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Legault exige un mea-culpa du PQ

Robert Dutrisac   12 octobre 2004 
Québec — À la faveur de la Saison des idées, François Legault exige que Parti québécois fasse son mea-culpa en reconnaissant les erreurs du gouvernement péquiste, ce que le chef de la formation politique, Bernard Landry, a toujours refusé de faire.

Dans un texte de 25 pages intitulé Le Courage de changer, qu'il rend public aujourd'hui en prévision du conseil national du PQ de la fin de la semaine prochaine, François Legault appelle à la modernisation du Parti québécois, un exercice qui doit être précédé par «sérieux examen de conscience» pour mieux comprendre ce que les Québécois «ont cherché à nous dire l'an dernier». Le député de Rousseau a aussi envoyé une lettre ouverte aux journaux.

Le PQ n'a pas le choix, estime François Legault, «sinon il risque encore une fois d'échouer et, éventuellement, ayant perdu sa raison d'être, de disparaître».

Cet examen de conscience est essentiel. «C'est important de le faire pour être crédible dans les changements qu'on propose», a souligné M. Legault dans un entretien avec Le Devoir. «Il ne faut pas que ce soit associé à un individu», donc à Bernard Landry, a-t-il toutefois tenu à préciser.

Parmi les erreurs que les péquistes doivent reconnaître, il relève la mise à la retraite des médecins et des infirmières, une décision que le gouvernement Bouchard a prise afin d'atteindre le déficit zéro. Il dénonce les excès de la politique économique du PQ (dont Bernard Landry est le principal artisan). «Les sommes investies n'ont pas toujours été proportionnelles au nombre d'emplois créés, et le partage des risques avec le secteur privé aurait pu être plus équilibré», écrit-il. Comme son ex-collègue Joseph Facal, il estime aussi que le gouvernement péquiste n'a pas déployé d'efforts suffisants pour moderniser l'État. De plus, la gestion et l'organisation des réseaux publics, notamment en santé et en éducation, sont «déficientes».

Le député de Rousseau juge que la Saison des idées, telle qu'elle se déploie depuis un an, escamote les débats. Il croit que les rapports des chantiers de la Saison des idées n'allaient pas assez loin. «J'ai une crainte qu'on ne fasse pas les vrais débats», a-t-il dit.

Contrairement à Pauline Marois qui a réclamé une course au leadership, François Legault est prêt à se rallier à Bernard Landry en vue du vote de confiance du Congrès du printemps 2005 dans la mesure où il réussira à convaincre le chef. «On verra. Je veux travailler positivement à ce qu'on convainque M. Landry d'adhérer à plusieurs de ces idées-là. Je ne veux pas évoquer d'autres choses», a-t-il dit. À l'issue de ce vote de confiance, M. Landry pourrait mal paraître si les partisans de M. Legault décidaient de le bouder comme devraient le faire ceux de Mme Marois.

En vue du congrès, François Legault fera «la course aux délégués», selon son expression. Le député fera une tournée du Québec afin de rallier le plus de militants possible. «Je vais tout faire pour me battre pour [faire] passer ces idées-là», a-t-il expliqué.

Dans son texte, François Legault revient sur son idée de proposer «un projet de pays concret et emballant» à la population lors de la prochaine élection. Il ajoute maintenant que l'éducation sera au coeur de ce projet de pays. Le PQ doit également s'engager à tenir un référendum au début de son prochain mandat.

Comme «le Québec est ingouvernable» dans le cadre fédéral actuel, il ne faut pas, à l'instar des autres partis, proposer un programme de province. «Ce qu'on a de plus original à proposer et de plus fort, c'est d'avoir un programme de pays. Contrairement au Parti libéral et à l'ADQ, nous, on ne se contente pas de faire un programme avec 50 % de nos revenus et 50 % de nos pouvoirs», estime le député.

Dans un entretien accordé au Devoir au début du mois, Bernard Landry s'était montré ouvert à l'idée de définir, lors d'un prochain scrutin, «le dessin d'un Québec souverain». Pour M. Legault, c'est loin d'être suffisant. «Il faut que ce soit le principal objet de la prochaine campagne électorale pour le Parti québécois. Donc, c'est encore plus gros que de dire : "j'accepte qu'on fasse un peu le dessin".»

Pour nombre de députés péquistes toutefois, le Parti doit gagner les élections avec la plus grande marge possible et, pour cela, il doit jouer sur plusieurs tableaux. Lors de la dernière campagne, M. Landry n'a pas hésité à tenter de séduire les électeurs fédéralistes. De son côté, Pauline Marois entend proposer aux Québécois un programme de gouvernement au sein de la fédération actuelle quitte à cheminer par la suite vers la souveraineté. «Je ne suis pas d'accord», a dit M. Legault. Le PQ ne doit pas accepter de se battre sur le même terrain que les autres partis. Il doit plutôt «confronter le projet de pays avec leurs programmes de province».






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  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    mardi 12 octobre 2004 07h04
    Examen de conscience péquiste
    « Bonjour,
    Pour faire l'examen de conscience demandé par monsieur le député Legault, les péquistes devront commencer par bien examiner la structure politique canadienne et réaliser que celle-ci ne correspond pas vraiment à une structure fédérale comme on le prétend. Le Canada correspond davantage à une nation unitaire anglo-saxonne décentralisée en Provinces qu'à un État fédéral. L'union des territoires britanniques de 1867 et l'irrédentisme qui a suivi est placé sous la même souveraineté qui était celle qui préexistait dans chacun des territoires avant l'union. Il n'y a pas eu d'union de pays souverains ayant décidé d'abandonner une partie de cette souveraineté à un pouvoir central comme le voudrait la définition d'une Fédération, mais bien une union de territoires. La structure politique canadienne correspond à une sorte de walmartage politique. Chaque Province est égale comme chaque magasin Wall-Mart placé sous le même conseil d'administration, pour nous, le gouvernement d'ottawa.
    Cette analyse est cruciale pour qu'enfin même les fédéralistes québécois adhèrent au moins à une notion véritable de la souveraineté qui est la capacité de gouverner ou de décider en tant que peuple. Il n'est pas possible d'être contre la souveraineté si on se prétend fédéraliste : pour qu'il y ait fédéralisme, il faut la souveraineté pour en abandonner une partie et choisir ce que l'on veut partager ou pas. On ne peut partager ce qu'on n'a pas. »

  • M A R C T H I B A U L T
    Inscrit
    mardi 12 octobre 2004 07h24
    Ah ! oui !
    « Legault dit :

    Comme «le Québec est ingouvernable» dans le cadre fédéral actuel . . .

    Alors : Comment font les autres provinces ? »

  • Marie-France Legault
    Inscrite
    mardi 12 octobre 2004 10h04
    Refaire la constitution!
    « Monsieur Beaulieu, vous êtes le premier à faire une analyse complète de la Fédération canadienne: historique et fonctionnelle.

    Parfois je me demande, si n'aurions pas intérêt (toutes les provinces réunies) à nous inspirer de la Constitution américaine. Si je comprends bien chaque ÉTAT américain est souverain: certains ont la peine de mort(Texas) d'autres pas.

    Prendre ce qu'il y a de bon, de valable du côté américain et refaire la CONSTITUTION canadienne. Je suis fédéraliste mais pas aveugle. Il y a place pour l'amélioration et le changement.

    Depuis 1931, le Statut de Westminster le Canada fait ses lois, nomme ses ambassadeurs, et siège aux Nations-Unies.

    S'inspirer de la Constitution américaine,attendu que nous vivons en Amérique du Nord, ne serait-elle pas la solution? »

  • Real Pepin
    Inscrit
    mardi 12 octobre 2004 13h35
    pas facile.
    « pas facile de nous dire la vérité.Pas facile de nous donner les vrais chiffres.Pas facile de nous donner nos vrais revenus.Pas facile de nous donner nos vrais dépensent.Pas facile de de prendre une grosse patente et d*en faire une petite patente et nous dire,c*est ben mieux de meme.Mais moi ça me donne quoi???? »

  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    mardi 12 octobre 2004 17h24
    Réplique à Marie-France Legault
    « Bonjour madame Legault,
    Je ne crois pas qu'il soit possible de refaire la constitution canadienne avec les Provinces actuelles. Il faut que le Québec sorte d'abord de sa référence provinciale pour arriver à quelque chose.
    Je crois par ailleurs qu'un Québec souverain ne pourra pas éviter une forme d'arrangement avec le reste du Canada. C'est aux Québécois de définir le contenu de cet arrangement. La souveraineté est préalable à tout arrangement de type fédéral.
    Les États-Unis ne constituent pas à mon avis un bon exemple du fédéralisme. Il s'agit encore là d'un État national décentralisé qui s'est constitué aussi par une forme d'irrédentisme. Les États américains qui se sont associées, l'ont fait à partir de colonies britanniques placées elles aussi sous la même souveraineté ; sauf qu'elles se sont séparées de la souveraineté britannique. Ce sont encore des unités administratives qui jouissent de plus grands pouvoirs que les Provinces canadiennes. Le Président ne conserve à toute fin pratique que le pouvoir sur les relations internationales et l'armée.
    Ce que je voudrais qu'on comprenne bien, c'est la notion de souveraineté. Je suis à chaque fois très étonné quand un fédéraliste nous annonce que la souveraineté à laquelle il croyait hier, il n'y crois plus aujourd'hui parce qu'il vient de joindre les rangs du parti libéral canadien. Comme s'il fallait abdiquer la souverainneté pour être fédéraliste : c'est abherrant. L'autre sujet de mon étonnement, c'est quand ce même individu s'associe à Paul Martin et au pati libéral canadien alors que ni Paul Martin ni le Parti libéral ne sont clairement fédéralistes. Écoutez le discour de Paul Martin qui parle du parti libéral national et qu'au soir de sa victoire minoritaire, il invitait les Provinces à venir s'assoir à une table NATIONALE.
    Il est tout à fait logique que les anlo-saxons fonctionnent de cette manière : pour eux, c'est leur pays. Ce qui est moins compréhensible (...), c'est que des Québécois se croient fédéralistes quand ils s'identifient davantage Canadiens que Québécois. Le fédéralisme, c'est un contrat entre nations et non un système de relations publiques sois-disant de bonne entente.
    Le peuple est toujours souverain même s'il est assujetti. Il faut qu'il apprenne à s'en rendre compte pour se libérer. C'est sur un projet de pays qu'il faudrait voter et non sur la souveraineté qu'on a déjà. »

  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    mercredi 13 octobre 2004 07h00
    Réponse à M. Thibault et à Mme Legault
    « Bonjour,
    Monsieur Thibault, les autres provinces ont le Canada comme État national alors que l'État national des Québécois, c'est le Québec ; tous les partis politiques à Québec sont unanimes sur cette question.
    Madame Legault, les autres Provinces ne sont pas des États nationaux et ne peuvent pas avoir le même intérêt que le Québec envers une refonte de la Constitution.
    Au fond, vous posez tous les deux la même question.
    Bonne journée ! »

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