afghane le retransmettra en direct.»

En visite à Kaboul, le chancelier allemand Gerhard Schröder a salué un scrutin «historique» et a pronostiqué la victoire «au premier tour» de Hamid Karzaï. Il a également rencontré les soldats allemands engagés dans la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) déployée en Afghanistan avant de s'entretenir avec l'actuel président afghan par intérim.

Quant au secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, il s'est réjoui hier de cette «occasion historique» offerte aux Afghans d'instaurer un État «stable et démocratique»: «que cette élection se soit tenue sans incident de sécurité majeur est un hommage à la détermination du peuple afghan», a déclaré son porte-parole adjoint Stéphane Dujarric. Kofi Annan a été ravi de «la participation enthousiaste» des électeurs.

En France, le ministère des Affaires étrangères a souligné que «cette première élection présidentielle avait été un jour historique pour l'Afghanistan». «Après plus de 25 ans de guerre et deux ans à peine après la chute du régime des talibans, les Afghans ont fait savoir par les urnes qu'ils souhaitaient tourner la page sur ce passé douloureux», a ajouté le Quai d'Orsay.

Le président américain George Bush, qui tentera de se faire réélire le 2 novembre, a présenté cette élection afghane comme un succès de sa diplomatie.

En visite en Macédoine, Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, a jugé «impressionnant» le fait que les Afghans aient pu voter à peine trois ans après le renversement des talibans. Il a également reproché aux médias d'avoir exagérément critiqué le processus de stabilisation du pays et les problèmes rencontrés avant le scrutin.

Sur le terrain, quatre roquettes sont tombées hier soir sur Kaboul, tuant un homme et blessant un enfant, deux jours après l'élection présidentielle en Afghanistan, a annoncé la police afghane.

Au cours d'une première attaque, une roquette est tombée à proximité de l'aéroport international de Kaboul, a-t-on appris auprès de la Force internationale d'assistance pour la sécurité en Afghanistan (Isaf). Selon une source policière, un enfant a été légèrement blessé dans l'attaque.

Trois autres roquettes ont été tirées sur Kaboul dans la soirée, et l'une est tombée près d'un hôpital militaire dans la banlieue de la capitale. «Une personne de 18 ou 19 ans a été tuée», a déclaré le général Mahboob, commandant de la force de réaction rapide de la police de Kaboul, sans donner d'autres détails.

Avec l'AFP






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