Legault exige un mea-culpa du PQ
Québec — À la faveur de la Saison des idées, François Legault exige que Parti québécois fasse son mea-culpa en reconnaissant les erreurs du gouvernement péquiste, ce que le chef de la formation politique, Bernard Landry, a toujours refusé de faire.
Dans un texte de 25 pages intitulé Le Courage de changer, qu'il rend public aujourd'hui en prévision du conseil national du PQ de la fin de la semaine prochaine, François Legault appelle à la modernisation du Parti québécois, un exercice qui doit être précédé par «sérieux examen de conscience» pour mieux comprendre ce que les Québécois «ont cherché à nous dire l'an dernier». Le député de Rousseau a aussi envoyé une lettre ouverte aux journaux.
Le PQ n'a pas le choix, estime François Legault, «sinon il risque encore une fois d'échouer et, éventuellement, ayant perdu sa raison d'être, de disparaître».
Cet examen de conscience est essentiel. «C'est important de le faire pour être crédible dans les changements qu'on propose», a souligné M. Legault dans un entretien avec Le Devoir. «Il ne faut pas que ce soit associé à un individu», donc à Bernard Landry, a-t-il toutefois tenu à préciser.
Parmi les erreurs que les péquistes doivent reconnaître, il relève la mise à la retraite des médecins et des infirmières, une décision que le gouvernement Bouchard a prise afin d'atteindre le déficit zéro. Il dénonce les excès de la politique économique du PQ (dont Bernard Landry est le principal artisan). «Les sommes investies n'ont pas toujours été proportionnelles au nombre d'emplois créés, et le partage des risques avec le secteur privé aurait pu être plus équilibré», écrit-il. Comme son ex-collègue Joseph Facal, il estime aussi que le gouvernement péquiste n'a pas déployé d'efforts suffisants pour moderniser l'État. De plus, la gestion et l'organisation des réseaux publics, notamment en santé et en éducation, sont «déficientes».
Le député de Rousseau juge que la Saison des idées, telle qu'elle se déploie depuis un an, escamote les débats. Il croit que les rapports des chantiers de la Saison des idées n'allaient pas assez loin. «J'ai une crainte qu'on ne fasse pas les vrais débats», a-t-il dit.
Contrairement à Pauline Marois qui a réclamé une course au leadership, François Legault est prêt à se rallier à Bernard Landry en vue du vote de confiance du Congrès du printemps 2005 dans la mesure où il réussira à convaincre le chef. «On verra. Je veux travailler positivement à ce qu'on convainque M. Landry d'adhérer à plusieurs de ces idées-là. Je ne veux pas évoquer d'autres choses», a-t-il dit. À l'issue de ce vote de confiance, M. Landry pourrait mal paraître si les partisans de M. Legault décidaient de le bouder comme devraient le faire ceux de Mme Marois.
En vue du congrès, François Legault fera «la course aux délégués», selon son expression. Le député fera une tournée du Québec afin de rallier le plus de militants possible. «Je vais tout faire pour me battre pour [faire] passer ces idées-là», a-t-il expliqué.
Dans son texte, François Legault revient sur son idée de proposer «un projet de pays concret et emballant» à la population lors de la prochaine élection. Il ajoute maintenant que l'éducation sera au coeur de ce projet de pays. Le PQ doit également s'engager à tenir un référendum au début de son prochain mandat.
Comme «le Québec est ingouvernable» dans le cadre fédéral actuel, il ne faut pas, à l'instar des autres partis, proposer un programme de province. «Ce qu'on a de plus original à proposer et de plus fort, c'est d'avoir un programme de pays. Contrairement au Parti libéral et à l'ADQ, nous, on ne se contente pas de faire un programme avec 50 % de nos revenus et 50 % de nos pouvoirs», estime le député.
Dans un entretien accordé au Devoir au début du mois, Bernard Landry s'était montré ouvert à l'idée de définir, lors d'un prochain scrutin, «le dessin d'un Québec souverain». Pour M. Legault, c'est loin d'être suffisant. «Il faut que ce soit le principal objet de la prochaine campagne électorale pour le Parti québécois. Donc, c'est encore plus gros que de dire : "j'accepte qu'on fasse un peu le dessin".»
Pour nombre de députés péquistes toutefois, le Parti doit gagner les élections avec la plus grande marge possible et, pour cela, il doit jouer sur plusieurs tableaux. Lors de la dernière campagne, M. Landry n'a pas hésité à tenter de séduire les électeurs fédéralistes. De son côté, Pauline Marois entend proposer aux Québécois un programme de gouvernement au sein de la fédération actuelle quitte à cheminer par la suite vers la souveraineté. «Je ne suis pas d'accord», a dit M. Legault. Le PQ ne doit pas accepter de se battre sur le même terrain que les autres partis. Il doit plutôt «confronter le projet de pays avec leurs programmes de province».
Dans un texte de 25 pages intitulé Le Courage de changer, qu'il rend public aujourd'hui en prévision du conseil national du PQ de la fin de la semaine prochaine, François Legault appelle à la modernisation du Parti québécois, un exercice qui doit être précédé par «sérieux examen de conscience» pour mieux comprendre ce que les Québécois «ont cherché à nous dire l'an dernier». Le député de Rousseau a aussi envoyé une lettre ouverte aux journaux.
Le PQ n'a pas le choix, estime François Legault, «sinon il risque encore une fois d'échouer et, éventuellement, ayant perdu sa raison d'être, de disparaître».
Cet examen de conscience est essentiel. «C'est important de le faire pour être crédible dans les changements qu'on propose», a souligné M. Legault dans un entretien avec Le Devoir. «Il ne faut pas que ce soit associé à un individu», donc à Bernard Landry, a-t-il toutefois tenu à préciser.
Parmi les erreurs que les péquistes doivent reconnaître, il relève la mise à la retraite des médecins et des infirmières, une décision que le gouvernement Bouchard a prise afin d'atteindre le déficit zéro. Il dénonce les excès de la politique économique du PQ (dont Bernard Landry est le principal artisan). «Les sommes investies n'ont pas toujours été proportionnelles au nombre d'emplois créés, et le partage des risques avec le secteur privé aurait pu être plus équilibré», écrit-il. Comme son ex-collègue Joseph Facal, il estime aussi que le gouvernement péquiste n'a pas déployé d'efforts suffisants pour moderniser l'État. De plus, la gestion et l'organisation des réseaux publics, notamment en santé et en éducation, sont «déficientes».
Le député de Rousseau juge que la Saison des idées, telle qu'elle se déploie depuis un an, escamote les débats. Il croit que les rapports des chantiers de la Saison des idées n'allaient pas assez loin. «J'ai une crainte qu'on ne fasse pas les vrais débats», a-t-il dit.
Contrairement à Pauline Marois qui a réclamé une course au leadership, François Legault est prêt à se rallier à Bernard Landry en vue du vote de confiance du Congrès du printemps 2005 dans la mesure où il réussira à convaincre le chef. «On verra. Je veux travailler positivement à ce qu'on convainque M. Landry d'adhérer à plusieurs de ces idées-là. Je ne veux pas évoquer d'autres choses», a-t-il dit. À l'issue de ce vote de confiance, M. Landry pourrait mal paraître si les partisans de M. Legault décidaient de le bouder comme devraient le faire ceux de Mme Marois.
En vue du congrès, François Legault fera «la course aux délégués», selon son expression. Le député fera une tournée du Québec afin de rallier le plus de militants possible. «Je vais tout faire pour me battre pour [faire] passer ces idées-là», a-t-il expliqué.
Dans son texte, François Legault revient sur son idée de proposer «un projet de pays concret et emballant» à la population lors de la prochaine élection. Il ajoute maintenant que l'éducation sera au coeur de ce projet de pays. Le PQ doit également s'engager à tenir un référendum au début de son prochain mandat.
Comme «le Québec est ingouvernable» dans le cadre fédéral actuel, il ne faut pas, à l'instar des autres partis, proposer un programme de province. «Ce qu'on a de plus original à proposer et de plus fort, c'est d'avoir un programme de pays. Contrairement au Parti libéral et à l'ADQ, nous, on ne se contente pas de faire un programme avec 50 % de nos revenus et 50 % de nos pouvoirs», estime le député.
Dans un entretien accordé au Devoir au début du mois, Bernard Landry s'était montré ouvert à l'idée de définir, lors d'un prochain scrutin, «le dessin d'un Québec souverain». Pour M. Legault, c'est loin d'être suffisant. «Il faut que ce soit le principal objet de la prochaine campagne électorale pour le Parti québécois. Donc, c'est encore plus gros que de dire : "j'accepte qu'on fasse un peu le dessin".»
Pour nombre de députés péquistes toutefois, le Parti doit gagner les élections avec la plus grande marge possible et, pour cela, il doit jouer sur plusieurs tableaux. Lors de la dernière campagne, M. Landry n'a pas hésité à tenter de séduire les électeurs fédéralistes. De son côté, Pauline Marois entend proposer aux Québécois un programme de gouvernement au sein de la fédération actuelle quitte à cheminer par la suite vers la souveraineté. «Je ne suis pas d'accord», a dit M. Legault. Le PQ ne doit pas accepter de se battre sur le même terrain que les autres partis. Il doit plutôt «confronter le projet de pays avec leurs programmes de province».
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